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dessin © Jef Simonet

 QUEEN

Biographie officielle

traduction du livre de Jacky Smith et Jim Jenkins ' Queen .... As It Began'

 

BRIAN MAY

ROGER TAYLOR

SMILE

FREDDIE MERCURY

QUEEN...LES DEBUTS

JOHN DEACON

LES ANNEES TRIDENT

A LA CONQUETE DU JAPON

L'EPOQUE JOHN REID

L'INDEPENDANCE FINANCIERE

IDEES FOLLES!

TRIOMPHE EN AMERIQUE

L'AMERIQUE DU SUD MORD LA POUSSIERE!

CHANGEMENT DE DIRECTION

UNE COLLECTION CLASSIQUE

ALLER SOLO

RETOUR A L'ACTIVITE

REGNE DE LA CONTESTATION

ET RIO RENTRE DANS L'HISTOIRE

LIVE AID

UNE ANNEE MAGIQUE

BARCELONA

UNE PERSPECTIVE DIFFERENTE

TROUBLES PERSONNELS

LE MIRACLE

LES CELEBRATIONS DU 21E ANNIVERSAIRE

LA FIN FUT SI TRISTE

NOTE D'AUTEUR

brian.face

 

BRIAN HAROLD MAY

BSc ( Hons)

 

Brian Harold May est né le samedi 19 juillet 1947, à la Gloucester Nursing Home, Hampton, Middlesex, Angleterre, de Harold et Ruth May. Harold May était ingénieur en électronique, et, travaillait comme dessinateur en chef pour le Ministère de l'Aviation. C'était un homme pratique qui prenait plaisir à fabriquer toutes sortes de choses, telles des pièces de jouets et de modèles réduits, et il était également bon musicien, d'un bon niveau au piano et au ukulele. Brian était fils unique.

A cinq ans, Brian quitta la Cardinal Road Infant's School pour l'Hansworth Road Primary School à Feltham, Middlesex. Il aimait la musique, et souvent chantait et dansait au son de la radio, aussi, ses parents lui firent prendre des cours de piano. Le jeune Brian détestait ces cours de piano, car il devait les suivre le samedi, quand il aurait mieux aimé jouer dehors.

Brian avait hérité de la dextérité de son père et il était toujours à l'affût d'un jouet ou d'une maquette à monter ou à démonter. Il était aussi un collectionneur sans limite. Ruth May se rappelle: "il collectionnait tout! Il avait des collections de bandes dessinées Eagle, d'étiquettes de fromages, de puzzles, de boîtes d'allumettes, entre autres choses!".

Lorsque Brian fut âgé de six ans, Harold décida que son fils était assez grand pour apprendre à jouer du ukulélé.Brian montra une aptitude étonnante, et désira vite une guitare. Aussi, pour son septième anniversaire, ses parents lui offrir une petite guitare acoustique. Se servant des accords appris sur le ukulélé, il commença à apprendre à jouer seul, mais trouvait cette guitare trop grande pour lui pour la tenir aisément, et aussi que les cordes étaient trop hautes au-dessus du manche. Il voulait également un son 'électrique' et réfléchissait à modifier cet instrument. Tout comme son père, Brian était doué de ses mains, avec l'aide de Harold, il lui fit quelques modifications - abaissement du chevalet, ajout de pickups-maison consistant en fil de cuivre enroulé autour de boutons aimantés fixés sur la guitare- obtenant ainsi une guitare acoustique 'au timbre électrique 'qu'il brancha dans l'ampli du récepteur-radio de la famille que Harold avait conçu.

A l'âge de huit ans, il commença à jouer d'autres instruments tels la flûte et la flûte indienne. Il montrait déjà un intérêt précoce pour l'astronomie et la photographie. Son père, excellent photographe lui inculqua les notions de base du développement et du tirage des photos, et, de même, lui procura son premier appareil-photo. Ensemble, ils fabriquèrent un petit télescope dont Brian se servait durant ses congés. Il passa beaucoup de soirées à Sidmouth à observer les étoiles, le ciel dégagé et l'absence de lampadaires les rendaient plus faciles à observer là que sur les abords de Londres.

Comme bien des enfants, Brian avait une imagination très vive. Aussi, il se souvient qu'il était effrayé par un fauteuil de bois placé dans sa chambre, il racontait à sa mère qu'il avait un visage et des membres et qu'il le regardait. Rien d'étonnant à cela si l'on sait qu'il avait grandi en lisant un de ses livres préférés où apparaissaient des arbres qui parlaient et marchaient, des magiciens, de fantômes et de petits hommes aux pieds poilus: 'The Lord Of The Rings' de Tolkein. ' Mais ce n'était pas absolument mon préféré, dit Brian. Le meilleur était ' Out Of The Silent Planet' de C.S. Lewis'.

Durant son temps libre, Brian écoutait sans arrêt des disques: Lonnie Donegan, Johnny Duncan, Tommy Steele, The Everly Brothers et Buddy Holly. Il se souvient: 'La première fois que j'ai entendu The Crickets, je fus emballé! Leurs harmonies, l'absolu de l'atmosphère qu'ils avaient créé. Je désirait plus que tout faire de la musique comme celle-ci'. Il avait aussi un penchant pour Connie Francis et Brenda Lee, dont les disques abondaient dans sa discothèque.

Brian rangeait ses disques dans des boîtes spéciales, classées et numérotées. (Comme il était fils unique, il n'avait pas de problèmes de frères et soeurs qui auraient pu s'amuser avec sa précieuse collection! Une collection qu'il conserve toujours, à l'heure actuelle, précieusement, dans l'état de jadis). Il écoutait souvent ses disques en les accompagnant à la guitare, commençant même à improviser des solos. Comme la musique des années 50 était très orientée 'guitare', Brian y puisa une inspiration importante. 'J'écoutais attentivement toutes les chansons et je voulais tout savoir, comment les harmonies fonctionnaient, pourquoi elles fonctionnaient, qu'est-ce qui faisait qu'une harmonie vous touchait plus qu'une autre?'. Il disséquait chaque chanson à la manière d'un puzzle. Elles prenaient différentes formes et le challenge consistait à ré-isoler les morceaux et à recomposer la chanson d'origine. Brian avait plusieurs jeux de ce genre et trouvait le temps de les remettre en ordre une fois qu'elles étaient mélangées.

Bien qu'il détestait ses leçons de piano, il continua à les suivre, et à l'âge de neuf ans, il avait déjà obtenu le Grade IV, passant les deux examens, théorie et pratique. Alors, il laissa tomber. Ses parents possédaient un piano droit à domicile, et maintenant qu'on ne le lui ordonnait plus, il trouvait plaisir à en jouer. Il composa même quelques petites mélodies et quelques petits airs, occasionnellement accompagné par son père au ukulélé. Une fois, alors qu'on lui avait demandé de jouer un petit air lors d'une fête scolaire, il joua un de ses préférés: 'Happy Birthday To You' qu'il interpréta timidement: 'Je me demandais si le professeur de musique me remarquerait, dit-il.' Il ne le remarqua pas. Durant les fêtes familiales, on lui demandait toujours de jouer quelque chose au piano ou à la guitare, étant de nature timide, c'était quelque chose qu'il essayait toujours, en vain, d'éviter.

En 1958, à onze ans, Brian passa l'examen scolaire pour rentrer à l'Hampton Grammar School à Hampton, Middlesex, suivant ainsi les traditions familiales - son père avait été élève dans cette école, le fils de Brian, Jimmy, le sera plus tard. Le vif intérêt de Brian dans la musique persistait, même s'il ne la pratiquait plus de manière académique. Il suivait des études en vue d'une carrière dans l'astronomie, et, pour cela, ne négligeait aucune matière qui put lui servir.

Il jouait de la guitare aussi souvent qu'il le pouvait, durant son temps libre, et se retrouvait souvent assis au milieu d'un cercle d'amis d'école admirateurs interprétant des chansons telles que: "Never Felt More Like Singing The Blues" de Guy Mitchell. Quelques autres guitaristes étaient à Hampton, et, ils se retrouvaient tous à l'heure des repas pour échanger des idées et jouer ensemble. Son collègue de classe, Dave Dilloway, voulait apprendre à jouer de la guitare et demanda à Brian de lui enseigner, ce que Brian accepta avec plaisir.

"Ces leçons avaient lieu au fond de notre classe d'allemand" se souvient Dave. "J'avais l'habitude de plier une feuille de papier dans ma main pour simuler un manche de guitare. Nul besoin de vous dire que Brian réussit son examen O-Level d'allemand, et moi pas!"

Brian trouva vite que sa guitare était indadaptée au style de musique qu'il écoutait et essayait d'apprendre. L'argent était une denrée rare à l'époque, et sa famille n'avait pas les moyens de lui offrir une Gibson ou une Stratocaster comme en avaient quelques-uns de ses amis ou bien encore la superbe Colorama que son ami John Garham possédait... Mais, il ne manquait pas de ressources, ni d'imagination, et, lui et son père trouvèrent La Solution! Ils allaient construire une guitare suivant les désirs de Brian!! Ayant joué sur toutes les guitares de ses amis, Brian avait une idée très précise de la guitare qu'il voulait et du son qu'il voulait lui voir produire. Une chambre de la maison familiale de Feltham fut réquisitionnée et transformée en atelier, et, en août 1963, le travail commença.

Le premier problème fut de trouver le bois pour le manche, ceci fut vite solutionné par un vieil ami de la famille qui voulait se débarrasser d'une ancienne et solide poutre de cheminée d'acajou, et Brian commença le dur travail de sculpter à la main cette poutre et de lui donner la forme désirée; le bois était vieux et parsemé de noeuds! Le corps fut sculpté dans une grosse pièce de chêne aussi dure que l'acier, c'était un morceau de bois de bonne taille, plus divers morceaux que son père et lui avaient réussi à dénicher. Arrivé à un stade avancé du travail, tout à coup, alors qu'il travaillait sur le corps, les ciseaux glissèrent emportant avec eux un fragment énorme, Brian se sentit si exaspéré qu'il jeta la pièce entière par la fenêtre et il recommença à nouveau. Les outils qu'ils utilisaient étaient également fait-maison, avec en complément des canifs et une meule. Lorsque le manche fut sculpté à la forme que Brian désirait, il fut fixé au corps, chevillé et vissé en place, une grosse baguette rigide tenant leu d'armature fut incorporée pour garder le manche droit.

Brian repéra alors dans la boîte à boutons de sa mère des boutons de perle anciens qu'il utilisa en guise de touchettes-marqueurs, mais, dut acheter des barrettes métalliques ne trouvant pas de matériau de substitution convenable, il utilisa une scie à métaux faite spécialement pour rétrécir celles-ci au petit calibre qu'il désirait. Une fois que le corps fut achevé, se posa alors le problème des micros et du bras vibrato, deux parties essentielles sur l'instrument. Brian se chargea des micros lui-même, tout comme il l'avait fait pour sa première guitare, avec du fil métallique et des aimants, mais le résultat étant très insuffisant, Brian dut se résoudre à acheter des micros Burns à 3 guinées chacun. Il les adapta en les remplissant de résine époxy pour les arrêter d'être microphoniques. Le bras vibrato fut réalisé à partir d'un morceau d'acier très tendre, courbé manuellement sur la lame d'un couteau à gaine, trempé, effilé, et la traction des cordes s'équilibra contre deux ressorts de soupapes de mobylette.

Avant qu'elle ne soit complétement et véritablement terminée, Brian manifesta le désir à son père d'emmener l'instrument en classe. Son voeu fut exaucé et ilput se rendre en classe avec elle le lendemain. Il se souvient qu'il était assez anxieux car elle ne paraissait pas aussi bien que les modèles du commerce. Mais, il était plus que décidé à terminer son travail, et, lorsqu'elle achevée, polie et vernie, elle avait grande allure professionnelle, et Brian avait bien raison d'être fier d'elle. Lorsqu'il la ramena en classe, ses amis furent très impressionnés, un d'eux lui proposa même d'échanger sa propre guitare, pourtant achetée en magasin, contre sa guitare. Brian refusa son offre, son instrument unique lui avait coûté 18 mois de dur labeur et 8 livres Sterling pour la fabriquer ( plus 9,9 livres sterling pour les pick-ups), il ne voulait l'échanger contre rien au monde! La guitare devint célèbre sous le nom de Red Special, ou moins respectueusement The Fireplace, et 15 ans plus tard le garde du corps de Brian, Tunbridge, l'appela tout simplement The Chap!

Lorsque Brian commença à mettre à l'épreuve le jeu complexe nécessaire à sa guitare ' inhabituelle', il en attendait une certaine sonorité. Il essaya sans fin, des spectrums durs, doux, ronds, ovales, mais aucun ne rendait le son qu'il espérait. ALors, il essaya les pièces de monnaie. Après en avoir essayé beaucoup, il trouva que la meilleure était une pièce de 6 pences tout ce qu'il y d'ordinaire, elle était suffisamment petite pour la tenir aisément, et il pouvait l'utiliser de différentes manières. S'il en jouait droit contre les cordes il obtenait un son dur mais pur, s'il frappait les cordes avec le bord dentelé, il obtenait un son rauque et grinçant. Dès lors, Brian se concentra à améliorer sa technique pour jouer.

Le travail de classe et les études étaient agréables à Brian, et, il travaillait dur.Il était d'une personnalité populaire et respectée aussi bien par les élèves que par les professeurs. Il n'aimait pas le sport sauf la natation. Il participa même à une épreuve scolaire, bien qu'il ne gagna pas. Il était membre actif de la Société de Conférences de Hampton, et ce fut un moyen pour lui de vaincre sa timidité en public, un véritable challenge pour lui, mais, très vite, il réalisa que parler avec aise en public serait un atout majeur pour lui dans l'avenir.

Mais, il gardait toujours beaucoup de temps pour la musique. Dave Dilloway dit: " Nous avions l'habitude d'installer deux magnétophones à cassettes, je jouais la lead guitare, pas très bien je dois l'avouer, dans un d'eux, et Brian jouait les accords. Alors, nous repassions ces morceaux et par-dessus, Brian jouait avec ma guitare basse faite-maison, à bon marché et de basse qualité, et moi je frappais sur tout ce qui était à ma portée du style boîtes à chapeaux et autres, en guise de batterie. Parfois même, Brian ajoutait quelques morceaux chantés."

Tout cela était rudimentaire et amateur, mais ils y prenaient plaisir. Puisque Brian apprenait à Dave des accords de plus en plus sophistiqués, ils purent expérimenter davantage leur jeu avec Brian jouant la lead guitare rapide, démontrant tout son savoir-faire. Il y avait un type très talentueux à Hampton appelé Pete ' Woolly' Hammerton. Brian dit: " Woolly avait une technique formidable, même à ce stade précoce, et la compétition farouche entre nous nous fit énormément progresser. Il joua plus tard avec le groupe scolaire local, The Others.

Brian et Dave Dilloway furent vite rejoints par un grand cercle d'amis, parmi eux, un camarade de classe nommé Bill Richards, auteur prolifique de chansons qui avait signé un petit contrat d'édition musicale. Il demanda à Dave et Brian de jouer pour lui quelques morceaux d'accompagnement pour la cassette -démo qu'il préparait appelée " The Left Handed Marriage ". Et tous trois passèrent quelques temps aux studios Abbey Road à St-John Woods au Nord de Londres.

Durant l'été 1964, âgé de 17 ans, Brian gagna quelque argent bien nécessaire en faisant quelques petits boulots - un de ces petits jobs consistait à découper à l'emporte-pièce des balais d'essuie-glace, ( c'était une vraie paralysie de l'esprit, dit-il!) et un autre consistait à inscrire les prix dans une usine d'extincteurs à incendie.

Brian et Dave Dilloway assistaient régulièrement aux concerts de "The Others" autour de Hampton, ce qui leur donna vite l'idée de fonder leur propre groupe. Il débuta avec Brian à la lead guitare, Dave à la basse,un ami appelé Malcolm à la guitare et un ami de classe, John Sanger, au piano.Aucun d'eux ne connaissait de batteur. Ils jouèrent ensemble une fois ou deux, mais, Malcolm se révélant d'un caractère irascible, il fut remplacé par un autre collègue de classe, John Garnham.

John fut admis dans le groupe, en partie parce qu'il possédait sa propre guitare, son ampli, ses microphones et leurs pieds, mais, il était également le seul à avoir eu quelques expériences sur scène auparavant. Une annonce fut posée sur la vitrine du magasin de disques du coin, Albert's à Twickenham, pour rechercher un batteur. Le premier( et le seul) à répondre à cette annonce était Richard Thompson, alors ils l'acceptèrent. Un soir, le groupe était dans un bal local au Murray Park à Whitton, regardant un groupe appelé Chris and The Whirwinds. Au fond de la salle se tenait un gars de Hampton chantant en s'accompagnant à l'harmonica. Ils se présentèrent à lui et lui demandèrent de se joindre au groupe, Tim Staffell devint le chanteur et le joueur d'harmonica du groupe.

Brian et Tim se rendirent compte qu'ils aimaient tous deux le héros des Comics Eagle, Dan Dare, ou plus spécialement le dessinateur Frank Hampson.

Le groupe se demandait comment appeler cette nouvelle aventure, et faillirent presque adopter ' Bod Chappy and The Beetles' s'inspirant des mots d'un professeur à Hampton faisant référence à certaines gens par bods, s'adressant à ses élèves par chappy, et décrivant un certain style de marche par beetling. ' Nous avons aussi pensé à The Mind Boggles, dit Brian, mais finalement nous nous sommes arrêtés sur 1984'. Ils avaient tous lu le livre et étaient passionnés de science-fiction et ce nom avait, à cette époque, des consonnances futuristes.

Le groupe commença à répéter régulièrement à Chase Bridge Primary School Hall, juste à côté de Twickenham Rugby Ground. C'était suffisamment proche de chez Dave Dilloway pour qu'il s'y rende à vélo. Il avait une petite remorque qu'il attachait à l'arrière de son vélo chargée de sa guitare basse et d'un gros ampli. John Garham, qui était un peu plus vieux, avait une petite voiture, et venait aux répétitions avec les pieds de micros dépassant du toit ouvrant de celle-ci. Ils utilisaient le hall avec l'aimable permission du conseil régional. Dans un moment d'inspiration, le conseil avait décidé que les jeunes du coin avaient besoin de soutien dans leurs efforts pour la musique ( cela servait à empêcher 'les loubards', comme ils aimaient les appeler, de traîner les rues.) et ils fournirent des halls et des salles gratuitement pour les répétitions.

Une fois, on informa le groupe que le club de rugby voisin allait être l'hôte d'une grande délégation de Témoins de Jéhovah, et par conséquent, on leur demanda de ne pas faire de bruit. Le pouvaient-ils? Ils ouvrirent toutes les fenêtres du hall de l'école, montèrent le volume à fond de tous les instruments et des amplis, et attendirent que les Témoins de Jehovah viennent tranquillement signaler qu'ils priaient. Alors seulement, ils baissèrent leur volume...

Durant ces répétitions, ils apprirent à se connaître mieux en tant que musiciens et les liens du groupe furent plus forts, et le 28 octobre 1964, ils donnèrent leur premier concert en public à la St-Mary Church Hall à Twickenham. " Nous portions tous des vêtements d'inspiration militaire, nous voulions avoir un air de régiment, pour quelques raisons, dit Tim Staffell, c'était également un gig tellement petit,mais nous avions confiance. Nous nous en sommes sortis assez bien."

Leur deuxième représentation eut lieu quelques semaines plus tard au Richmond Girls School. John Garnham, Brian et Tim Staffell avaient des petites amies là-bas, et c'est comme cela qu'ils avaient pu jouer là. Ce deuxième concert fut le dernier pour John Sanger puisqu'il devait partir pour Leeds University.

A Hampton, Brian était un membre actif de la société amateur d'art dramatique, prenant part à plusieurs de leurs productions. Comme c'était une école de garçons, les élèves devaient jouer aussi bien les rôles masculins que féminins, et le premier rôle féminin de Brian fut celui de Lady Languish dans The Rivals de Sheridan. Il devait avoir été convaincant dans un rôle féminin car on lui demanda aussitôt de jouer le rôle de Lady Mary Lazenby dans The Admirable Crichton. En outre, l'école possédait une chorale, et Brian devint un de ses membres également.

Scholarship Awards

Deux élèves de l'Hampton Grammar School ont été récompensés en obtenant des bourses d'études.

Keith Taylor, âgé de 17 ans, demeurant 31 New Road à Belfont, a obtenu une bourse en mathématiques de 100 livres sterling par an à la London School Of Economics.

Brian May, âgé également de 17 ans, demeurant 6 Walsham Road, Feltham, a obtenu, quant à lui, une bourse en physique de 75 livres par an à l'Imperial College Of Science and Technology.

En plus de son excellent niveau en sciences, Brian a aussi très bien travaillé à la Société Théâtrale de Hampton, prenant une part essentielle dans les productions scolaires. Il est à présent secrétaire de The School's Debating Society.

En 1965, Brian quitta Hampton, âgé de 18 ans, avec pas moins de 10 0-Levels (Anglais- Littérature-Langue Anglaise- Français- Allemand- Latin- Maths- Maths Approfondies- Physique- Chimie- Usage de l'anglais) et 4 A-Levels (Maths Pures- Maths Appliquées- Maths Additionnelles- Physique). Il s'inscrivit à l'Imperial College à Londres pour étudier l'astronomie.

Brian entra à l'Imperial College à l'automne 1965 pour étudier la physique et l'astronomie infra-rouge dans le but de devenir astronome. Ses études étaient basées sur l'interférométrie, ce qui impliquait l'observation de la poussière dans le système solaire. La seule façon d'apprendre quelque chose sur cette poussière était d'observer la lumière reflétée par celle-ci. Cela voulait dire qu'en utilisant un spectromètre il était possible de voir à quelle vitesse la poussière se déplaçait et de quoi elle était composée.

R & B WITH THE

' 1984'

at ALL SAINTS CHURCH HALL

CAMPBELL ROAD

( of STAINES ROAD )

ON

SATURDAY 9th JULY 1966

from 8pm - 11pm

TICKETS 5/-

REFRESHMENTS AVAILABLE

Bien qu'il soit à Londres et Dave Dilloway à Southampton University, 1984 continua à donner de petits concerts tel que celui du Putney Boat Club, du Feltham R&B Club et le Moseley Boat Club. Ils répétaient autant que possible, lorsque le travail universitaire le leur permettait. Les gigs étaient plus clairsemés durant cette première année, principalement en raison de la pression des études, mais fin 1965, Dave Dilloway échoua à ses examens à Southampton, et, il s'engagea dans un college technique régional pour terminer son diplôme, et il put alors accorder davantage de temps au groupe.

Lors de quelques concerts, on leur demanda de jouer de 7pm à 1am, chantant pas moins de 50 titres. Lors d'un à Henley, ils demandèrent au public de lancer de l'argent au lieu d'applaudir. Ils le firent et le groupe récolta 2 livres sterling bien nécessaires. " Tout notre matériel tomba en panne un soir, se souvient le batteur Richard Thompson, le public commençait à s'impatienter, aussi je leur fis un solo de batterie non-stop d'une demi-heure pour combler l'attente jusqu'à ce que le matériel soit à nouveau en état de fonctionner. J'ai gagné un extra de dix shillings pour cela."

Les parents de Brian étaient très attentifs à ses progrès, et ils assistaient régulièrement aux représentations de " 1984". Harold May avait l'habitude de transporter le groupe et son équipement à la plupart de leurs représentations dans sa voiture Javelin, car la voiture de John était bien trop petite pour cela.

"The Happy Hendrix Polka", un succès mineur à cette époque, interprété par un groupe scandinave appelé The Spotniks, incluait un passage de guitare très rapide que Brian interpréta durant un concert au Moseley Boat Club, au plus grand étonnement du public. Un spectateur, intrigué, dans la foule, fit le commentaire suivant: " Waow! Ses doigts semblaient devenir invisibles tellement ils allaient vite!". Ce ne fut que plus tard que Brian se rendit compte que le solo de guitare sur ce disque avait été joué bien plus lentement et puis avait été accéléré durant le mixage.

BEAT GROUP IN FINALS

Le groupe rythmique de Twickenham, '1984', lancé récemment par quatre anciens élèves de la Hampton Grammar School, a réussi à grimper jusqu'aux finales de la recherche de jeunes talents de portée nationale sponsorisée par The Rank Organisation et deux grandes maisons de disques.

Le groupe de cinq garçons gagna les demi-finales à Croydon la semaine dernière, et, maintenant, continuent pour pouvoir participer ensuite aux finales qui auront lieu à Londres. En récompense de leur victoire, il leur a été proposé un contrat d'enregistrement chez CBS.

Le groupe est originaire de Twickenham, et, fut formé l'an passé à la Hampton Grammar School. Les membres sont Tim Staffell et John Garnham de Teddington, Brian May de Feltham, Dave Dilloway de Whitton et Richard Thompson de Hounslow.

Quelques-uns des endroits où le groupe fut amené à jouer n'étaient pas très sûrs. Durant un concert organisé par un ancien élève de l'Hampton School, Pete Edmunds, au White Hart à Southal, une bagarre éclata au beau milieu de la foule. Pete se souvient: "On se serait vraiment cru dans un film tourné au Far West! Il y avait des bouteilles qui volaient dans tous les sens, et les chaises étaient catapultées par-dessus les têtes. Malgré cela, le groupe continua à jouer! Bien, enfin pendant environ 10 minutes, par ailleurs, lorsqu'ils abandonnèrent tous leurs outils et autres projectiles. Ce policeman qui entra tout seul, et la salle entière se vida si rapidement!".

" 1984" fit, aussi, des concert en première partie d'autres groupes ou artistes, et même une fois, ouvrirent le spectacle d'une charmeuse de serpents. Ils arrivèrent au lieu du concert et se rendirent à leur loge où ils trouvèrent une femme de belle stature à moitié nue avec un énorme serpent enroulé autour du cou. Ils reculèrent tous de quelques pas,mais, elle leur dit de ne pas avoir peur et de rentrer tout simplement. Ils jouèrent le concert, mais passèrent tout le temps passé sur scène complétement pétrifiés par l'arrière-train ondulant de la danseuse.

Une des premières parties les plus mémorables du groupe se déroula à l'Imperial College le 13 mai 1967 en première partie de celui qui allait vite devenir le "légendaire " Jimi Hendrix!! Après leur prestation, "1984" voulait assister au concert du grand Jimi, et voir son jeu de scène et ils voulaient le voir sans avoir à payer l'entrée de la salle. Pour cela, ils durent se faufiler par l'arrière de la scène et descendre par-dessus la rampe pour se retrouver au premier rang. Alors qu'ils essayaient de marcher silencieusement en passant devant la loge de Jimi, il sortit et son inoubliable commentaire fut: " Par où est la scène, mec?".

En septembre 1967, '1984' pensaient qu'ils étaient assez bien pour participer à une compétition au Top Rank Club à Croydon. Brian, Dave et Richard montèrent les premiers sur scène pour accompagner une chanteuse du nom de Liza Perez, et, revinrent ensuite avec Tim Staffell en tant que '1984', on ne saura jamais si le tee-shirt bleu marine avec les lettres ' Pink Polka' que portait Tim produisit un effet quelconque sur le jury et le public, mais, en tous cas, ils gagnèrent. Cela leur amena une brève célébrité. 'Et j'ai gagné un album de Barbra Streisand!' dit Brian.

Quelques jours plus tard, pendant un concert à The London School of Medicine, 1984 furent contactés par un promoteur qui avait organisé un évènement à l'affiche parsemée de stars à l'Olympia. Il avait besoin d'un groupe pour combler un vide, il adorait 1984 et leur dit qu'il voulait faire d'eux des stars. Le jour suivant, il les emmena dans la rue huppée de Londres, Carnaby Street, pour acheter de nouveaux vêtements et ils répétèrent un set spécial d'une demi-heure de reprises de chansons. L'évènement était affiché sous le titre de ' Christmas On Earth' et devait avoir lieu le 23 décembre 1967, avec en tête d'affiche des vedettes telles que Jimi Hendrix, Traffic, Pink Floyd, Herd, Tyrannausorus Rex et beaucoup d'autres. Le groupe arriva aux alentours de 3 p.m., on leur avait dit qu'ils passeraient vers minuit. En réalité, ils montèrent sur scène à 5 a.m. la veille de Noël, et lorsqu'ils quittèrent la scène, une heure plus tard ils découvrirent que non-seulement on leur avait dérobé leur argent dans leur loge, mais on leur avait volé également leurs voitures et leurs camionnettes. Tout ce qu'ils gardèrent de ce concert fut... l'expérience.

Ce ne fut pas longtemps après cet soirée que '1984' songea à se disperser. Ils avaient, à maintes reprises, des divergences d'opinion concernant leur façon de concevoir la musique, et, Brian devant sacrifier une grande partie de son temps à ses études devint, lui-même, un point de discorde. Ils pensaient tous que, bien que ' 1984' soit un groupe régional bénéficiant d'une bonne popularité, il ne possédait pas ce souffle extraordinaire essentiel qui l'amènerait à être un groupe célèbre.

Brian se jeta avec ardeur dans ses études, dans le cadre de celles-ci, organisa et supervisa la construction d'un baraquement en Suisse, sur une petite montagne appelée Testa Griega, juste derrière Matterhorn. L'équipement et le matériel installés dans le baraquement étaient entièrement destiné à l'étude de la lumière zodiacale. Il conçut et fabriqua également son propre spectromètre et séjourna quelques temps dans la hutte pour enregistrer ses observations. Mais, le climat était imprévisible et plusieurs fois ses collègues et lui-même se retrouvèrent à devoir dégager la neige accumulée devant leur porte, et que des congères s'étaient entassées sur le toit.

Après quelques temps, il fut décidé que le climat n'était pas propice à leurs études, et ils déménagèrent le baraquement et son contenu sous la chaleur du soleil de Ténérife. Brian et son superviseur installèrent le baraquement à Izana sur les pentes du Mont Teide,le volcan éteint qui domine Ténérife. Ils prenaient beaucoup de plaisir à étudier sous un climat aussi chaud et collaborèrent à écrire deux articles basés sur leurs recherches et leurs résultats qui furent publiés dans The Monthly Notices Of The Royal Astronomical Society.

Avant d'avoir organisé ce périple, Brian avait même été contacté par le très respecté Professeur Sir Bernard Lovell pour rejoindre son laboratoire de recherches à Jodrell Bank dans le Cheshire après son doctorat. C'était un aboutissement inestimable et un grand honneur et Brian y pensa sérieusement, mais il décida que son implication dans la musique était plus importante pour lui et qu'il devait être à Londres pour la développer. C'est avec infiniment de regrets et de respect qu' il dut repousser l'offre du Pr Lovell.

Brian et Tim Staffell avaient gardé le contact, Tim était à l'Ealing College of Art, et, ils discutaient au sujet de la formation d'un autre groupe. Tous deux réalisaient à quel point jouer dans un groupe leur manquait ...Aussi, un beau jour, ils accrochèrent une annonce sur le tableau d'affichage de l'Imperial College demandant un batteur " genre Mitch Mitchell / Ginger Baker " pour se joindre à un nouveau groupe. Ils eurent quelques réponses, et commencèrent à auditionner les postulants à cette nouvelle aventure, l'un d'eux était étudiant en médecine, Roger Meddows Taylor....

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rogerface

ROGER MEDDOWS TAYLOR

BSc ( Hons)

Roger Meddows Taylor est né le mardi 26 juillet 1949 à la maternité de King's Lynn, à Norfolk, Angleterre, de Winifred et Michael Taylor. Son père, Michael, était inspecteur au Conseil d'Administration d'un Service de Marketing. "Meddows" était un nom de famille qui avait traversé plusieurs générations de Taylor, aussi, il était normal que Roger le porte entre son prénom et son nom. Roger n'avait pas d'origine musicale particulière, il y avait bien sa mère qui, adolescente, avait appris à jouer de l'accordéon, un instrument qu'elle avait dû abandonner car n'étant pas considéré comme très féminin.

Roger avait fréquenté l'école primaire Gaywood à King's Lynn pendant 3 ans, lorsqu'en 1953, à la naissance de sa soeur Clare, sa famille décida de déménager pour Truro dans les Cornouailles, où Roger fut inscrit à la Bosvigo School .

En 1957, âgé de 8 ans, Roger regardait son cousin jouer sur sa guitare de petites mélodieset il décida alors que lui aussi voulait une guitare. Au début, un ukulélé fit l'affaire, il se servit de celui-ci pour apprendre seul les accords de base. C'était bien suffisant pour le persuader, même à ce jeune âge, de former son premier groupe, il pourrait y avoir de l'argent à gagner là! Il réquisitionna le garage pour jouer mais tout d'abord, il mendia autant de cartons d'oeufs qu'il le pouvait et les colla sur les murs et le plafond, une manière peu coûteuse d'insonoriser!

Le groupe s'appelait '"The Bubblingover Boys" et jouait de la musique skiffle, Roger jouait ou tentait de jouer du ukulélé, un autre jouait de la basse et deux autres garnements grattaient des guitares. Roger se souvient: "Aucun de nous ne savait réellement jouer. Alors, nous nous tenions là, grattant nos guitares et faisions semblant de jouer en faisant beaucoup de 'canards'. C'était épouvantable. Mais, nous invitions tout de même nos voisins et nos amis...!"

Ils ne jouèrent qu'une autre fois en public, à la Bosvigo School, pendant le bal de l'école. Ce fut une aventure de courte durée, pour une bonne raison, c'est qu'aucun d'eux n'était très doué pour çà, et pour une autre raison, c'est qu'en mai 1960, Roger entra à la Cathedral School de Truro et laissa derrière lui ses copains membres du groupe. Il bénéficia d'une bourse scolaire pour la chorale de l'école, ce qui impliquait de se joindre à la chorale de la cathédrale. Il était membre de cette élite de ses collègues malgré lui, puisque cela impliquait de chanter trois fois chaque dimanche et aussi aux services spéciaux tels que les mariages et la messe de minuit à Noël. Bien que cette expérience lui fut bénéfique, Roger ne se considéra jamais comme un choriste-modèle.

Désormais, il avait économisé assez d'argent pour s'acheter lui-même une guitare acoustique bon marché, et commença à apprendre à en jouer. Il enregistrait des chansons populaires à la radio et apprenait tout seul les accords de base. Il s'était même arrangé pour ' acquérir' un exemplaire du disque de Bill Haley and The Comets, 'Rock Around The Clock', un 'emprunt permanent' à un copain, mais il écoutait tout, essayant de tout apprendre.

L'intérêt de Roger pour la musique était très fort et il pensait que son devenir dans l'avenir devait être de quelque manière en relation avec elle. Sa mère se souvient: "Roger était tellement ambitieux, sa confiance en lui était si grande. Il savait simplement qu'un jour il se ferait un nom et qu'il vivrait à Londres. Je le savais aussi, tout au fond de moi."

En Septembre 1960, Roger fut admis à la Truro School. Cette école publique, à l'époque, était la meilleure de l'académie de la région, et Roger fut le seul élève de la Truro Cathedral School à obtenir une inscription gratuite dans cette école. C'était un pensionnat, mais comme Roger habitait tout près, il demeura externe.

Roger n'éprouvait plus autant de plaisir de jouer à la guitare, et il était de plus en plus attiré par les percussions. Il commença par retourner les casseroles de sa mère et à taper dessus avec des aiguilles à tricoter, se servant des couvercles en guise de cymbales. Un jour, alors qu'il jouait avec des copains sur un terrain vague,il trouva vraiment un tambour, et de plus,on lui donna une cymbale Hi-Hat. A Noël 1961, son père lui offrit une grosse caisse et un tam-tam, il avait fait l'acquisition des deux pour seulement 12 livres sterling et, ensuite, les avait bien astiqués et polis. Bien que ce fut un kit dépareillé, Roger en était extrêmement fier. Peu après Noël, Roger s'acheta une cymbale Zildjian pour 8 shillings, sa première vraie cymbale, tout aussi bien qu'un autre tam-tam.

Roger était un élève intelligent et brillant. Il aimait particulièrement l'anglais et la biologie, et même si la musique était sa vraie passion, il envisageait néanmoins une autre carrière en alternative, au cas où sa confiance dans ses propres capacités se révèlerait infondée. Etudier n'était pas, cependant, son point fort. Il commente: "J'étais un élève paresseux, je détestais étudier, et on ne m'a pas fait de cadeaux." Néanmoins, il était le seul élève de l'école à porter les cheveux longs jusqu'au-dessus des épaules. Les pensionnaires devaient obéir à un réglement strict, mais en tant qu'externe, Roger passait outre.

Durant l'année 1963, ses amis et lui formèrent un groupe. Ils s'appelèrent " The Cousin Jacks", Roger était au début à la guitare rythmique, mais n'y prenait pas plaisir, aussi , il s'accapara la batterie où il se sentait plus àl'aise. Ils jouèrent une ou deux fois pour The Liberal Party régional, et pour un ou deux autres évènements, une fois changeant même leur nom pour The Falcons durant une courte période.Au bout d'un an, leur aventure prit fin, mais, quelques années plus tard, The Cousin Jacks se reformèrent avec un autre batteur, et pour un temps, jouèrent à nouveau localement des concerts.

A cette époque, la vie était facile à Truro, le travail scolaire n'était pas un problème pour Roger, bien que sa mère et lui furent en parfait désaccord sur ce point, Roger insistait et disait qu'il travaillait bien mieux avec la musique à fond tandis que sa mère pensait bien qu'il travaillerait mieux dans le silence. Il admet aisément qu'il ne réussit à passer ses examens qu'à force de révisons intensives la semaine avant le début des épreuves. Etre blond, mince et beau offrait bien des avantages auprès des jeunes filles du coin, à plus d'une occasion, il se retrouvait à s'amuser avec une fille dans le salon tandis qu'une autre patientait dans le garage.

Roger était persuadé que Londres était le seul endroit où vivre s'il voulait faire carrière dans la musique, mais il réalisa également que sans aide, se rendre à Londres n'allait pas être facile. Il décida de s'inscrire à Londres pour faire ses études supérieures, mais n'arrivait pas à choisir dans quel matière. La biologie l'intéressait encore, alors il pensa qu'il devrait donc suivre des études ayant un lien avec la biologie, mais quoi exactement, çà c'était une autre affaire, et puis au stade où il en était, cela ne l'obsédait pas.

C'est à cette époque que les parents de Roger divorcèrent, ce fut alors une période difficile de problèmes personnels pour Roger et sa petite soeur Clare. Sa mère continuait à lui apporter son soutien, même s'il ne lui demandait pas toujours son avis, tout ce qu'elle désirait c'est que son fils soit heureux et trouve vraiment une profession. Sa musique c'était bien tant que c'était un hobby, pensait-elle, mais une ' vraie' carrière était infiniment plus importante.

En 1965, Roger se joignit à un groupe régional appelé " Johnny Quale and The Reaction". Le 15 mars 1965, après avoir répété ensemble durant 2 semaines, ils se jugèrent fin prêts à participer au " Rock And Rythm Championship", un évènement annuel organisé par The Round Table au Truro City Hall où tous les groupes de la région des Cornouailles et du Devon allaient participer. 'Johnny Quale & The Reaction' finirent 4e, et cela leur servit de tremplin pour démarrer dans le circuit musical des Cornouailles qui était vraiment important à cette époque, attirant bien des groupes importants basés à Londres.

Le groupe, désormais, commençait à être bien établi en jouant dans des endroits tels que The Blue Lagon à Newquay, The St-Just Village Hall, The Gardens Of Penzance, The Princess Pavilion à Falmouth et bien d'autres salles de villes et de villages. Johnny, le chanteur du groupe, les quitta en septembre 1965. Son départ survint juste au moment où ils allaient être réservés pour jouer un gig, aussi Roger, le seul capable de chanter, prit la relève au chant. Ce n'était pas chose facile de chanter et de jouer de la batterie en même temps, et il dut apprendre par coeur toutes les paroles de toutes les chansons durant la nuit. Ils enlevèrent la première partie du nom du groupe et ils devinrent connus simplement comme " The Reaction". Leur popularité continuait à croître, et, comme il était leur chanteur, Roger insista pour que son kit de batterie soit à l'avant de la scène plutôt qu'à l'arrière.

Le 7 mars 1966, 'Reaction' participa à nouveau au "Rock And Rythm Championship" avec, cette fois-ci, Roger au chant. Le travail acharné et les concerts sans fin toute l'année précédente portèrent leurs fruits et ils gagnèrent! En récompense, ils reçurent un trophée gravé à leur nom et on leur demanda de revenir l'année suivante en tant qu'invités spéciaux. 1966 fut une autre année de concerts, "The Reaction" jouait trois ou quatre fois par semaine dans les Cornouailles, et avaient réuni déjà bon nombre de supporters qui les suivaient, même si, se souvient Roger, ils changaient souvent la composition du groupe. Le lead guitariste était la plupart du temps Michael Dudley, avec Richard Penrose à la basse, et un certain saxophoniste appelé 'Acker' qui remplaça un autre qui s'appelait John Snell. Mike Grose, un bassiste, apparaissait de temps en temps avec eux. A l'origine, ils étaient un groupe de soul music jouant beaucoup de titres de James Brown et de Otis Redding, mais en 1967, ils devinrent accros de Jimi Hendrix, et le groupe devint psychédélique.

Roger, sur un coup de tête, décida de démonter le piano familial et d'emporter le châssis aux concerts. Lui et les autres membres du groupe s'arrangeaient de temps à autres pour le charger à l'arrière du van Transit, et lorsqu'ils arrivaient au concert, Roger collait le microphone sur celui-ci, le frappait à coup de masse et lui balançait de la peinture dessus - cela s'appelait leur 'freak out' section! Il adorait le son de celle-ci, mais le reste du groupe en eut vite assez de le charger et de le décharger du van, et donc, ils l'abandonnèrent.

Reaction avait désormais obtenu des soirées régulières au Truro Club PJ's, dont Mike Grose était co-propriétaire, et au Blue Lagon à Newquay, un endroit qui attirait pas mal de groupes de Londres bien établis. Ils étaient fans de groupes connus tels que Tyrannausorus Rex, Slade ( connu à l'époque sous le nom de Inbetweens) et Ritchie Blackmore dans sa période pré-Deep Purple.

"Reaction" jouait des covers de chansons de Dylan, et de Cream, plus une étrange section musicale qui était un peu avant-gardiste à cette époque dans les Cornouailles. Le groupe connu dans le coin était alors Geno Washington, et, leur public voulait les écouter depuis un bon moment, et alors commencèrent ç chanter: 'Geno! Geno!'. Ils devaient interpréter au moins un de ses titres, qui étaient déjà eux-mêmes des reprises de Sam Cooke, Sam & Dave ou de James Brown.

Même s'il était bien occupé avec 'Reaction', les études de Roger n'en souffrirent pas, et il quitta The Truro School en 1967 avec 7 O-Levels, Anglais, Littérature anglaise, Biologie, Physique, Chimie, Français et Maths. Il obtint aussi 3 A-Levels en Biologie, Physique et Chimie. A ce moment-là, il avait reçu l'avis de ses professeurs, et décidé d'opter pour une carrière de dentiste et fut accepté à the London Hospital Medical School.

roger.drums

Roger commença ses cours en octobre 1967. Il emménagea dans un meublé de Shepherd's Bush avec un ami nommé Les Brown qui étudiait à the Imperial College. Roger savait très bien, au fond de lui, qu'il ne voulait pas être dentiste pour le reste de ses jours, la musique était bien trop importante pour lui. Mais, comme moyen d'arriver à ses fins, ce cours lui permit quand même de vivre à Londres à la charge de quelqu'un d'autre.

Durant les vacances 1968, Roger retourna à Truro, lui et Rik Evans, un ami qui possédait sa propre Compagnie de chapiteaux, discutèrent des moyens de se faire un peu d'argent. Ils s'arrêtèrent sur l'idée d'ériger un chapiteau sur la plage de Perranporth et "The Reaction" pourrait se produire dedans. Roger devrait traverser toute la contrée environnante avec son mini-van, en collant des posters pour ces soirées et ils fixaient un prix d'entrée. Ils appelèrent çà " The Summer Coast Sound Experience", ils utilisaient des jeux de lumières psychedelic fait-maison, et deux à trois cents personnes assistaient à leurs concerts chaque fois, payant 5 shilling chacun. Rien d'étonnant si les autorités locales les obligèrent rapidement à arrêter. Mais Reaction joua dans le chapiteau encore quelques fois, tout d'abord, notamment le 7 juillet 1968 lors d'un bal pour célébrer les finales des Ladies Surf Championships. Le groupe, finalement, se dispersa après le nouveau départ de Roger pour Londres cet l'automne-là: il avait été leur force motrice, et, sans lui, ils s'éparpillèrent.

Roger regagna l'Université avec une idée bien en tête, celle de rejoindre un groupe. Son goût pour la célébrité et la fortune était aigü, et il lisait la presse musicale régulièrement, cherchant une opportunité. En ce début d'autommne, Les Brown, remarqua une carte épinglée sur le tableau d'affichage de l'Imperial College, et, qui demandait un batteur genre "Ginger Baker/ Mitch Mitchell" pour monter un nouveau groupe. Il apporta la nouvelle à Roger qui envoya un courrier à l'adresse inscrite sur la carte. Brian May envoya une longue lettre très détaillée, décrivant exactement quel genre de batteur il recherchait. Ils s'arrangèrent pour se rencontrer, Roger invita Brian et Tim à son meublé au Shepherd's Bush, où il possédait un assortiment de bongos ( son kit de batterie était toujours à Truro!).

Brian et Tim arrivèrent avec des guitares acoustiques, les trois jouèrent ensemble quelques mélodies et airs divers. Brian et Tim furent stupéfaits par l'habileté de Roger. " Je me rappelle delapremière fois où j'ai vu Roger jouer à la batterie. Son extravagance m'a tout simplement cloué,' dit Tim. Brian était convaincu que c'était le gars qu'il fallait lorsqu'il vit Roger taper sur sa batterie, quelque chose paraissait incroyablement professionnel, pensait-il! Roger fut tout autant impressionné par le jeu de guitare de Brian et Tim, même si ce n'était que sur des guitares acoustiques.

Les trois se retrouvèrent à nouveau au Jazz Club de l'Imperial College, jouant cette fois-ci pour de bon! Cà marcha de suite entre eux et ils devinrent aussi grands amis! Ils avaient tous de grandes idées en matière de musique, et, même si leur connaissance du show-business était sommaire, ils pensaient qu'ensemble, ils auraient assez d'esprit et d'intelligence pour se frayer un chemin dans ce métier!

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smile

SMILE

Ils baptisèrent leur nouveau groupe "Smile". C'était court et spirituel, et, aussi, le seul nom sur lequel ils étaient tombés d'accord. Tim mit ses talents artistiques à bon usage et dessina leur logo, une énorme bouche souriante avec des lèvres rouges, brillantes et des dents éblouissantes. Plus tard, The Rolling Stones se décidèrent pour un logo de bouche étonnamment similaire.

Smile passa l'automne 1968 à répéter et à perfectionner leur musique. Ils jouaient des covers de chansons, mais, Tim et Brian, également, commencèrent à écrire des chansons ensemble. Smile avait besoin d'une camionnette et ils recrutèrent les services de Pete Edmunds, un vieil ami de classe de Brian et Tim, qui possédait une belle MG, une voiture de sport. Il était persuadé de pouvoiréchanger celle-ci pour une camionnette Thames vert-bouteille, et, il devint le tout-premier roadie du groupe.

Brian gardait toujours du temps libre pour aller voir d'autres groupes jouer, et, il se rendit à Hyde Park à la fin juin pour voir Pink Floyd et Jethro Tull. C'était un concert immense, et de loin le plus grand auquel il ait assisté. Hyde Park était un endroit prestigieux pour jouer en public, un concert joué dans ce lieu voulait dire avoir atteint le statut de superstar.

1968 fut aussi l'année où il obtint son diplôme universitaire, et, le 24 octobre 1968, Brian et ses parents se rendirent au Royal Albert Hall pour que Brian recoive son diplôme de Bachelor Of Sciences(BSc) des mains de Sa Majesté La Reine-Mère.Ruth May dit: " Nous étions si fiers de lui. Nous savions que sa musique était également très importante pour lui,mais, nous espérions secrètement qu'il continuerait à étudier, et finirait sa thèse. Il avait tellement travaillé dur pour celle-ci. Mais, nous étions prêts à le soutenir quelque choix qu'il fasse. Nous savions que quelque soit son choix, il le ferait très bien."

Tout compte fait, Brian n'arrêta pas ses études à l'Imperial College après avoir reçu son diplôme, il continua à fréquenter l'Université, donnant des cours de professeur-répétiteur, utilisant le temps passé à l'Université à travailler plus avant sa thèse PH.D.

La première apparition publique de Smile, le 26 octobre 1968 à l'Imperial College et en première partie de Pink Floyd, fut horripilante, même si de petis groupes d'inconnus l'avaient relativement bien appréciée. Leur style de musique était assez sauvage et indiscipliné, ils jouaient une cover d'une chanson populaire en utilisant tous les changements de tempo qu'ils pouvaient y intégrer. Bien souvent les chansons duraient pas moins de vingt minutes. Ils se décrivaient eux-mêmes comme un groupe de "rock progressif ", et ils étaient tous déterminés à ce que ce groupe soit plus qu'un autre hobby. Ils voulaient désespérément que çà marche ce coup-ci.

C'est à ce moment-là que Brian rencontra une étudiante du Maria Assumpta Teacher Training College de Kensington, appelée Christine Mullen. Elle avait assisté en compagnie de quelques amis au spectacle que Smile avait joué là. Elle fut présentée à Brian par la petite amie de Roger, Jo, qui partageait un appartement avec Chrissie. Brian et Chrissie devinrent amis et bientôt amoureux.... Une des copines étudiantes de Chrissie, Pat Mc Donnell, et sa soeur Helen, avaient rencontré Smile dans leur pub local et elles avaient présenté Brian, Tim et Roger à un de leurs amis, John Harris. John était un fan de musique averti et se débrouillait en électronique aussi. Il s'entendit bien avec le groupe et accepta de devenir leur ingénieur du son et leur roadie pour aider Pete Edmunds.

Beaucoup des premiers gigs de Smile eurent lieu dans les Cornouailles, le territoire de Roger, où il était bien connu depuis la période Reaction. Le groupe était affiché comme 'le terrifiant groupe londonien ' et jouèrent dans des salles telles que le PJ's à Truro et The Flamingo Ballroom à Redruth. Ils avaient l'habitude de séjourner chez la mère de Roger, dormant à même le sol. Elle se réveillait le matin en trouvant régulièrement des corps éparpillés dans tous les sens.

A ce point de leur lancée, Roger décida d'abandonner ses études de dentiste. Cela devenait de plus en plus évident pour lui qu'il n'était pas fait pour ce genre de vie. Il termina la première partie de ses cours, et obtint la première partie de son diplôme de dentiste en août 1968. Il prit alors une année sabbatique pour mieux se consacrer à la musique.

Smile donna beaucoup de représentations à l'Imperial College, tellement en fait qu' ils devinrent connus sous le nom de " The Imperial College Band "! La tournée du College, au beau milieu des années 60, était très importante et de grande envergure. Beaucoup de groupes qui se sont fait un nom se le sont fait en jouant dans les universités et les colleges du bas en haut de l'Angleterre. Il y avait également une plus petite tournée des pubs, moins fréquentée cependant, mais les colleges avaient le soutien de leurs associations étudiantes, et avaient les moyens de payer des sommes substantielles aux groupes qu'ils réservaient. Smile était fan de beaucoup de groupes très populaires alors, tel Tyrannosaurus Rex et Family. En février 1969, ils donnèrent leur deuxième gig important, en première partie de"Yes" lors d'un petit concert dans un club au Richmond Athletic Club.

Le 27 février 1969, un concert donné en soutien pour 'The National Council For The Unmarried Mother And Her Child", organisé par l'Imperial College, eut lieu au Royal ALbert Hall. Ils avaient réservé une pléïade d'artistes et ils demandèrent à Smile s'ils désiraient y jouer aussi, une offre qu'ils ne pouvaient sûrement pas refuser.Smile avait répété quelques temps avec un organiste, Chris Smith, qui avait un énorme orgue Vox Continental, rose vif à pieds chromés, mais, Brian, Roger et Tim trouvaient qu'ils n'avaient pas assez travaillé avec Chris, et, ils voulaient que le concert au Royal Albert Hall soit fort et parfait. Ils décidèrent de le renvoyer, mais ne savait pas qui allait le lui annoncer. Tim utilisa le moyen le plus expéditif, et, dans la camionnette les menant au concert, Chris fut éjecté sans autre forme de procès!

Smile pensaient qu'ils seraient au bas d'une affiche aussi prestigieuse, mais se retrouvèrent au-dessus de Free, comprenant Paul Kossoff et Paul Rodgers. Ensuite venait au-dessus Joe Cocker, Spooky Tooth et les gros titres étaient The Donzo Dog Band. L'évènement était couvert par le DJ John Peel. C'était la première présentation de Smile à un vrai grand public, et, ce ne fut pas un démarrage de bon augure, en effet, Brian et Tim coururent sur la scène, mais, comme le fil d'alimentation de la guitare de Tim ne mesurait que 9m et que la scène en mesurait 15, le fil, dans l'élan de la course, s'était défait de la prise d'alimentation. (Et comme il ne portait que des chaussettes et pas de chaussures, il ramassa un bon paquets d'échardes durant le set!). Smile acquit ce jour-là son premier gros titre dans les journaux, un journaliste fit référence à eux comme " The loudest group in the western world!" mais il oublia de mentionner leur nom!

Le 19 avril 1969, Smile jouait au Revolution Club à Londres, lorsqu'ils furent présentés à Lou Reizner qui travaillait pour Mercury Records. Il fut impressionné en les voyant jouer, et pensait objectivement qu'ils avaient un bon potentiel, puisqu'il leur demanda s'ils voudraient bien prendre en considération l'idée de signer avec MercuryRecords. Etant jeunes et inexpérimentés, ils considérèrent cette offre comme leur première vraie percée et acceptèrent et signèrent en mai 1969.

En juin 1969, Mercury Records décida qu'ils devraient faire enregistrer quelque chose à leur nouveaux poulains, et ils réservèrent du temps aux Studios Trident. Ils enregistrèrent deux titres, produit par John Antony, mais n'avaient pas encore décidé quand ce serait réalisé. Smile voyait pour la première fois l'intérieur d'un studio d'enregistrement, et l'expérience les laissa se demandant s'il étaient vraiment sur le bon chemin.

Au début de l'année 1969, Tim Staffell amena un ami de l'Ealing College Of Art appelé Freddie Bulsara à une répétition de Smile . Freddie adorait le son de Smile, il s'entendait bien avec Brian et Roger, et devint un régulier des gigs de Smile. Il avait de très grandes et extravagantes idées sur la manière dont Smile pourrait paraître, faire et jouer, et aucun scrupule pour le leur dire en détail.

Smile trouva de la place dans la van pour l'exubérant Freddie lors de leurs voyages pour se rendr à leurs gigs, près ou loin, et tous se rappellent que quelque soit le moment où ils arrivaient à leurs concerts, que ce soit près ou deux ou trois heures après, Freddie voulait en sortir propre et repassé, ses pantalons, habituellement de satin blanc, immaculés.

Quelques trajets causèrent quelques tracas à Smile et leur entourage, notamment un qui était prévu pour une salle dans les Cornouailles. Le groupe et ses amis étaient en route, dans le sud de Londres, quand leur camionnette se renversa à Andover, Hampshire. Ils durent louer un autre van dans une compagnie locale, transférer tout le matériel dans celui-ci et continuer leur route,laissant leur camionnette sur place dans l'attente d'un ami qui viendrait de Londres le réparer. Ils arrivèrent à Truro pour le spectacle et déchargèrent le matériel. Le chauffeur ( loué avec le véhicule!) devait retourner à Andover, aussi,ils jouèrent le concert et laissèrent tout leur matériel dansle hall toute la nuit. Le jour suivant, Brian, Tim, John et Freddie devaient retourner à Londres, Roger restait à Truro. Ils demandèrent l'aide de quelques amis de Roger pour amener le matériel de la salle de concert à la gare de Truro, et ils commencèrent à charger de grandes quantités de matériel dans le train en partance pour Londres. Le chef de gare les accosta, qui les informa dans des termes très clairs qu'ils ne devaient pas mettre tout cet équipement dans son train. Mais il se trouvait que l'oncle de Roger était l'administrateur régional du British Rail, et qu'il était en visite à Truro. Il vit l'altercation commencer (à ce moment-là le train était en retard) et fit mine de ne rien voir. Après quelques mots échangés avec le chef de gare, il s'éloigna sans un mot pour son neveu. Le chef de gare les aida à charger le reste du matériel sans rien dire, et le train quitta la station, laissant Roger hurlant de rire sur la plateforme, se demandant comment ils pourraient bien faire pour décharger tout çà à l'arrivée. Ce problème fut résolu par le vieil ami de Brian, ( et ex-batteur de 1984) Richard Thompson, qui les recueillit à la gare de Londres.

En août 1969, Mercury Records mit en vente deux des titres enregistrés par Smile quelques temps avant, 'Earth', écrit par Tim pour la face A et 'Step on Me' de Tim et brian pour la face B. ' Step On Me' était à l'origine une chanson du groupe 1984. Le 45t fut mis en vente aux USA seulement et bien sûr n'obtint pas le succès espéré par Smile et Mercury Records.

Après bien des concerts, Mercury Records ldécidèrent qu'ils voulaient que Smile enregistrent quelques titres de plus en vue d'un éventuel album. Ils leur réservèrent les Studios De Lane Lea à Wembley et les laissèrent travailler sous la direction de Fritz Freyer. Brian et Tim avaient composé beaucoup de chansons à ce moment-là, et ils étaient contents de pouvoir passer du temps à les enregistrer correctement avec du tout nouveau matériel. Tout d'abord, cependant, on les persuada d'enregistrer une chanson qu'ils n'avaient pas composée, un morceau intitulé ' April Lady' avec Brian au chant. Le groupe était content du résultat, mais peut-être pas Mercury Records. La compagnie de réalisa jamais ce matériel.

Fin 1969, le groupe joua au Marquee Club, Wardour Street à Londres. C'était un concert promotionnel arrangé par Mercury Records et Smile était en première partie d'un groupe appelé Kippington Lodge comprenant Nick Lowe. ( Le groupe changea plus tard son nom pour Brinsley Schwartz.) Smile ne joua guère qu'une demi-heure pour un petit public qui n'appréciait pas du tout.

Le groupe finit l'année 1969 bien découragé et dépressifs, leurs rêves de star-system étaient si loin de se matérialiser. Mais tous les trois étaient d'incorrigibles optimistes et restaient confiants, voyant en 1970 et la nouvelle décennie, l'idée que ce pourrait être leur année.

Brian et Roger étaient ambitieux et avaient travaillé si dur pour essayer de faire marcher tout çà, ils savaient que la manière de faire des choses meilleures et plus importantes ne pouvait se faire que par un vrai travail acharné. Tim, cependant, avait décidé qu'il en avait assez de faire la tournée des clubs et des colleges, il voulait quelque chose de plus, et plus rapidement. Il laissa Brian et Roger au printemps 1970, signifiant la fin de Smile. Peu de temps après il rejoignait le groupe pop Humpy Bong.

Humpy Bong était mené par l'ex-batteur des Bee Gees, Colin Peterson et leur nom, apparemment, était tiré de l'endroit où l'un des premiers explorateurs australiens avait atterri. Le groupe réalisa un single intitulé " Don't You Believe It" et firentune apparition au Top Of The Pops avec ce titre. Ce fut une courte aventure, et Tim les quitta pour jouer de la guitare pour Jonathan Kelly. Il décida par la suite de quitter les affaires musicales pour s'investir dans le travail de maquettiste et créateur d'effets spéciaux, et il allait créer les maquettes utilisées dans la série TV populaire " Thomas the Tank Engine".

Après le départ de Tim, Mercury Records mit fin au contrat avec Smile, le contrat original avait été signé pour un seul single et par ailleurs le groupe n'existait plus. Brian et Roger, néanmoins, étaient plus déterminés que jamais à se faire un nom dans le milieu musical, même si Brian travaillait encore d'arrache-pied à sa thèse d'astronomie. Ils discutaient longuement à propos de leur avenir, et, comme Freddie était un ami proche, il était toujours mêlé à leurs discussions.

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freddieface

FREDDIE MERCURY

Dip.A.D.

Farookh Bulsara est né le jeudi 5 septembre 1946 au Government Hospital sur l'île de Zanzibar, sur la côte Est de l'Afrique, à l'est de la Tanzanie, de Bomi et Jer Bulsara, ses parents. Son père Bomi était fonctionnaire travaillant pour le Gouvernement Britannique. A l'âge de 1 an, Freddie eut son premier avant-goût de la célébrité lorsque le photographe du coin fit son portrait et l'exposa dans sa vitrine, Freddie ayant remporté le premier prix dans un concours de bébés. A 5 ans, il fut élève à la Zanzibar Missionary School dirigée par des Soeurs Britanniques.

La soeur de Freddie, Kashmira, est née en 1952. Le travail de Mr. Bulsara l'amenait à voyager très souvent aux Indes, aussi, en 1954, Freddie fut inscrit pensionnaire au St-Peter's English Boarding School à Panchgani, à environ 50 miles de Bombay, c'est là que ses amis commencèrent à l'appeler Freddie, nom que sa famille adopta également.

Freddie passait de temps en temps ses congés au pensionnat, mais la plupart du temps chez ses grand-parents ou chez sa tante Sheroo qui vivait tout près, et quelquefois il les passait chez ses parents à Zanzibar. C'était durant une de ces périodes de vacances, dit Mrs Bulsara, qu'elle fit l'acquisition d'un nouvel élément de décoration. Elle se souvient: " A Zanzibar, à cette époque, les gens originaires de l'île fabriquaient et vendaient leurs travaux artisanaux, des articles de décoration et autres choses locales faites à la main. Freddie se baladait dans le parc, un jour, quand un garçon du coin passa avec ses marchandises, et, Freddie craqua pour un bibelot représentant une biche et son faon. Il marchanda avec le garçon pour l'acquérir, mais même en ayant fait baissé le prix, il ne pouvait toujours pas l'acheter, il coûtait 2 shillings et 50 cents en monnaie africaine, et il avait seulement 50 cents. Alors il dit au gamin que s'il le suivait chez lui, il lui donnerait l'argent, puisqu'il désirait vraiment m'offrir cette petite chose. Donc, il amena ce jeune garçon à la maison, avec toute sa marchandise, et me demanda s'il pouvait m'emprunter l'argent pour acheter la biche. Tout d'abord, j'ai refusé, mais Freddie était tellement désolé pour le gamin, après qu'il l'ai traîné tout ce chemin jusqu'à la maison, que finalement, j'abdiquais et lui donnais l'argent pour m'acheter mon cadeau!"

Comme le pensionnat St-Peter était une Institution Britannique, les sports pratiqués étaient typiquement britanniques: cricket, rugby, football, gymnastique et autres divers passe-temps énergiques.

" Je détestais le cricket et la course d'endurance, j'étais complétement nul dans ces deux disciplines! se souvient Freddie, mais j'étais bon à la course de vitesse, j'étais bon au hockey, et j'étais assez bon sur le ring de boxe, croyez-le ou pas!" Sa spécialité, cependant, était le tennis de table et il devint champion scolaire à 10 ans. Mrs Bulsara se rappelle: " Freddie était excellent dans toutes les disciplines sportives, mais quand j'ai appris qu'il pratiquait la boxe, je lui ai écrit depuis Zanzibar où nous vivions, et je lui ai dit d'arrêter çà, je n'aimais pas cette idée, c'était trop violent."

lFreddie n'était pas seulement un bon sportif, il était également très brillant dans les matières académiques, et ses talents artistiques étaient incomparables. A l'âge de 12 ans, il reçut le trophée scolaire Junior All-Rounder. Il adorait le dessin et faisait sans cesse des portraits pour ses amis ou ses proches. Sa tante maternelle Sheroo était aussi une artiste, et régulièrement elle demandait à Freddie de dessiner ou de peindre pour elle, il commençait toujours rapidement un nouveau dessin, mais souvent il était distrait par d'autres occupations, ce qui explique qu'il ne trouvait jamais le temps d'en terminer un. Sa tante s'évertuait à le faire asseoir pour en terminer au moins un.

Il était aussi fou de musique et écoutait des disques sur le vieil électrophone familial, empilant les disques pour qu'ils jouent continuellement. La musique qu'il pouvait se procurer était essentiellement indienne, mais, il pouvait trouver quelques disques occidentaux. Il chantait tout le long de chaque disque, et, préférait la musique au travail scolaire.

Le principal de St-Peter's avait remarqué les aptitudes de Freddie pour la musique, et avait écrit à Mr. & Mrs Bulsara pour leur suggérer de payer un petit extra en plus des honoraires de l'école, afin que Freddie ait la possibilité d'étudier la musique dans les règles de l'art. Ils acceptèrent, et Freddie commença à prendre des cours de piano. Il devint également membre de la chorale de l'école et prit part régulièrement aux productions théâtrales de l'école. Il adorait ses leçons de piano, et, s'appliquait à les suivre avec détermination et virtuosité, finalement, obtenant le Grade IV en théorie et en pratique.

Durant ces années passées à St-Peter, il forma son premier groupe, "The Hectics", qui jouait seulement dans l'enceinte de l'école, durant les fêtes, représentations et bals scolaires. Ils n'avaient pas le droit de jouer à l'extérieur. La formation de choriste de Freddie était très utile, et même là, son sens inné du spectacle théâtral était vraiment mis en évidence, il jouait avec flair et originalité.

L'enfance de Freddie aux Indes, et, à St-Peter fut sans histoire. Il se rappelle que la demeure familiale de Bombay avait, comme la plupart des demeures prospères de Bombay à l'époque, des domestiques stylés. Le régime de la vie au pensionnat était dur, et, il apprit très vite à se débrouiller seul, mais lorsqu'il était chez lui, son enfance était facile. Il y avait toujours quelqu'un pour lui préparer ses repas, sortir ses vêtements pour la journée et prendre soin de tout ce dont il pouvait avoir besoin. C'était une époque qui l'a impressionné, et ces jeunes années surprotégées expliquent peut-être qu'il était mal préparé aux dures réalités de la vie en-dehors de ce milieu abrité. Il pensait que tout le monde avait des domestiques.

En 1962, Freddie obtint son O-Level à St-Peter, à l'âge de seize ans, atteignant un bon niveau en Arts, Histoire et Langue anglaise. Il décida de quitter St-Peter et retourna à Zanzibar, chez ses parents, passant son temps à errer avec ses amis dans le secteur des marchés, les parcs et les plages.

Zanzibar était alors une colonie britannique, avec une population principalement africaine, quelques Arabes et Indiens en proportion plus petite. Fin décembre 1963, une élection eut lieu pour décider du contrôle de l'île, par laquelle les Arabes arrivèrent au pouvoir. Les Africains se révoltèrent et contestèrent violemment le résultat, formant leur propre parti politique, connu sous le nom de Afroshirasi Party, pour se battre pour une nouvelle élection. En fait, deux scrutins de plus eurent lieu, remportés tous deux par les Arabes. Le 10 décembre 1963, Zanzibar devint un Etat indépendant, et les Anglais s'en remirent à l'autorité du Sultan arabe le 12 janvier 1964 . Début 1964, les Africains déclenchèrent une révolution à grande échelle. La plupart des Anglais et des Indiens, bien qu'aucun ordre de ce genre ne leur fut donné, quittèrent leurs maisons pour leur propre survie, et, parmi ceux qui partaient il y avait la famille Bulsara. Ils quittèrent Zanzibar avec deux valises et deux trois bricoles, et se rendirent tout droit en l'Angleterre.

Au début, ils vécurent chez des amis à Feltham dans le Middlesex, jusqu'à ce qu'ils puissent trouver leur propre petite maison attenante dans le même quartier. Mr. Bulsara obtint un emploi fixe comme agent comptable pour une grande compagnie alimentaire. Freddie avait 17 ans, et, il voulait s'incrire dans un college d'art, mais il avait besoin, au minimum, d'un A-level pour être sûr d'être accepté. En septebre 1964, il entra à la proche Isleworth Polytechnic School afin d'étudier pour obtenir un A-Level en Art.

Durant ses vacances, il prit quelques jobs d'été pour gagner un peu d'argent, l'un d'eux était au rayon alimentation de l'aéroport d'Heathrow, à deux pas de la maison, le deuxième était dans des entrepôts commerciaux de Feltham où il occupait un poste de magasinier et portait de lourds cageots et caisses. Ses collègues de travail commentaient sans cesse ses mains délicates n'ayant certainement jamais travaillé, et ils lui demandèrent ce qu'il faisait d'autre dans la vie. Il leur répondait qu'il était musicien 's'occupant de temps à autres' et son charme était tel que ses collègues ne mirent pas longtemps à faire le plus gros de son travail.

Sa mère le persuada d'économiser la plus grande partie de l'argent qu'il avait gagné, et il le plaça sur un compte d'épargne postal dont Mrs Bulsara prenait soin. Il avait déjà économisé près de 70 livres sterling, quand il lui demanda son livret. " Je ai demandé pourquoi, se rappelle-t-elle, et il répondit qu'il en avait besoin pour prêter un peu d'argent à un ami, il avait été expulsé de son appartement et avait désespérément besoin. Je pensais qu'il pouvait s'agir de 10 livres.Il m'a demandé 50 livres! Je lui demandais s'il comptait les lui rendre, il haussa les épaules et répondit que cela n'avait aucune importance. C'était sa façon d'être, toujours généreux et plein d'attentions pour les autres."

Il étudiait dur, bien qu'il préféra le côté esthétique de la vie scolaire à son côté plus académique et mondain , et il obtint aisément son A-level of Art, quittant Isleworth au printemps 1966. Son grade A passé et son habileté naturelle lui assurèrent une admission à l'Ealing College Of Art, et en septembre 1966, Freddie débuta un cycle d'illustration graphique au college.

Après le succès phénoménal de Jimi Hendrix sur scène en 1967, Freddie devint un fan assidu et passait son temps à faire des portraits de son idole, dessins qu'il encadrait et utilisait pour décorer les murs de l'appartement qu'il avait loué à Kensington, où il avait aménagé après avoir quitté le domicile familial de Feltham. A cette époque, Kensington était un endroit important pour les artistes, c'était le quartier très "in" de la célèbre boutique Biba et du Kensington Market fréquenté par les gens très branchés alors.

Un collègue de l'Ealing College Of Art était le bassiste Tim Staffell, ils sympathisèrent et devinrent amis. Freddie, Tim et un autre étudiant, Nigel Foster, passaient la majeure partie de leur temps libre ensemble, car ils avaient tous en commun un grand intérêt pour la musique. Avec l'aide de deux guitares d'occasion et Freddie au chant, ils se débrouillaient pour se distraire. Freddie faisait d'excellentes imitations de Jimi Hendrix et imitait à outrance ses chansons, utilisant une règle en guise de guitare. Ses amis et lui pratiquaient les harmonies à trois, perfectionnant leur technique relativement bien dans les toilettes de l'Université.

Comme l'amitié de Freddie et de Tim grandissait, Tim commença à l'amener aux répétitions de Smile. Freddie s'entendait fort bien avec Brian et Roger et il adorait le son que Smile était parvenu à créer,il avait également une admiration sans borne et un grand respect pour le jeu de guitare de Brian. En les regardant et les écoutant, Freddie réalisait combien, lui aussi, aimerait faire partie d'un groupe, ces représentations scolaires avec The Hectics, même si ce n'était qu'amateur, lui avait donné un avant-goût de l'excitation d'être sur une scène.

La pensée de faire partie d'un groupe l'obsédait désormais, et il commença à élaborer un plan d'action. Freddie ne partait jamais à l'aveuglette, il prenait le temps d'étudier la question avant tout. Il savait qu'avant de pouvoir se lancer dans cette aventure, il devait d'abord terminer ses études. Il s'appliqua à la tâche et en 1969, il quitta l'Ealing College Of Art avec un diplôme en art graphique et design, l'équivalent d'une license. Cette année-là aussi, il fit l'acquisition d'une guitare électrique d'occasion bon marché, que Tim remis en état en essayant d'en améliorer la sonorité, et il commença à apprendre à en jouer. Il n'eut jamais ni le temps, ni l'argent pour prendre des cours, aussi, à l'aide de quelques ouvrages, il appris tout seul les rudiments de base. Il avait seulement besoin d'en apprendre assez pour pouvoir écrire des chansons, un talent qui lui venait facilement. Son inspiration pour les textes était tirée de sa vie de tous les jours, de ses propres sentiments, de ses propres expériences et dans celles de ses amis.. Les chansons qui en résultaient, étaient, par moments, infiniment personnelles.

Durant l'été 1969, Freddie fut présenté à un groupe de Liverpool appelé Ibex qui était venu à Londres pour essayer de se faire un nom. Ibex était composé de trois membres, avec le guitariste Mike Bersin, John 'Tupp' Taylor à la basse et Mick ' Miffer' Smith à la batterie. Ils étaient aussi venus avec leur apprenti-manager, roadie et garde du corps, Ken Testi, le bassiste à temps partiel, Geoff Higgins, avait l'habitude de descendre les rejoindre pour quelques concerts occasionnels. Geoff jouait de la basse lorsque Tupp, grand fan de Jethro Tull, voulait jouer de la flûte.

" Ibex n'était pas parti pour aller très loin d'ici peu, dit Ken Testi. Ils avaient tellement de talent cependant, et cela Freddie ne manqua pas de le remarquer. C'était un gentil garçon, fauché, un mec extravagant, et il adorait Ibex. Il les suivait et aidait Mike au chant."

Mick 'Miffer' Smith se souvient: " Nous avons auditionné Freddie pour remplacer Mike au chant. C'était à l'Imperial College. Nous étions tous des musiciens accomplis, nous savions nous servir de nos instruments, mais aucun de nous n'était particulièrement doué pour le chant. Freddie avait une voix superbe, avec une portée terrible, mais il ne savait pas encore vraiment comment l'utiliser. Freddie avec nous, nous étions encore un peu mal dégrossis, mais nous montrions que nous avions beaucoup de potentiel."

Pendant cet été-là, Freddie demanda à Roger s'il était intéressé par l'acquisition d'un stand au Kensington Market. Bien que Freddie fut alors avec Ibex et jouait quelques petites représentations, ils ne gagnaient toujours pas beaucoup d'argent, et cela pourrait être une manière de faire quelques rentrées. Roger et Simle ne gagnait guère plus par ailleurs aussi il accepta. Le stand qu'ils prirent était sur une allée du marché que les commerçants appelaient ' La promenade de la mort' parce qu'on y vendait principalement des antiquités. Les amis de Freddie de Ealing College étaient plus qu'heureux de pouvoir les aider en leur fournissant des peintures et des dessins à vendre, et Freddie également, vendit quelques-uns de ses travaux artistiques, mais le stand ne connaissait pas un succès vertigineux. Après y avoir repensé, Freddie et Roger optèrent pour la vente de vêtements. Ils avaient beaucoup de contacts, et s'arrangèrent pour obtenir quelques beaux vêtements anciens de l'époque victorienne et des écharpes, des manteaux de fourrure, des vestes et des étoles. Ils obtinrent même des jolies choses faites avec du velours bien en vogue, des lacets et des perles. Les vêtements se vendaient très bien, et rapportèrent un bénéfice, petit mais bienvenu. Néanmoins, toujours avide d'un profit plus grand, un jour Roger vendit la veste de Freddie qu'un client avait remarqué accrochée au fond du magasinn pour la somme de 20 livres sterling. Freddie explosa et courut à la poursuite de l'acheteur, lui réclamant sa veste. Il rendit l'argent à l'acheteur et s'en retourna voir Roger, menaçant de le frapper. Roger, inflexible, se défendit ardemment, arguant du fait qu'il l'avait seulement vendue pour qu'ils aient quelque chose à manger et également pour pouvoir payer le taxi pour rentrer, mais, même alors, Freddie détestait l'idée de devoir utiliser les transports publics.

C'était une époque d'amitié très forte mais aussi de vaches maigres pour les membres de Smile et de Ibex. Tout le monde connaissait tout le monde, et les appartements étaient toujours partagés, à une époque ils se retrouvèrent à 5 pour 2 lits de 90 poussés l'un contre l'autre, tout lemonde dormant par-terre finalement. Helen et Pat Mc Donnell avaient un appartement sur Sinclair Road près de Earls Court à Londres, et tout le monde leur rendait visite pour dormir là. Helen se rappelle: " Une fois, ils étaient tous là, les membres des deux groupes, et ils jouaient si fort. C'était minuit passé. Le jour suivant, nous avons été expulsées, carrément! Mais c'était une époque tellement amusante, nous riions tous tellement. Nous étions si maigres aussi, nous n'avions pas beaucoup d'argent, et ce que nous avions nous le partagions. Souvent, on oubliait tout simplement de manger."

Ibex continuait à travailler dur durant les répétitions, jouant une série de covers de chansons des Beatles, de Rod Stewart, et de Yes. Leurs gigs débutaient toujours par ' Jailhouse Rock'. Le jeu de scène de Freddie s'était largement amélioré, même si les autres membres de Ibex étaient quelque peu embarrassés par son impétuosité, ses mouvements et ses gestes efféminés. "Nous avions l'habitude de lui hurler dessus 'Pour l'amour du Ciel! Freddie, tiens-toi tranquille!' Il utilisait toute la place, il était partout, mais, cela ne se faisait pas encore alors!" dit Mike Bersin.

Fin 1969, Roger, Brian, Freddie, Pat et Helen partageaient tous un appartement sur Ferry Road, Barnes, avec également le plus gros de Ibex, Tim de Smile et d'autres encore. C'était supposé être un logement pour 3 personnes au maximum, alors, lorsque la propriétaire venait pour réclamer son loyer, ils devaient tous se cacher dans la chambre. Freddie avait une routine de bon matin, se souvient Mick Smith: "Presque tous les matins, Freddie se levait le premier. Il avait une guitare électrique Fender Télécaster blanche et il marchait tout autour de l'appartement, sautant par-dessus les corps de ceux qui cherchaient encore à dormir, jouant et chantant la chanson des Who ' Tommy'. Il en connaissait toutes les paroles et tous les accords. C'était carrément un rituel."

L'appartement se faisait gloire de posséder aussi une vieille guitare acoustique, bien endommagée, au milieu du désordre, tellement en piètre état que personne ne pouvait en jouer. Une fois, dit Geoff, " Brian ramassa cette pauvre guitare et gratta un peu dessus. Alors, il commença à jouer, à la perfection, la chanson des Beatles ' Martha My Dear'. Il jouait la ligne de basse et aussi les harmonies pour piano, tout çà sur cet instrument. Je suis un grand fan des Beatles, et je suis resté là, la bouche bée. J'étais impressionné, il était bourré de talent."

Beaucoup des chansons des débuts furent composées là, dans cet appartement, Mick se rappelle " Je n'ai jamais vu quiconque écrire des chansons comme Freddie le faisait. Il commençait à chanter et à gratter sa guitare, et alors quelqu'un s'asseyait près de lui et n'avait plus qu'à transcrire ce qu'il chantait. Je ne l'ai jamais vu écrire quoi que ce soit sur le papier, il y avait toujours quelqu'un pour le faire. C'était spontané, mais c'était intelligent."

Beaucoup des résidents de l'appartement aimer fumer fréquemment de la marijuana, que Tupp avait l'habitude d'acheter au Kensington Market, mélangée avec du thé au jasmin. Apparemment, l'odeur du thé masquait l'odeur de la drogue. Lorsqu'il ramenait cela à l'appartement, tou lemonde s'asseyait et donnait un coup de main pour séparer la drogue du thé. Une fois,Tupp était pressé et lorsqu'il rentra de ses 'emplettes', il mit simplement le paquet dans la boîte à thé et repartit précipitamment. Fredie détestait fumer, en particulier de la marijuana.Ce jour-là, il était seul à l'appartement, et voulut se préparer un peu de thé. Il détestait pourtant le thé qu'il considérait comme une dégoûtante boisson hippie, mais il n'avait pas le choix. Il prépara une théïère, se versa une tasse et s'assit. ses amis arrivèrent une heure plus tard, le trouvant souriant, se sentant merveilleusement bien, et disant combien ce thé était grandiose, complètement défoncé. Il n'était pas si heureux lorsque les effets disparurent...

"Nous faisions la fête, un soir, se souvient Freddie, Tupp avait fait de ces biscuits avec de la drogue dedans. J'ai refusé d'y toucher, mais tous les autres en avaient pris quelques-uns. Alors, aux environs deminuit, la police est arrivée, quelques voisins rabat-joie les avaient appelé. Nous les avons fait rentrer, nous leur avons offert une boisson et deux ou trois de ces gâteaux. Nous en sommes tous tombés à la renverse, mais ils nous ont quitté sans rien savoir. Oh! J'aurais adoré être une mouche sur le pare-brise de leur voiture de police après une demi-heure, lorsque les effets de la drogue se firent sentir."

Ibex voyagait toujours sur les autoroutes du bas en haut de l'Angleterre à bord de toutes sortes de camionnettes empruntées ou prêtées, et gagnait bien peu pour tous ces efforts. Ken Testi jouait les agents de placement pour eux et s'arrangeait pour leur obtenir des dates dans divers pubs et clubs, principalement dans le nord. Lors d'une occasion mémorable, alors que le groupe devait jouer à Bolton, Richard Thompson emprunta une camionnette Transit à l'aéroport de Heathrow où il travaillait, et la prêta à Ken pour conduire Ibex et Roger, qui les suivait ce jour-là, jusqu'au lieu du concert. Tout d'abord, ils durent prendre en route Tupp Taylor, et s'étaient arrangés pour le retrouver sur Piccadilly Circus. L'avant de la camionnette était plein et à l'arrière il y avait le reste du groupe et divers amis. Ils jouaient de la guitare acoustique et ils chantaient bruyamment durant le trajet, souvent chantaient faux! Ils arrivèrent sur Piccadilly Circus et arrêtèrent la camionnette au beau milieu de la route afin que Tupp puisse monter. Alors qu'ils refermaient le grinçant volet arrière, l'assourdissant bruit des guitares et des chants mirent Piccadilly à l'arrêt, et tout un chacun regardait d'un air effaré cette camionnette pleine de hippies!

A l'arrivée dans cette tranquille ville du nord, il était l'heure de rentrer à la maison pour les mineurs du coin, beaucoup d'entres eux remontaient la rue principale. La camionnette fit une embardée, sous le choc, le volet à l'arrière s'ouvrit et c'est un Freddie tout revêtu de satin blanc et de fourrure qui bondit à l'extérieur, au beau milieu des mineurs. C'est difficile de dire, maintenant, qui fut le plus surpris, Freddie en voyant les gueules noires et tristes des mineurs, ou les mineurs en voyant l'éclatant et voyant Freddie, les deux s'arrêtèrent, se dévisagèrent un moment, jusqu'à ce que Freddie remonte dans la camionnette, hurlant, et de crainte, tirant brusquement le volet arrière pour le refermer.

Le gig, ce soir du 23 août 1969, eut lieu au Boloton Octagon Theatre, et le groupe joua également pendant un festival en plein-air le jour suivant à Bolton's Queens Park. Ce fut réellement un choc pour tous ces spectateurs du Nord qui ne se doutaient de rien, d'être confrontés avec quelqu'un d'aussi différent en style et en apparence que Freddie, même Mike resta en-dehors du groupe ces deux soirs-là, puisque sa mère lui avait confectionné un manteau lamé or qu'il se sentait obligé de porter.Ibex eut un accueil pour le moins mitigé!

Juste après, ils étaient réservés pour jouer au St-Helens Technical College. La tenue de scène de Freddie, ce soir-là, était un pantalon de velours noir moulant, qu'il avait fait confectionner spécialement sans couture. A la place, il y avait une couture au dos de chaque jambe. Il réclama en hurlant que quelqu'un lui procure un psyché pour le vestiaire (en réalité, la cuisine!). Le miroir arriva et il passa une demi-heure avant le concert à resserrer les coutures au dos de son pantalon.

Même si les salles où ils jouaient n'étaient pas bien grandes, et le public encore moins nombreux, la séduction de Freddie sur la gent féminine était légendaire. Elles s'attroupaient autour de lui pour discuter ou juste pour le plaisir d'être vues avec lui. Il exhalait un parfum de mystère, sa façon de s'habiller le distinguait des autres, mais sa timidité l'empêchait de parler sur scène (Tupp faisait tout çà pour lui!) et à cause de çà, il devenait inabordable et morose.

Puisqu'il ne se passait rien pour Ibex à Londres et qu'ils étaient fatigués de tous ces voyages incessants pour remonter donner des concerts dans le nord, ils décidèrent de déménager pour Liverpool. Freddie n'aimait pas cette idée, mais il décida d'essayer. A Liverpool, il passa le plus clair de son temps à dormir sur le plancher de la chambre de Geoff dans un énorme pub appelé The Dovedale Towers, sur Penny Lane, renommé pour les breakfasts aux oeufs et au bacon de Mrs Higgins.

Ibex avait un gig prévu dans un club en sous-sol appelé The Sink dans Hardman Street, au-dessous du Rumbling Tum Club. The Sink n'avait pas de licence pour vendre de l'alcool, aussi les gens devaient échanger de l'argent contre des capsules de bouteilles au club à l'étage, et ensuite les utiliser comme monnaie à l'étage du bas. Avant le concert, les membres du groupe étaient tous partis se désaltérer dans un club à deux pas. Roger et Tim arrivaient juste de Londres, et se méfiaient de se balader dans les rues sombres de Liverpool; alors qu'ils venaient de quitter le club, un groupe de skinheads apparu au coin de la rue. Le mouvement skinhead, qui venait de faire son apparition alors, menaçait quiconque ne leur ressemblait pas, en particulier 'les hippies' comme ils les appelaient. La violence semblait être leur mot d'ordre, les bagarres de rues et les gueulantes dans les pubs et les clubs étaient monnaie courante partout en Angleterre. Cette nuit-là, lorsque les skinheads arrivèrent face à face avec ce groupe d'hommes vêtus de fourrrure, de cuir, de velours et de bijoux, ils durent penser qu'ils avaient là une cible de choix. Les skinheads bloquèrent la rue et refusèrent de les laisser passer. Roger, du courage de celui qui a bu de trop, leur brandit une carte rapidement, en leur disant que c'était une carte !D prouvant qu'il était ceinture noire de judo, et que conformément à la loi il devait les avertir trois fois de son statut de ceinture noire de judo avant de pouvoir les frapper en toute légalité. Il leur donna trois avertissements, et les skinheads déguerpirent. La carte qu'il leur avait montrée n'était rien d'autre que son ancienne carte d'étudiant et il n'avait jamais pris une leçon de judo de sa vie.

A Liverpool, la vie n'était pas meilleure pour le groupe qu'elle ne l'avait été à Londres. Ils avaient faim et ils étaient si fatigués, et l'argent qu'ils gagnaient avec leurs concerts était en bonne partie dépensé pour payer deux gars pour mettre en place et s'occuper de créer un jeu de lumières élaboré. Ils commençaient à se demander pourquoi, alors qu'ils avaient tant besoin d'argent et qu'ils gagnaient seulement 25 livres sterling, 15 livres étaient dépensé juste pour la lumière;mais Freddie n'en démordait pas, il ne supportait pas l'idée d'un spectacle sans jeu de lumières.

A cette époque, la famille de Mick Smith passait par de durs moments, et samère, récemment divorcée, avait bien besoin d'une aide financière. Il trouva que le temps était venu pour lui de quitter Ibex et il devint employé des travaux publics sur la nouvelle autoroute M6 avant de redevenir vendeur de lait. Quelques années plus tard, il tomba amoureux d'une américaine appelée Debbie et partit vivre définitivement aux USA. Ibex le remplaça par Richard Thompson qu'ils connaissaient depuis bien des années.

Le séjour de Richard avec Ibex cependant fut de courte durée, un concert au Wade Deacon Grammar School For Girls à Widnes, Cheshire. Ce fut un désastre sans équivoque. Le son était épouvantable, le matériel ne fonctionnait pas correctement et le public n'avait pas la moindre idée de ce groupe ou de sa musique. Pour couronner le tout, Freddie utilisait un vieux microphone usagé fixé au sol par un lourd et solide pied qu'il ne pouvait pas manoeuvrer comme il l'aurait voulu. Durant une chanson, il s'agrippa à lui pour essayer de le faire tourner, et la partie supérieure céda. Il continua ainsi, avec seulement la section supérieure du microphone, et fit ainsi par la suite, à l'avenir cela deviendra son image de marque.

La vie dans le Merseyside ne plaisait pas à Freddie. Il était désillusionné et fatigué de dormir sur le plancher des autres. Après le fiasco à l'école de filles, il décida qu'il ne resterait pas plus longtemps et en septembre 1969, lui et Mike Bersin retournèrent à Londres.

Freddie était désoeuvré, et jouer sur scène lui manquait. Il répondit à bon nombre d'annonces parues dans la presse musicale pour des auditions, parmi lesquelles une seule lui offrait l'opportunité de chanter. Ne voulantpas s'y rendre seul, Freddie emprunta le roadie de Smile, John Harris, et sa camionnette. Il recruta également Roger comme soutien moral. L'audition devait se dérouler dans Leatherhead High Street, Surrey, et, vêtu de son manteau de fourrure, de ses plus belles boots et de ses pantalons sur mesure( les plus collants qu'il put trouver!) Freddie, Roger et John partirent. Lorsqu'ils arrivèrent, Roger entra le premier et tint la porte ouverte. Freddie, resplendissant dans son manteau de fourrure, entra majestueusement dans la pièce, suivi de près par John qui portait de façon révérencieuse un petit coffret de bois qu'il mit moultes manières à ouvrir. A l'intérieur était le microphone personnel de Freddie de marque Schure. Le faste et le cérémonial étaient impressionnants, et le groupe pour lequel il auditionnait décida qu'il était le gars qu'il leur fallait, tout spécialement lorsqu'il se contorsionnait pour chanter. Ils lui proposèrent le job et fin 1969, Freddie devint le chanteur du groupe Sour Milk Sea. Les autres membres du groupe étaient Chris Chesney au chant et à la guitare, le bassiste Paul Milne, Jeremy Gallop à la guitare rythmique et Rob Tyrell à la batterie. Ils firent quelques répétitions, et ensuite quelques concerts à Oxford ( la ville de Chris) et à Londres, incluant un soir au Pink Flamingo dans Wardour Street.

Freddie et Chris, qui avait 17 ans à l'époque, devinrent de bons amis, et Chris emménagea dans la maison que Freddie partageait avec Smile dans Ferry Road, à Barnes. Les autres membres de Sour Milk Sea étaient plus que fâchés que Freddie et Chris passent autant de temps ensemble, et trouvaient l'avenir du groupe vraiment incertain. Après deux mois seulement, Jeremy, à qui appartenait presque tout le matériel, décida de tout reprendre et dispersa le groupe.

Peu de temps après la dissolution du groupe, l'amitié de Chris et de Freddie s'estompa. Chris décida finalement de retourner à l'université d'Oxford pour continuer les études qu'il avait négligé pour un essai dans le monde musical.

Jusqu'à présent, Freddie n'avait jamais eu l'opportunité d'exercer ses talents artistiques de manière commerciale, d'habitude, il dessinait pour le plaisir ou pour ses amis. Début 1970, il rendit visite à plusieurs agences qui auraient pu faire usage de ses talents et fut embauché par l'agence Austin Knights, dans Chancery Lane, pour travailler au design ou à dessiner pour des magazines, des jurnaux et des livres. Il n'y eut que peu de choses qui sortit de tout çà, bien qu'on lui demanda d'illustrer une histoire de science-fiction pour enfants se déroulant dans l'espace. Malheureusement, même si Freddie avait commencé le travail, le livre ne fut jamais imprimé. Freddie fut vite fatigué de rester assis à attendre que l'agence l'appelle et il décida qu'il ferait mieux de le faire en tant que designer et artiste en freelance. Il passa une annonce dans les magazines de la région, bien que désormais il fut convaincu de devoir canaliser son énergie dans la musique. Il était toujours très ami avec les trois gars de Smile qui faisaient les choses qu'il aurait bien aimé faire avec eux.

Sa détermination à faire de lui-même un artiste était si forte qu'il réalisa qu'il ne pouvait pas exister sans un groupe très longtemps, et finalement, il forma son propre groupe, Weckrage, avec Richard Thompson à la batterie, et Mike Bersin et Tupp Taylor d'Ibex.

Weckrage joua son premier gig début 1970, à l'Ealing College Of Art où Freddie avait toujours beaucoup d'amis. Tous les membres de Smile et tout le reste de ses potes de Kensington étaient dans le public pour l'encourager. Ce fut un concert couronné de succès qui laissa la majorité du public imprégné par l'impressionnante présence sur scène de Freddie. Le groupe joua également à l'Imperial College, en première partie d'un des tout-premiers groupe de heavy-metal, Iron Butterfly, et d'autres représentations suivirent dans les clubs de rugby de Richmond et de Twickenham. Mais, c'était peu de temps avant que Freddie ne réalise qu'ils auraient pu faire mieux et que Weckrage aurait déjà dû se faire un nom. Ils ne l'avaient pas fait, alors, en mars 1970, Freddie jeta l'éponge et quitta Weckrage.

Mike Bersin et Tupp Taylor quittèrent tous deux Londres peu de temps après, et retournèrent à Liverpool où Mike s'inscrivit aux Beaux-Arts. Richard resta à Londres où il demeura sur la scène musicale jouant avec nombre de groupes amateurs.

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QUEEN : Les Débuts ...

Il était évident à tous que Brian, Roger et Freddie devraient unir leurs talents et enfin travailler ensemble. Ils arrivèrent à la conclusion qu'entre eux, ils avaient accumulé suffisamment d'expérience et d'assurance pour se débrouiller avec les caprices du business de la musique. Freddie, notamment, avait des idées extraordinaires de longue haleine pour cette nouvelle aventure, mais, tout d'abord, ils devaient trouver un nom pour leur groupe. Brian et Roger avaient lu, tous deux, la même trilogie de livres écrits par C.S. Lewis pendant leur enfance, 'Out Of The Silent Planet', d'où l'expression très populaire The Grand Dance était tirée. Roger aimait aussi la sonorité de The Rich Kids, mais Freddie n'était pas convaincu et les persuada de prendre au moins en considération une de ses idées, Queen.

Tout d'abord, Brian et Roger furent sceptiques à son sujet, peut-être en raison de ses consonnances homosexuelle, mais, tous deux remarquaient aussi son potentiel. Il était court, facile à retenir, et avait des connotations royales, théâtrales, dynamiques aussi, aussi, ils acceptèrent tous que celà devienne leur appellation pour l'avenir. Freddie, à cette occasion, gagna sa première victoire, et en avril 1970, les trois donnèrent la vie à Queen.

La première étape était de trouver un bassiste. Roger appela Mike Grose dans les Cornouailles, se souvenant de lui à l'époque Reaction et du PJ's Club à Truro. Mike n'était pas seulement un bon bassiste, mais il possédait également un énorme ampli Marshall et une camionnette Volkswagen, deux éléments indispensables pour un nouveau groupe dans les problèmes. Il accepta de monter à Londres et de jouer avec eux, bien que pour cela il dut quitter son groupe du moment, Bent Cemen. Comme un mauvais présage pour débuter sa carrière avec Queen, le pare-brise de la camionnette de Mike se brisa durant son trajet depuis St-Austell, et il conduisit pratiquement tout le long en priant qu'il ne pleuve pas.

A ce stade, Queen ne possédait guère de matériel, et ce qu'ils avaient était un mélange dépareillé de vieux amplis et de matériel fait-maison. Mais c'était suffisant, durant ces premiers temps, pour qu'ils répètent constamment. Ils avaient pour cela bien de la chance que Brian, qui était extrêmement bien considéré à l'Imperial College, puisse bénéficier de l'utilisation gratuite des amphithéâtres inoccupés et des espaces de stockage dans les salles vides.

Freddie et Brian avaient tous deux quelque expérience de la composition des chansons, et en sauvegardant les chansons des périodes Ibex, Smile et Weckrage et en les adaptant pour qu'elles conviennent à leur nouvelle image, ils répétèrent bon nombre de matériel original. Ils pensaient tous que ce nouveau groupe pourrait combiner l'intensité théâtrale avec une musique rock forte et puissante. C'était important, ils en convenaient, que le public ait quelque chose d'aussi bien à voir qu'à écouter, accordant une chose à Brian, ce n'était pas un point de vue à la mode à l'époque. La prestation personnelle de Freddie était un mélange habile de la force et de la grâce du ballet, un art pour lequel il avait une grande admiration, et du théâtre.

De l'expérience passée, le groupe avait tiré la conclusion qu'ils pourraient s'en tirer avec le plus gros du business musical, et ils étaient bien déterminés à garder le contrôle étroit de leur carrière, sous tous les aspects, Freddie et Roger étaient convaincus qu'ils allaient être 'LE' groupe. Brian était tout autant excité et enthousiaste et certain de l'avenir du groupe, malgré qu'il travaillait encore à sa thèse dans le but de la terminer.

Freddie et Roger étaient devenus des amis inséparables, et on les voyait régulièrement parader sur Kensington High Street, sur leur trente et un, habillés à la dernière mode. Leur stand au Kensington Market leur fournissait tout ce dont ils avaient besoin pour cela, et ils n'avaient aucune gêne à le faire. Ils passaient beaucoup de temps avec des amis au pub Kensington dans Earls Court et au Greyhound, au bas d'une rue voisine du marché, tout le monde vivait à une distance raisonnable des deux établissements, alors ils devinrent leurs lieux de réunions. Les promenades de Freddie sur High Street avaient néanmoins un autre but, à part faire de l'exhibitionnisme. Kensington High Street alors était La Mecque des gens importants du show business et des musiciens, et l'atmosphère qui y régnait ressemblait souvent à celle de Greenwich Village à New York. Vêtu de sa tenue la plus immaculée, souvent Freddie bousculait, 'sans le vouloir', des VIPs de Maisons de Disques ou des collègues musiciens et il les remerciait toujours même si eux n'avaient aucune idée de qui il était, ce qui lui donnait suffisamment de bonnes raisons pour les approcher à nouveau durant des fêtes ou des réunions, avec la possibilité de pouvoir en tirer quelque chose qui en vaille la peine pour Queen.

Quelques mois auparavant, la mère de Roger avait commencé à organiser un évènement caritatif pour la Croix-Rouge au City Hall de Truro, et Roger avait accepté que Smile y joue. Même si Smile n'existait plus, il ne voulait pas la laisser tomber pas plus que l'association, et il emmena l'embryonnaire Queen donner le concert.

CITY HALL, TRURO

Saturday, June 27th, 8 p.m.

SMILE

Disco: Jef Spence D.J. - Lights

Tickets: 7-6 at door or S.W. Rentals

Truro

In aid of B.R.C.S.

Ils étaient accompagnés de John Harris. Pete Edmunds et John Harris avaient cessé de se voir face à face à ce moment-là, puisque selon l'opinion de Pete, John était devenu si proche du groupe qu'il se considérait presque lui-même comme le cinquième membre. Pete avait décidé que ses services n'étaient plus utiles désormais et partit avant même les premiers concerts de Queen.

C'était le 27 juin 1970 et même si sur les affiches on les annoncait encore comme Smile, c'était leur premier concert public sous le nom de Queen. Ils débutèrent leur représentation avec une chanson de Weckrage qu'ils avaient retravaillé, intitulée ' Stone Cold Crazy". Freddie était nerveux, même s'ils avaient bien répété, il n'avait jamais joué auparavant devant un vrai public avec ce groupe et sa prestation scénique n'était pas aussi professionnelle qu'il l'aurait voulu. Mais, fin de compte, le groupe avait bien joué et avait été bien apprécié, et ils avaient même été payés 50 livres sterling pour les frais. L'insistance de Queen sur le fait qu'ils avaient un style visuel bien distinct explique qu'ils jouèrent ce premier concert portant d'impressionnants costumes de scène de soie, de prédominance noir et blanc, certainement très différents des costumes de scène des autres groupes d'alors, qui étaient tous vêtus de blue jeans et de t-shirts. Ils portaient tous également des bagues d'argent, des bracelets et des chaînes autour du cou, à une époque où les hommes ne portaient pas vraiment de bijoux.

A cette époque, Freddie décida de changer de nom. Il trouvait que Bulsara n'était pas vraiment le genre de nom pour quelqu'un qui allait devenir énormément célèbre, sa foi en lui était si forte. Alors il choisit Mercury, le mythique messager des dieux. Il pensait qu'il était plus approprié.

Le groupe organisa un concert dans un amphithéâtre à l'Imperial College pour un public composé de VIPs de maisons de disques, d'invités et d'amis proches, pour prouver combien ils avaient progressé.

Peu de temps après, le 25 juillet 1970, ils étaient réservés pour jouer un concert au PJs à Truro. Malgré le fait que maintenant ils avaient joué déjà deux concerts sous le nom de Queen, c'était la première fois qi'ls étaient annoncés comme tel.

Ce concert, cependant, fut le dernier pour Mike Grose qui jouait de la basse depuis plus de sept ans. Il dit: " Je commençais à en avoir marre de jouer, je voulais essayer d'autres choses, avoir ce que tout lemonde appelle ' un vrai travail', et puis, les Cornouailles me manquaient. Je pensais, même à ce stade précoce, que ce groupe pourrait bien devenir important un de ces jours. Mais, cela ne changea ma décision d'arrêter." Freddie, Brian et Roger trouvaient également, que du point de vue musical, la situation ne marchait pas. Alors, ils se séparèrent amicalement de Mike en août 1970. Les trois autres cherchèrent immédiatement un remplaçant, ils avaient un concert prévu à l'Imperial College pour la fin août, aussi il était temps de faire vite. Un ami de Roger connaissait un bassiste du nom de Barry Mitchell, et lui téléphona pour lui signaler la place vacante au sein de Queen. Barry contacta Roger et une audition fut organisée à l'Imperial College. Ils semblaient tous s'entendre, Barry avait belle apparence, blond et beau gosse, et le temps était compté, alors ils demandèrent à Barry de se joindre à Queen en débutant dès lors.

" Je me sentais tellement étranger à tout çà la première fois que je me joignis au groupe, dit Barry. Ils avaient tout bien répété. Juste avant mon premier concert, Freddie suggéra de nous comporter de manière efféminée et de porter des vêtements féminins. Il désirait vraiment jouer comme çà, mais cela ne se passa pas, Dieu merci!"

Le groupe nouvellement recomposé répétait avec zèle, toujours à l'Imperial, et même jouèrent deux concerts improvisés pour des amis afin de tester leur réaction. Tout ce dont ils avaient besoin désormais, c'était quelques petits concerts pour s'améliorer et faire que cela marche à nouveau, commençant par un concert à l'Imperial le 23 août. Ils utilisèrent un simple éclairage mais portèrent tous des costumes de scène très fantaisistes. Freddie alla même plus loin en se procurant les services de l'habilleuse, Wendy, qui avait fourni quelques-uns des vêtements pour le stand de Kensington. Il lui dessina ce qu'il désirait, et elle le créa: un costume noir, une pièce,avec un profond décolleté à l'avant, et des 'ailes' aux poignets et aux chevilles. Il l'appela son costume Mercury. Wendy en fit également une version blanche, en deux-pièces. Durant le spectacle, des jus de fruits et des paquets de pop-corn avaient été servis gratuitement au public, ils avaient été apporté de bonne heure de l'appartement de Freddie. Le groupe fit en sorte de prouver qu'ils étaient différents en tous points, et ce soir-là, ils s'en sortirent très bien, mais comme le public était composé d'amis du groupe, ils pouvaient avoir été influencés en leur faveur!

Ils continuèrent en donnant un concert au Swiss Cottage à Londres, en septembre, dans une école privée pour enfants américains dont les parents travaillaient à l'Ambassade américaine. Le public était jeune, n'aimait pas vraiment cette musique et le groupe ne jouait pas très bien non plus, mais ils furent payés, alors ils mirent cela sur le compte de l'expérience.

Le 18 septembre 1970, Freddie et Roger baissèrent le rideau de leur stand au Kensington Market en raison du décès de Jimi Hendrix le jour-même. Il avait été d'une très grande influence pour tous les membres du groupe, et ils trouvèrent que sa mort mettait une fin tragique à une brillante et si courte carrière. En hommage, ce soir-là, ils jouèrent 'Voodoo Chili' pendant les répétitions.

Freddie et Roger arrivèrent ensemble à la conclusion qu'ils en avaient assez de partager les appartements avec le monde entier et quiconque qui avait besoin d'un lit et alors ils cherchèrent un appartement qu'ils pourraient partager tous les deux seulement. Freddie trouva l'endroit parfait à louer au Shepherd's Bush, un appartement spacieux avec de plus un piano à queue appartenant au vieux propriétaire !

Queen voulait jouer autant de concerts que possible, et en réserva un au College Estate Management à Kensington le 16 octobre 1970. Ils invitèrent les 120 personnes qu'ils considéraient comme leurs amis les plus proches, parmi lesquels 80 déclinèrent l'invitation, et la plupart de la clientèle du pub Kensington . " Ce soir-là, nous avons assisté à un tel progrès, dit Wendy, qui avait confectionné les costumes de scène de Freddie, et, qui, quelques années plus tard, se mariera avec le premier roadie de Smile, Pete Edmunds. Ils étaient talentueux, ils étaient plus heureux ensemble, ils avaient bien répété. Et il nous est paru évident que nous assistions à la naissance d'un groupe à l'envergure de stars. C'était tellement une fabuleuse expérience."

D'autres concerts furent organisés par l'ex-roadie d'Ibex, Ken Testi. Ken faisait ses études à St-Helens College of Technology dans le Merseyside, et il était secrétaire social de l'université. Comme tel, il avait la charge de réserver les groupes pour jouer durant les bals du College, et son premier souci fut de s'assurer que Queen, avec qui il était toujours en termes amicaux, puisse bénéficier de quelques engagements. "J'étais en position de leur donner du travail. Je reconnaissais le talent quand je le voyais, et, eux, ils en avaient en abondance, tout ce dont ils avaient besoin, c'était de percer."

Les concerts commençaient à devenir plus importants et plus fréquents, dans Londres et autour de Londres, et dans le Merseyside à St-Helens et Liverpool, incluant un date au célèbre Cavern Club où The Beatles avaient tout joué à leurs débuts. Le jour suivant un concert à St-Helens, le groupe avait un peu de temps à tuer avant le retour à Londres, et ils décidèrent de se rendre dans le cinéma du coin spécialisé dans les films pornos. Ils prirent leurs billets et entrèrent dans la salle, le film avait débuté. " Nous nous sommes tous assis, et alors cette énorme paire de nichons est apparu sur l"écran. Ce qui devait arrivé, arriva. Une crise de fou-rire nous prit, dit Barry, nous ne pouvions pas nous arrêter. Le gérant de la salle arriva et nous expulsa. Cela nous fit littéralement étouffer de rire, et nous nous sommes écroulés de rire par-terre, dans le couloir, en sortant."

Pendant leurs trajets vers le nord-ouest, le groupe était obligé de compter sur l'hospitalité des amis pour partager les lits ou les planchers, car ils ne pouvaient pas se payer l'hôtel. Un jour, alors qu'il faisait particulièrement froid à leur arrivée, Brian était resté pour la nuit dans la famille de Pat et Helen Mc Donnell à St-Helens. Il s'était assis dans le living room devant le feu, et il avait étendu ses jambes au-dessus du foyer de la cheminée. Helen dit: "Soudain, nous avons senti le brûlé. C'était terrible, une odeur épouvantable. Mon père fut le premier à réaliser que c'étaient les boots de Brian, elles étaient en train de fondre!"

En janvier 1971, Barry avait décidé que cela ne lui convenait plus. Il y avait quelques tensions dans le groupe, mais aussi, les choses n'avançaient pas assez vite. Il était impatient de commencer à gagner de l'argent dont il avait grand besoin, tandis que les trois autres, au contraire, étaient bien préparés à consacrer tout leur temps et tout leur travail à leurs compositions et à leurs spectacles, sachant très bien que cela ne paierait qu'à long terme.Barry joua deux concerts de plus avec eux, le 8 janvier au Marquee dans Wardour Street et le 9 janvier au Ewell Technical College dans le Surrey. Queen et Genesis étaient en première partie de Kevin Ayres et de The Whole World Band, après quoi Barry et le reste du groupe se séparèrent et les recherches reprirent pour trouver un autre bassiste. Ils auditionnèrent plusieurs personnes, et finalement portèrent leur choix sur un gars qui s'appelait Doug, principalement parce qu'il avait un bon assortiment de matériel. Les répétitions débutèrent pour intégrer Doug au groupe et tout semblait se passer pour le mieux.

En février, Queen donna deux concerts, un au Hornsey Town Hall, et l'autre au Kingston Polytechnic, tout près de chez Doug, en première partie de Yes. Après avoir pris soin de leurs amis, étant techniciens de la lumière de fortune pour ce concert, Queen monta sur scène. Mais, Doug avait invité tous ses amis au spectacle, et peu après le début du concert, il prit complètement le devant de la scène. Il fit son extravagante prestation personnelle, " il sautait de bas en haut de la manière la plus incongrue, dit Brian, volant la vedette à tout le reste du groupe." Le jour suivant, Doug était viré.

Cela devenait incroyablement démoralisant pour le reste du groupe alors qu'ils se séparaient de leur troisième bassiste, Brian et Roger se consolèrent en accompagnant John Harris, qui était toujours avec eux, à un bal au Maria Assumpta Teacher Training College. Durant la soirée, ils furent présentés à un ami d'un ami, John Deacon. Il se révéla qu'il était bassiste, et, bien sûr, la discussion portat sur la musique. Roger et Brian lui parlèrent de leurs problèmes avec les bassistes, et ils lui demandèrent si une audition pourrait l'intéresser. John, qui ne faisait pas partie d'un groupe à cette époque, accepta leur offre et s'arrangea pour les rencontrer dans les deux jours qui suivirent.

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johnface

JOHN RICHARD DEACON

 John Richard Deacon est né le dimanche 19 août 1951 au St-Francis Private Hospital, London Road, Leicester, Angleterre, de Lillian Molly et Arthur Henry Deacon. Arthur Deacon travaillait pour The Norwich Union Assurances à Leicester. Le tranquille et timide John entra à l'école primaire, The Lindon Junior School à Evington, en 1956, année de la naissance de sa soeur Julie. A l'âge de sept ans, ses parents lui offrirent sa première guitare, une " Tommy Steele" spéciale en plastique rouge. En 1960, la famille déménagea pour Oadby, ville proche de Leicester, et John entra The Langmoor Junior School.

Le père de John encouragea son fils à s'intéresser à son propre hobby, l'électronique, passe-temps auquel John consacra vite beaucoup de temps. Il répara un vieux magnétophone et s'en servit pour enregistrer la radio, habituellement The Beatles et le Hit-Parade de Alan Freeman. Au début des années 60, son intérêt pour la musique grandissant, il acheta les deux premiers albums des Beatles en cassette hi-fi. Bien qu'il aima beaucoup la musique, l'électronique devint son passe-temps principal et il espérait faire de ce passe-temps une vraie carrière. Alors qu'il était âgé de dix ans, son père lui ayant donné un ancien récepteur de radio, il passait des heures, dans la cabane du jardin, à repérer les différentes stations et à écouter les nouvelles. Son père et lui, passaient également beaucoup de temps ensemble à jouer au train électrique et à pêcher dans la rivière et le canal proches de la maison familiale.

En 1962, à l'âge de 11 ans, John entra à The Gartree High School à Leicester où il se montra un élève moyen, travaillant juste ce qu'il fallait. Grand fan des Beatles, il avait décidé d'apprendre à jouer de la guitare, et, économisa l'argent qu'il gagnait en faisant la tournée de journaux le matin, entre autres petits jobs, pour s'acheter sa première guitare. Il eut vite économisé suffisamment pour une guitare sèche, et il commença à apprendre à en jouer. Il s'y mit avec son habituelle persévérance, et bientôt, ses amis et lui se réunirent dans le garage d'un copain pour répéter. Ce fut durant ces premières répétitions que John réalisa qu'il prenait plaisir à faire partie d'un groupe, et très vite, il réserva tous ses week-ends et même les soirs après les cours pour retourner jouer avec eux. Son copain Roger 'Spoldge' Ogden et lui, jouaient sur le fond sonore des disques ou écoutaient des cassettes de chansons jouées par d'autres groupes, et achetaient également des partitions musicales pour apprendre les accords des chansons populaires.

Le père de John décéda cette même année, ils étaient si liés et si proches que cela choqua profondément John. Il trouva un peu de consolation dans la musique et avec ses amis du groupe.

A l'âge de 14 ans, John forma son premier groupe, The Opposition. Le chanteur était Richard Young qui était leplus âgé de tous et travaillait pour la compagnie de son père. Il avait un petit peu plus d'argent que les autres et possédait un orgue Hammond et avait les moyens d'acquérir du matériel tels des microphones et des amplis. Il aida également les autres à s'acheter leur matériel. Le bassiste était Clive Castledine, le batteur Nigel Bullen avec qui John avait répété auparavant , et John lui-même était à la guitare rythmique. Il utilisait une Hofner, empruntée à Richard, qui n'avait qu'un seul microphone en état de marche, à l'origine elle en avait trois, mais Richard en avait pris deux pour améliorer la sienne. John avait compris bien vite que sa guitare sèche ne faisait pas l'affaire, aussi il s'était acheté une Broadway Solid d'occasion pour 5 livres sterling au magasin de musique du coin, qui s'avéra impossible à jouer, d'où l'emprunt de la guitare!

La première prestation du groupe en tant que The Opposition se déroula dans le garage de Nigel Bullen, début 1965. Le groupe jouait un mélange de pop, soul musique et de chansons Tamla Motown, des titres à la mode à cette époque. Ils écrivirent eux-mêmes un morceau appelé ' Heart Full Of Soul'.

Le 25 septembre 1965, " The Opposition" joua sa première prestation lors d'une fête dans la maison de Clive Castledine. Un mois après seulement, ils faisaient leurs vrais débuts dans le hall de Gartree School, où ils s'en sortirent exceptionnellement bien. Ces jeunes musiciens étaient tellement à la recherche de travail qu'ils passèrent une annonce dans le journal local, The Oadby and Wigston Advertiser, qui signalait qu'ils étaient disponibles pour 'des réservations, bals, fêtes, etc...' ce qui leur coûta la coquette somme de 32 shillings pour deux semaines.

En novembre 1965, The Opposition ayant joué quelques concerts, ils décidèrent d'essayer un nouveau chanteur pour ajouter des harmonies. Richard Frew devint le nouveau membre, ce qui signifiait qu'un nouveau microphone devait être ajouté à liste déjà longue de matériel à acheter. Cependant, une répétition, en décembre, fut le théâtre du premier des nombreux changements de composition du groupe, lorsqu'ils virèrent Richard sans autre forme de procès.

Le 4 décembre 1965, The Opposition joua son premier concert important en première partie du groupe local, The Rapid Raves, à The Co-operative Hall à Enderby, où ils furent payés 2 livres sterling.

The Opposition donna beaucoup de représentations à Leicester et dans ses alentours, à Enderby, Wigston, Evington, et Countesthorpe. Ils commençaient à avoir un public de plus en plus important, lorsqu'en avril 1966, ils engagèrent un nouveau membre, Pete 'Pedro' Bart, qui possédait un microphone Reslo. Ce même mois, Clive Castledine quitta le groupe laissant la place de bassiste vacante, place que John se dépêcha d'occuper, à l'occasion il acheta même sa première basse, une EKO, dans un magasin de musique pour 22 livres sterling, laissant Pedro prendre sa place à la guitare rythmique.

En mai 1966, ils devinrent "The New Opposition" en raison des remaniements internes du groupe. Le groupe jouait tous les week-ends et quelques soirs de semaines aussi dans des pubs, des clubs, des halls, lors de fêtes, de mariages, en première partie de groupes du coin ou en tête d'affiche. En août 1966, il eut une soirée mémorable, alors qu'ils jouaient à nouveau en première partie de The Rapids Rave, bien des gens dans le public trouvèrent que The New Opposition avait vraiment été bien meilleur que le groupe en vedette!

En septembre 1966, John entra à la Beauchamp Grammar School à Leicester. Il était toujours passionné par l'électronique et il démarra dans sa nouvelle école plein d'enthousiasme et de grandes idées pour l'avenir.

The New Opposition joua en octobre 1966 au Leicester Casino pour The Midland Beat Championships, l'autre groupe qui devait jouer, The Stray, n'arrivèrent pas, aussi, The New Opposition gagna sa participation aux demi-finales, et ils furent payés 5 livres sterling.

En janvier 1967, New Opposition pensait qu'il devait changer de nom. Plusieurs propositions furent faites, incluant The New Hood and Feelin'. Aucun de ceux-ci ne convenait, aussi, ils revinrent à leur appellation d'origine The Opposition. En février, une photo d'eux parut dans le journal "The Oadby and Wigston Advertiser" pour les féliciter ' the Oadby Beat Group' d'atteindre la finale du "Midland Beat Championships" qui devait se dérouler à the De Montfort Hall à Leicester, qui n'eut pas lieu, cependant, car personne n'avait pensé à louer la salle. Désormais, le groupe se composait de Nigel Bullen, Richard Young, Ronald Chester, David Williams et John Deacon.

Toute l'année 1967, the Opposition joua des concerts dans des clubs et des fêtes privées, dans des bases RAF et la base USAF à Molesworth. Leur spectacle sur scène comprenait désormais deux go-go danseuses, Jenny et Charmain, et le groupe soignait davantage son apparence, ils portaient tous des chemises de soie de différentes couleurs. Pour un groupe aussi jeune, ils gagnaient de bons salaires durant la tournée, de 10 à 15 livres sterling par soirée ou plus.

Au début 1968, The Opposition avait des réservations pour tous les week-ends à venir, et avait économisé assez d'argent pour penser à acquérir une camionnette, jusqu'à maintenant ils avaient dû compter sur les amis et les connaissances pour les emmener et les ramener des concerts. Durant l'entracte lors d'un concert au Roundhills Youth Centre, ils s'échappèrent pour acheter une camionnette Morris J2 1961 bleue d'occasion.

Ils changèrent à nouveau de nom en mars 1968, le groupe se mit d'accord à l'unanimité pour Art, suggéré par David Williams. Ils doivent avoir été un des premiers groupes locaux à utiliser leurs propres jeux de lumières pendant leurs concerts, assez puissants pour améliorer le spectacle. Les réservations de concerts venaient de plus en plus loin maintenant, St-Neots, Kettering, Melton, Nombray, mais les choses marchaient trop bien. En septembre 1968, Richard Young, un des plus anciens membres du groupe, les quitta. Il leur dit qu'il avait fondé lui-même un autre groupe.

John avait maintenant 17 ans, étudiant pour son A levels et faisant coïncider ses études avec les concerts. Il avait toujours pensé qu'il continuerait à Londres, et avait travaillé très dur à ses études entre les concerts. Son but était toujours de faire de l'électronique une carrière à plein-temps et, en juin 1969, il quitta Beauchamp Grammar School avec 8 O-Levels en English Language, English Literature, Maths, Physics, Chemistry, Biology, French, et Special Maths, plus 3 A-Levels en Maths, Further Maths, et Physics. Il fut admis au Chelsea College, Université de Londres, pour étudier l'électronique. Il devait débuter ses cours en octobre 1969, et, en août, il joua son dernier concert avec Art à The Great Glen Youth Club. Il détestait l'idée que quelqu'un allait le remplacer au sein du groupe, mais partir à Londres était plus important, et il les quitta en espérant que quelque chose de génial arrive dans The Big City. Art le remplaça rapidement par un bassiste appelé John Savage.

Pendant sa première année au college, John n'était pas sur la scène musicale, bien qu'il ait emmené sa vieille guitare sèche avec lui, au cas où. Le temps passait sans que rien ne se passe, et il resta entièrement dévoué à ses études, consacrant tout son temps à son travail.

Néanmoins, il se rendait aux concerts qui avaient lieu dans son College et dans les autres aussi, et vit beaucoup de groupes du coin et de groupes qui faisaient la tournée étudiante. Un soir d'octobre 1970, il assista à un gig au College Of Estate Management à Kensington donné par un groupe appelé Queen. Il se souvient: " Ils étaient tous vêtus de noir et les lumières étaient très faibles également, alors tout ce que j'ai pu voir, en réalité ce sont quatre vagues silhouettes. Ils ne m'avaient pas fait très forte impression à l'époque."

Alors qu'il débutait sa seconde année au Chelsea College, John réalisait que la musique lui manquait ainsi que de faire partie d'un groupe, il avait fait partie d'un groupe depuis si longtemps qu'il trouvait trop dur de tout laisser tomber complètement. Il persuada sa mère de lui ramener tout son matériel à Londres, malgré qu'il n'eut aucune idée de ce qu'il allait en faire. Il partageait un appartement dans Queensgate avec Peter Stoddart, un copain étudiant guitariste, et, quelques fois, ils jouaient ensemble, histoire d'improviser et de pratiquer.

Ils joignirent leurs forces avec deux autres collègues étudiants, Don Carter à la basse, et Albert, guitariste également, et, ils faisaient des boeufs ensemble, jouant des covers de titres connus, aucun d'eux ne s'étant jamais aventuré à la composition. Ils n'avaient pas de nom, puisqu'ils n'avaient jamais joué de concert et qu'ils n'avaient jamais pensé à le faire, mais ils furent contactés et on leur demanda de jouer un concert au College avec deux autres groupes le 21 novembre 1970.

Comme ils allaient être annoncés, ils avaient besoin d'un nom et choisirent Deacon pour ce gig seulement. Le groupe joua du blues et des airs de type R&B, mais, même si John jouait à nouveau, il n'était pas heureux. Le groupe n'était pas très bon. Ils regardait régulièrement, dans les revues musicales, dans la rubrique ' On recherche musiciens' mais il ne se rendit qu'à une seule audition. Il n'eut pas la place, alors il passa tout l'été à travailler comme garçon de café pour The British Tourist Authority à Londres pour gagner un peu d'argent.

Début 1971, il se rendit à un bal avec Peter Stoddart et une de ses amis, Christine Farnell, au Maria Assumpta Teacher Training College. Christine présenta John à trois de ses amis, Roger Taylor, Brian May et John Harris. Roger et Brian étaient tous membres de Queen, le groupe que John avait vu sur scène récemment, et ils recherchaient un bassiste. Ils lui demandèrent s'il était intéressé par une audition.

Il se rendit quelques jours plus tard dans un amphithéâtre à l'Imperial College où Queen avait fait des installations pour répéter. Le matériel jonchait le sol, ils avaient des amplis AC30, un kit de batterie, et Freddie, le chanteur, avait un microphone et un petit ampli. John arriva avec sa guitare basse et un minuscule ampli, ' il devint connu sous le nom de ' Deacy Amp') et commença à apprendre ' Son & Daughter' et deux ou trois autres titres que Queen jouait à cette époque. L'audition se termina avec eux tous jouant du blues lors d'un boeuf interminable. John les quitta ce soir-là avec la promesse qu'il serait contacté bientôt, et le reste du groupe commença à discuter sérieusement à son sujet. Roger dit:" Nous trouvions qu'il était très bien. Nous étions tellement habitués les uns aux autres, et étions donc si excessifs, nous pensions que comme il était si tranquille, il s'intégrerait à nous sans trop de remue-ménage. C'était aussi un grand bassiste, et le fait qu'il soit un magicien en électronique fut le facteur déterminant et définitif!"

Quelques jours plus tard, ils lui téléphonèrent, et, ils lui demandèrent de se joindre à eux. Fin février 1971, John Deacon devint le quatrième et le dernier membre du groupe basé à Kensington appelé Queen.

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LES ANNEES TRIDENT.

Brian, Freddie et Roger savaient qu'ils avaient enfin trouvé le quatrième membre de Queen et ils se jetèrent dans des répétitions intensives, histoire de familiariser John avec leur répertoire, ( répétitions qui durèrent tout de même cinq mois!).

Même si John était très occupé avec Queen, et, aussi avec ses études d'électronique, il se rendait toujours à des bals et à des soirées dansantes dans d'autres universités, et, c'est lors d'une de ces soirées au Maria Assumpta College, en mars, qu'il rencontra Veronica Tetzlaff, une étudiante. Après cette soirée, ils continuèrent à se revoir régulièrement.

Il continuait à étudier, même s'il considérait Queen comme son passeport pour une carrière musicale, il trouvait censé d'obtenir sa license avant, il avait travaillé tellement dur pour cela. Brian travaillait encore à sa thèse également, lui aussi! Ils savaient tous combien les affaires du spectacle sont hasardeuses, et, ils voulaient assurer leurs arrières en ayant un bagage solide au cas où leur carrière n'aboutirait à rien!

Le premier concert de John avec Queen eut lieu dans une université du Surrey en juillet 1971. Il était très content de porter une de ses chemises favorites, mais Freddie ne l'aimait pas et il insista pour qu'il enfile un de ses T-shirts. Cela ne commençait pas très bien, mais ils ne découragèrent pas, et, le concert, bien que modeste, reçut un bon accueil. Peu de temps après, le 11 juillet, Queen joua à l'Imperial College. Ce fut un soir assez stressant pour John, comme la plus grande partie du public de l'Imperial College avait vu déjà de nombreuses fois Queen jouant avec divers bassistes, malgré cela John fit ses preuves comme membre du groupe digne de respect. C'était un concert où le public se vit encore offrir des pop-corns fait-maison. Le groupe avait passé la matinée à les préparer dans la minuscule cuisine de Brian ( un corridor transformé en cuisine!) dans son appartement de Queensgate Terrace! Parmi le public, ce soir-là, il y avait John Anthony qui leur dit avant de les quitter: ' Je vous rappelle très vite!...'

Arrivé à ce stade, Roger décida qu'il devait se réinscrire en extra dans un cours universitaire pour obtenir une licence de biologie, ce qui lui rendrait possible l'obtention des bourses étudiantes.

Il fut admis à la North London Polytechnic début juillet 1971. Les cours qu'il suivait étaient des cours de biologie animale et végétale, et son premier sujet fut d'étudier la vie de la végétation exotique au Kew Gardens de Londres.

© Jef Simonet

Queen désirait se produire en public aussi souvent que possible, les répétitions se déroulaient toujours extrêmement bien et étaient satisfaisantes, mais le plaisir était de jouer sur scène.

Roger organisa une petite tournée dans sa région des Cornouailles. Sa mère n'était pas très chaude à l'idée de devoir retrouver sans arrêt tout le groupe et ses acompagnants dormant sur le sol du salon, surtout que cette fois-ci, ils étaient encore plus nombreux, en comptant les roadies, les petites amies, les amis et les gens qui vivaient à leurs crochets. Aussi, ils louèrent un petit pavillon de trois chambres dans la banlieue de Truro.

La tournée comprenait quelques endroits prestigieux tels The Wadebridge Young Farmers Club- RAF Culdrose, et un pub à St-Agnes appelé The Driftwood Spars. Le propriétaire de ce dernier protesta lorsque le groupe commença à jouer, leur disant que le volume était beaucoup trop fort, et il leur demanda de bien vouloir baisser le son, mais Queen était bien déterminé, ils pensaient que le volume étaient adéquat et donc ne le baissèrent pas. Après le concert, lorsque le matériel fut plié et rangé dans les camionnettes, une longue et violente conversation s'ensuivit. A part eux, personne ne sut ce qui s'était dit ou sous-entendu, mais, finalement tout s'arrangea et ils furent payés pour le spectacle, bien que, alors qu'ils fuyaient le pub à bord de leur camionnette, un groupe de gars du coin les prit en chasse dans une vieille voiture. Le groupe réussit à mettre de la distance entre eux, leur échappant de justesse!

D'un bout à l'autre de la tournée, les affichent annonçaient régulièrement ' Roger Taylor et Queen', et même une fois à Truro, ce que les autres ne lui ont jamais permis d'oublier: 'The Legendary Cornish Drummer Roger Taylor' imprimé en grosses lettres capitales et plus petit en-dessous: 'et son groupe Queen'.

Leur dernière représentation de la 'Cornish Tour' était également leur premier concert en plein-air, un festival au Tregye Country Club à Carnon Downs, dans les environs de Truro, le 21 août 1971. Queen était en avant-avant-dernière position sur une liste dominée par Arthur Brown's Kingdom Come and Hawkwind. Les billets étaient au prix de £1.25 l'un pour neuf groupes, et les affiches annonçaient ' Restauration, défonce, bar avec licence, et autres petites choses agréables...'

Lorsqu'ils retournèrent à Londres en septembre, Brian décida d'organiser un concert à l'Imperial College en guise de show de démonstration en direction de quelques agences musicales responsables des réservations de groupes pour des concerts à Londres. Queen avait déjà beaucoup de concerts prévus d'avance, mais dont le groupe pensait que ce n'étaient que de petits concerts. Ils sentaient qu'ils étaient capables d'assurer de plus gros et de meilleurs concerts. Brian persuada plusieurs représentants d'agences d'assister au concert dans l'un des amphithéâtres, mais aucun des représentants ne fut impressionné. Queen n'obtint donc pas de réservation à la fin du concert, et le groupe commençait à se décourager. La célébrité était une chose tellement difficile à atteindre!

© Jef Simonet

Autour de septembre 1971, Brian fit la rencontre de l'un de ses anciens amis, Terry Yeadon, qui s'occupait de l'organisation d'un nouveau studio d'enregistrement à Wembley, appelé De Lane Lea. Ils avaient besoin pour ces studios de musiciens pour mettre à l'épreuve le matériel qu'ils avaient installé ( et de préférence un groupe qui sache jouer fort!). L'affaire consistait à ce que les musiciens enregistrent en utilisant le matériel, et le personnel du studio serait à côté pour les écouter et les observer. En retour de ses services, le groupe pourrait enregistrer ses cassettes-démo gratuitement.

C'était une opportunité à saisir, et, bien sûr, Queen sauta dessus. Non seulement ils pourraient faire leurs importantes cassettes-démo, mais ils auraient également davantage l'occasion de rencontrer des producteurs et des ingénieurs du son, et des gens importants et indispensables pour leur avenir!

Le producteur-ingénieur avec lequel ils testaient le matériel s'appelait Louie Austin et, comme Roger et Brian avaient déjà eu une expérience en studio, ils étaient capables de travailler ensemble extrêmement minutieusement. Ils étaient tous au courant du fait que les cassettes seraient aussi bonnes et aussi professionnelles qu'il serait possible de le faire, et, ils avaient des idées très arrêtées sur la façon dont ils enregistraient et mixaient. "Ils étaient très affairés, se souvient Louie. Les chansons étaient réalisées une par une. Ils désiraient toujours continuer jusqu'à la perfection. Cela demandait parfois beaucoup de temps, mais, ils ont également fait beaucoup de 'conneries' à cette époque!"

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Le temps qu'ils passèrent aux De Lane Lea Studios était laborieux, ils devaient changer de studio constamment, démontant leur matériel, le déménageant eux-mêmes, et alors devaient ré-organiser tout à nouveau la porte à côté. Mais le temps qu'ils passèrent dans chacun de ces studios, spécialement dans le plus grand, ne fut jamais gaspillé. Ils réalisèrent leurs cassettes-démo gratuites, et, répétèrent leur spectacle de scène, sans être dérangés.

Les problèmes, dans ces nouveaux studios, étaient continuels. Durant une séance, il leur sembla entendre des cliquètements pendant l'enregistrement et ne purent travailler jusqu'à ce qu'ils réalisent que ce cliquètement se produisait à chaque fois qu'ils touchaient du métal, or le sol du studio était parsemé de gaines métalliques servant à conduire les câbles électriques. Lorsque le moment fut venu de faire la prise de son, et, que l'enregistrement commença, chacun d'eux dû rester immobile jusqu'à ce que les cassettes soient terminées!

Ils enregistrèrent quatre de leurs compositions, 'Liar', 'Keep Yourself Alive', 'The Night Comes Down' et 'Jesus'. Une partie de 'Liar' provenait d'une chanson d'Ibex co-écrite avec Mike Bersin appelée ' Lover'.

Brian dit: 'J'avais entendu Weckrage jouer ce morceau en répétition, et j'aimais particulièrement un riff, mais le reste de la chanson a été complètement remanié énergiquement par nous quatre, en utilisant mes riffs et les mots de Freddie. Et, il réside vraiment un à-côté en rapport avec ceci. 'Liar' fut une des premières chansons sur laquelle nous avons travaillé ensemble, et, il apparut une question cruciale, tandis que nous nous demandions si nous serions tous auteurs-compositeurs des chansons dans quelque cas que ce soit! Freddie alors trancha: "A ce que je sache, la personne qui écrit les paroles a effectivement écrit la chanson!". Ce n'était sûrement pas la solution la plus logique, mais, ce fut la règle qui dirigea notre façon de travailler, et que nous avons utilisée, pratiquement inchangée, jusqu'à nos deux derniers albums, lorsque nous avons, enfin, décider de signer ensemble toutes les chansons. Ce règlement nous a certainement, pour le moins, découragés de co-écrire les paroles pendant longtemps, et plutôt orientés vers une production individuelle des chansons, en général, ce qui fut très aigu au moment des enregistrements à Munich!'

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Ils étaient tous très contents du résultat de leur enregistrement final: leur attitude très professionnelle avait rendu le travail facile à Louie. Ils savaient, toujours exactement ce qu'ils voulaient, et, il ne lui restait plus qu'à les conseiller pour la réalisation. Même avec tous les problèmes auxquels ils avaient du faire face, ils s'en étaient sortis intacts, leur enthousiasme au beau fixe!

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A cette époque, Roger se sentait dépassé entre la scène et le stand du Kensington Market, (il pensait qu'il était musicien et non-pas vendeur des quatre-saisons!) aussi, il laissa le stand à Freddie, qui en avait la compétence et la volonté. Alan Mair était un collègue possédant son propre stand au Market; Freddie et lui s'associèrent pour vendre le plus possible de vêtements, de bijoux, et de boots très mode aussi. Le stand d'Alan était juste en face d'un stand de vêtements féminins, et, Freddie ne mit pas longtemps à comprendre qu'avec simplement quelques petits ajustements des glaces dans les cabines d'essayage féminin, et en poussant juste un peu sa caisse, et celle du stand d'Alan, ils pouvaient avoir une belle vue sur les femmes en train de se déshabiller!

Freddie avait toujours beaucoup d'amis à Kensington, et, il était devenu proche d'une en particulier, qu'il avait rencontrée en 1970 alors qu'elle entretenait un flirt avec Brian May, la gérante de la boutique Biba de Kensington High Street: Mary Austin. "J'avais sympathisé avec Freddie depuis six mois au moins pour le voir finalement décliner toutes mes approches, dit-elle, le voir sans arrêt remettre à plus tard m'avait fait naître des doutes. Je pensais qu'il était attiré par mon meilleur ami, aussi, je pris l'habitude de l'éviter. Un soir, alors que nous assistions à l'un de ses concerts, après la fin, il vint me chercher, je l'ai abandonné au bar avec mon ami pour aller aux toilettes, mais, en réalité, je m'étais enfuie, il était furieux!". Mais, finalement, il vaincu sa timidité maladive et il eut le courage de faire sa demande, et, elle devint sa compagne.

Le 9 décembre 1971, Queen joua un concert à la piscine de Epson dans le Surrey. Ils étaient en première partie de Arthur Brown's Kingdom Come Again. Ce fut un concert épouvantable: l'acoustique était faible, et, comme toujours dans les piscines, il y avait de l'écho, même si le bassin était couvert de planches.

Fin 1971, Queen était toujours relativement inconnu sauf des étudiants de l'Imperial College et de quelques fans des Cornouailles et du Merseyside, mais, le groupe était toujours déterminé à embrasser cette carrière. Freddie dit: "Nous n'avons jamais douté, darling, je 'savais' que nous pouvions le faire, et, je l'affirmais à quiconque nous questionnait à ce sujet!"

Queen utilisait toujours les studios De Lane Lea, faisant la démonstration des nouveaux équipements pour les clients potentiels, lorsque John Anthony leur rendit visite. Il se souvenait de Roger et de Brian à l'époque de Smile, et, il était accompagné de Roy Thomas Baker qui travaillait dans une compagnie d'imprésarios appelée Trident. Ils étaient aux studios dans l'intention de les utiliser pour leurs projets futurs, mais, ils virent Queen, ils s'arrêtèrent un moment pour les regarder et les écouter avec intérêt. John commençait à réaliser combien Roger et Brian avaient évolué depuis les séances d'enregistrement de Smile. Il eut un entretien avec le groupe et ils lui offrirent une cassette-démo pour qu'ils l'écoutent.

Roy et John étaient très enthousiasmés par le groupe qu'ils venaient de voir et ils écoutèrent la cassette afin de se convaincre que ce qu'ils avaient écouté était aussi impressionnant qu'ils le pensaient. Ils firent écouter la cassette au patron du Trident, Norman Sheffield: " Vous pouviez dire qu'il y avait là des talents individuels, et, ils savaient jouer, c'étaient même de très bons musiciens! Mais, j'étais réservé quant à prendre quelque risque ou engagement à un stade aussi précoce!"

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Avec en mains la cassette-démo, Brian, Roger et Ken Testi, qui vivait à nouveau à Londres, commencèrent à faire le tour des Maisons de Disques. C'étaient des entretiens désagréables, arrivant à la réception et étant accueillis par des réceptionnistes qui les prenaient à la légère, leur refusant d'approcher la personne chargée du secteur Artistes & Répertoire. C'était sans arrêt: "Désolé, le A&R est parti déjeuner!", " Désolé, vous ne pouvez pas voir Mr Ceci-Cela car il est déjà en entretien avec quelqu'un!", et encore et encore....!

En janvier 1972, John organisa un concert au Bedford College, (il avait des amis, là, qui lui avaient certifié que ce serait bien!), le public, ce soir-là, fut constitué en tout et pour tout, de six personnes, et cela fut un des moments les plus embarrassants de la vie de John!

Finalement, Tony Sheraton-Smith, le patron de Chrysalys Records vu un intérêt dans le groupe, et alla même jusqu'à proposer une affaire à Queen. C'était, pour le moins, une avancée, mais, après en avoir beaucoup discuté, Queen refusèrent leur proposition. Chrysalys avait fait une offre, mais ils n'offraient pas assez de gages pour quatre jeunes musiciens fauchés ayant besoin de matériel!

Trident réfléchissait toujours quant à une proposition d'engagement avec Queen, mais, voulait les revoir avant de prendre une décision. Il voulait également savoir si quelque grosse Maison de Disques serait intéressée par ce qu'ils faisaient. Queen était réservé pour jouer à un bal dans un hôpital de Forest Hill à Londres, le 24 mars 1972, et Barry Sheffield, son frère Norman, et l'autre co-propriétaire de Trident décidèrent, sur les conseils de Roy Thomas Baker, d'aller les voir jouer.

Ce fut une bonne soirée, Queen était détendu et joyeux, et leur public aussi. Barry fut très nettement impressionné, et, là, à cet endroit, ce soir-là, offrit à Queen un contrat avec les Trident Audio Productions.

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En mai 1972, ils étaient prêts à signer le contrat avec Trident, mais, insistèrent pour qu'il y ait trois contrats bien distincts, les droits de publication, le contrat d'enregistrement et le contrat de production qui devaient être trois contrats négociés séparément ou alors le groupe refuserait. Ils tentaient leur chance, comme Trident pouvait avoir trouvé qu'ils valaient la peine, mais Trident était convaincu que le groupe leur forçait la main, et, les trois contrats furent préparés mais, pas encore signés.

Trident acheta à Queen un P.A. System neuf et de nouveaux intruments pour tous, sauf pour Brian qui était très content de sa Red Special faite-maison!

Barry et Norman Sheffield avaient de longues conversations au sujet de leurs espérances concernant leurs poulains, tous deux certains qu'ils pouvaient faire quelque chose de ce groupe, même si quelques-uns de leurs collègues des affaires du show-biz pensaient qu'ils étaient fous de s'occuper d'un groupe avec un nom comme 'Queen'! Mais, c'est ce qu'ils allaient faire! Quand bien même Norman avait juré à Queen qu'il s'occuperait personnellement d'eux et de leur avenir, il savait pertinemment qu'il aurait besoin d'un manager à plein-temps pour traiter les affaires courantes du groupe!

The Trident Audio Productions avaient été fondés par Norman et Barry Sheffield sur les conseils et l'aide d'un américain: Jack Nelson. Aux Etats-Unis, Jack avait travaillé pour une petite Maison de Disques progressive appelée Blue Thumb. Il avait été présenté à Norman Sheffield par une connaissances des deux, et il était fasciné par la musique sortant des studios Trident, qui étaient considérés parmi les studios les plus en vogue de Londres, et le travail des ingénieurs du son, tels Robin Cable, Ken Scott et Roy Baker, était fort apprécié!!

Jack avait donné l'idée à Norman de fonder une Maison de Productions avec le projet de la transformer, le cas échéant, en Maison de Disques. Son engagement, à ce moment-là, était simplement à titre de consultant, aussi, lorsqu'il eut besoin d'un conseil d'organisation, la première pensée de Norman fut pour Jack Nelson!

Norman s'envola pour les USA pour avoir un entretien avec Jack, emmenant avec lui les cassettes des trois groupes qu'il était en train de 'marchander': Queen, Eugene Wallace, et Mark Ashton and Headston. (Ce que Queen ignorait!). Jack écouta les cassettes et fut immédiatement intéressé, particulièrement par Queen. Il dit: '"J'ai écouté le son de Queen, et je sus qu'ils avaient un avenir, et comment ne l'aurais-je pas su? Je savais que John Anthony avait l'oreille pour reconnaître le talent, et, ceci en était une preuve de plus!"

Jack accepta de s'engager avec Trident, et la partie des affaires dont il voulait s'occuper avec Norman Sheffield: c'était Queen. Il fit écouter la cassette de Queen à tous ceux qu'il appréciait, et aucun d'eux ne voulut plus rien savoir. " Ils me dirent, tous, que Queen ne percerait jamais! Ils étaient fous! Mais il fallait que je trouve quelqu'un de qualifié. Nous avions un investissement financier dans Queen, et, dans leur carrière!". Jack rencontra les meilleurs managers qu'il connaissait, mais, tous refusèrent. "Ils ne voyaient rien!" commente Jack!

Alors, il courut voir un ami, à Londres, qui travaillait pour le manager américain Dee Anthony. Jack lui parla de Queen, et, son ami lui proposa d'organiser une rencontre avec Dee. A minuit, cette nuit-là, dans sa maison d'Hampstead, Jack reçut un appel téléphonique, et il apprit que Dee voulait le voir, de suite! Il se leva et se rendit à Park Lane, arrivant bien après une heure du matin. Il fit écouter la cassette, et Dee s'écria: " Non, non, non, j'ai réservé un groupe appelé Humble Pie qui sont partis pour être bien meilleurs que ce groupe ne le sera jamais!". Il dit à Jack qu'il n'avait qu'à être lui-même le manager du groupe, lui rappelant que s'il était prêt à se rendre à un rendez-vous pour eux à cette heure-là du matin, c'est qu'il avait déjà commencé à être leur manager! Ensuite, de retour chez lui, Jack décida de suivre les conseils de Dee. Il connaissait les affaires du show-biz aussi bien qu'un autre, aussi pourquoi pas?

"Durant l'été 1972, j'ai amené la cassette-démo à EMI pour voir s'ils seraient intéressés et donc signeraient un contrat à Queen! dit Jack. Ils avaient été déjà repoussés par DECCA, mais EMI étaient à cette époque, occupés à monter un Label Rock Music. Les artistes précédents avaient été réalisés sous le Label HIS MASTER VOICE et EMI voulait marquer une différence entre ses réalisations anciennes, de type romance, et les nouveaux jeunes talents qu'ils envisagaient. Je leur proposais le paquet des trois réalisations qui m'avaient été soumises, mais EMI répondirent qu'ils voulaient seulement Queen. Trident ne voulait pas de compromis, c'était tout ou rien, aussi, EMI refusa!"

Indécourageables, Trident envoya Queen dans leurs studios d'enregistrement 24-tracks pour commencer à travailler sur un album. Bien que Trident eut de grands espoirs dans le groupe, les studios étaient très occupés, et, Queen ne se vit offrir que les 'temps morts' pour pouvoir enregistrer, autrement dit, ils ne pouvaient travailler que lorsque les autres avaient fini, c'est-à-dire, assez tard dans la nuit, ou les week-ends. Les artistes utilisant les studios la plupart du temps, étaient notamment David Bowie, The Beach Boys, The Rolling Stones, et Elton John. Mais, précisément, Queen était plus que lésé de n'avoir que les temps libres pour utiliser les studios. Cela voulait dire beaucoup de temps perdu aux studios en attendant que les autres groupes aient fini, la plupart de temps seule une petite note affichée signalait qu'un studio se libérait et le groupe ne voulait pas perdre une seule minute de leur temps si précieux! Mais, ils n'étaient jamais inactifs!! Et le temps passé à attendre, assis, là, était utilisé à écrire des chansons et à travailler ensemble sur de nouvelles idées.

Dans un autre studio du complexe Trident, le producteur Robin Cable travaillait sur une ancienne chanson des Beach Boys appelée 'I Can Hear Music'. Phil Spector était venu auparavant en studio enregistrer avec Ronnie Spector, et, Robin essayait de terminer un arrangement à la manière de Phil Spector, par respect pour l'auteur. Robin avait entendu Freddie chanter dans l'autre studio, et, comme il lui semblait qu'il avait encore pas mal de temps devant lui, il lui demanda s'il voulait bien chanter cette chanson pour lui. Cela ne dérangeait pas Freddie, pourquoi ne pas faire quelque chose de constructif, plutôt que d'attendre ainsi aux Trident? Après la première séance d'enregistrement, il dit à Robin qu'il pensait que la chanson avait besoin de quelque chose de plus, et, Roger fut recruté pour ajouter les percussions, en plus de la batterie, castagnettes, tambourin et maracas. Le solo original de la chanson avait été joué sur un synthétiseur Moog qui paraissait essoufflé, aussi Freddie persuada Robin que Brian pourrait faire nettement mieux à la guitare. Brian joua un passage de deux mesures d'harmonies, (c'était le premier exemple de ce genre de travail réalisé pour le public), et il fit un solo final. La voix de Freddie seule fut utilisée pour le deuxième morceau 'Goin' Back' d'après le classique de Dusty Springfield.

Lorsque ce fut terminé, Robin trouva le résultat plaisant, çà sonnait très 'spectoresque', mais il n'était pas encore sûr de savoir quoi en faire.... Cet enregistrement avait pour le moins procuré à Freddie, Brian et Roger (John avait dû s'absenter et donc ne fut pas employé!) l'opportunité d'accumuler un peu plus d'expérience en studio, ce qui n'était pas une mauvaise chose en soi! Robin leur affirma que quoi qu'il fasse de ces chansons, ils en seraient informés avant. Ils retournèrent travailler les chansons de Queen! Et ils ne pensèrent plus du tout à cela...

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L'été 1972 fut un été tranquille pour Queen. Ils utilisaient toujours autant de temps de studio que Trident pouvait leur accorder pour travailler sur leur album. Freddie travaillait toujours avec Alan Mair au Kensington Market, ce qui lui rapportait un peu d'argent. John reçut son diplôme à l'université en juin 1972 avec un honorable diplôme de premier rang en électronique. Bien qu'il se sente bien avec Queen, et qu'il aime leur musique, les choses allaient si lentement.... , il était suffisamment réaliste pour penser à plus tard, penser au jour où le groupe serait prêt à voler de ses propres ailes pour pouvoir tout abandonner pour la musique, pour l'instant, il décida de continuer ses études et il travaillait pour obtenir un MSC. Roger, lui, quitta la North London Polytechnic à l'automne 1972, sa licence de biologie en poche.

Freddie pensait que Queen avait besoin d'un emblème, quelque chose que les gens pourraient associer à eux facilement, aussi, il commençà à en créer un. Il avait plusieurs idées, toutes basées sur leurs signes du zodiaque. Brian était Cancer, Roger et John tous deux Lion, et Freddie était de la Vierge. Il dessina un écusson représentant deux lions portant un Q (auquel il ajouta une couronne!!) un crabe et deux fées pour la vierge bien sûr! Le tout était dominé par un énorme Phoenix, symbole d'espoir, qui semblait représentatif à Freddie des rêves et des idéaux qu'il nourrissait pour Queen!

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©Jef Simonet 2004

En septembre 1972, Trident arriva à un accord avec Queen, ils pourraient commencer à être rémunérés même si aucun contrat n'avait été encore signé et qu'aucune réalisation n'avait été mise en vente. Beaucoup de discussions s'ensuivirent, et divers montants de cachets furent proposés, jusqu'à ce que, finalement, Trident accepte de leur payer 20 livres par semaine chacun. Ce n'était pas une somme énorme, par bonheur, ils louaient tous des logements de la banlieue londonienne, car cela suffisait juste à payer le loyer et quelques menues dépenses quotidiennes!

Le 1er novembre 1972, Queen accepta de signer un contrat légal avec Trident Audio Productions Ltd. Cet accord consistait dans le fait que Queen acceptait d'enregistrer pour Trident, et Trident en échange s'engageait à leur fournir le meilleur enregistrement possible et à s'occuper de la distribution avec une grande Maison de Disques. C'était la première fois qu'une compagnie de productions indépendante prenait sous son entière responsabilité un groupe de rock. Mais Trident avait confiance dans ses poulains!

Jack Nelson était toujours très occupé essayant d'obtenir pour le groupe le meilleur contrat possible avec une Maison de Disques de grande renommée, et il embaucha Dave Thomas comme co-manager pour superviser ce dont le groupe avait besoin quotidiennement, ce qui était considérable! Maintenant qu'ils avaient signé leur contrat, Queen était réellement déterminé à faire le maximum, et, aussi, ils insistèrent pour que Barry et Norman Sheffield leur apportent le maximum de soutien et d'appui.

Trident avait réservé Queen pour un concert qui devait avoir lieu le 6 novembre 1972 dans un énorme pub de King's Road, Chelsea, pub du nom de Pheasantry, et pour celui-ci, ils invitèrent autant de gens qu'ils connaissaient de Maisons de Disques. Le soir du concert, le PA ne s'alluma pas de la journée jusque près d'une heure avant le concert, John Deacon et John Harris passèrent énormément de temps à essayer énergiquement de le faire redémarrer, changeant le fil électrique des amplis et de la table de mixage, finalement faisant fonctionner le contrôle d'enregistrement tellement bien que seul le groupe put s'entendre jouer à défaut du public!!!

Ce ne fut certes pas le meilleur concert que Queen ait jamais joué, l'épisode du P.A. les avait perturbé, et ils ne jouèrent pas de leur mieux!

L'argent que Queen gagnait à présent permit à Roger de louer un appartement pour lui seul, Freddie et lui étaient toujours les meilleurs amis du monde, mais Freddie et Mary voulaient désormais vivre ensemble, et Roger, quant à lui, éprouvait un grand besoin d'indépendance. Il trouva un appartement dans Richmond, une jolie banlieue de Londres, et il déménagea fin novembre 1972.

Fin novembre 1972 également, Queen avait terminé leur premier album. Trident était très content du résultat. Bien qu'ils l'aient enregistré par petits bouts, mixé n'importe quand et n'importe où, lors de leur temps libre, et retravaillé dessus avec une telle quantité d'ingénieurs du son différents, qu'il fut surprenant que chacun soit capable de suivre les indications du précédent, l'album lui était de qualité professionnelle! Mais le groupe trouvait que les mixages avaient été fait à la va-vite et ils se rendirent compte que ' Liar' avait été synchronisé sur la mauvaise cassette de soutien, en raison d'une erreur de l'opérateur d'enregistrement. Roy et Brian insistèrent pour qu'il leur soit accordé davantage de temps en studio afin que l'album soit à la hauteur du résultat escompté! Même le jeune Mike Stone, en ce temps-là garçon à tout faire au studio, fut embauché par le groupe pour les aider à mettre la dernière touche. Finalement, l'album fut produit par Roy Thomas Baker, John Anthony et Queen pour leur propre compte; le résultat était d'un bon niveau et ils trouvaient tous que cela représentait bien la musique que Queen avait joué sur scène durant leurs trois premières années passées ensemble!

Brian travaillait toujours à sa thèse, son temps libre était habituellement occupé à étudier, mais il trouva le temps de donner des cours le soir à l'Imperial College. Il était toujours prêt à aider les étudiants en difficulté, et puis, il avait besoin de cet argent.

En janvier 1973, l'album était fini, mais encore aucune maison de disques n'avait accepté de le presser et de le distribuer, en dépit des efforts de Trident pour le placer. Jack dit: " Cela m'a pris une année entière pour obtenir un contrat pour Queen, et presque tous avaient refusé, je pense même que tous!! Je ne voudrais pas donner les noms de quelques-uns qui ont rejeté mes meilleurs amis, et je n'ai pas l'intention de salir leur réputation! Mais ils savent qui ils sont, ils se reconnaîtront! Tous!"

C'était l'époque du Festival du Midem, la Foire du Commerce du Disque qui se déroulait à Cannes dans le Sud de la France, ' le gros évènement ' dans les agendas du show-biz!! Un représentant de Trident, l'éditeur Ronnie Beck, amena avec lui une cassette du nouvel album de Queen avec l'arrière-pensée d'en faire la publicité à tous les directeurs de maisons de disques présents au festival. Cela parvint aux oreilles de Roy Featherstone, un des plus importants administrateurs du futur EMI Label qui était présent au Festival justement pour en faire sa promotion. " J'ai écouté des centaines de cassettes cette semaine-là, depuis de bons auteurs à des gars hurlant en passant par des groupes et des artistes intéressés par le nouveau Label EMI, dit Roy, aucun d'eux ne m'accrocha. J'étais assommé par tout cela! Alors, Ronnie Beck me tendit la cassette de Queen et je l'ai écouté! Je fus sonné!! Ce qui en ressortait, à mon avis, c'était cette combinaison unique de la voix de Freddie et de la guitare de Brian dans une chanson appelée ' Liar'. Je me suis demandé bien des fois depuis, si cette cassette n'avait pas été une bouffée d'air frais qui m'avait rendu l'atmosphère du Midem moins épouvantable!". Roy s'était vu remettre la biographie que Trident avait préparé et il apprécia ce qu'il lut. Lorsqu'on lui signala qu'une ou deux autres maisons de disques étaient également intéressées par ce nouveau groupe, (ce n'était pas vrai, mais il ne le savait pas, alors cela avait sûrement retenu toute son attention!), Roy envoya un télégramme à Queen en urgence, via Trident, à Londres, leur demandant de ne rien signer avec personne jusqu'à ce qu'il revienne. Jack s'était impliqué dans des négociations importantes avec la CBS et il avait réussi à faire appliquer trois révisions sur le contrat avec cette maison de disques. Mais finalement Jack déchira leur offre!

En février 1973, Trident organisa pour Queen une session spéciale pour BBC Radio One, qui serait diffusée dans l'émission "Sounds Of Seventies". C'était une opportunité unique pour Queen bénéficiant ainsi d'une énorme publicité gratuite et à grande échelle! La BBC les voulait pour enregistrer quatre titres, et ils avaient la liberté de choisir quels titres ils voulaient produire. A la fin, après beaucoup de délibérations, ils se rendirent dans les studios de la BBC, à Maida Vale, avec le producteur Bernie Andrews, et, ils enregistrèrent "Keep Yourself Alive", "My Fairy King", "Doing Alright" et "Liar".

La session fut diffusée pour la première fois à la radio le 15 février 1973 et la réaction des auditeurs fut telle qu'EMI se décida à tout mettre en oeuvre pour signer avec Queen le plus rapidement possible. EMI était toujours fermement décidés sur le fait qu'ils voulaient Queen et seulement Queen, et sûrement pas les deux autres groupes du lot! Mais Trident était également décidé à ne pas laisser partir Queen sans se défaire des deux autres groupes.

Roy Featherstone et son collègue d'EMI , David Croker, prirent contact avec Trident , ni l'un ni l'autre n'était disposé à laisser entendre à Trident combien ils voulaient Queen. Ils proposèrent un contrat que Trident refusa, demandant plus d'argent, EMI abandonna celui-ci et en proposa un autre, et encore et encore, jusqu'à ce qu'ils aient négocié le meilleur contrat possible pour Queen, et EMI dut également accepter les deux autres artistes de Trident ou bien alors ils n'auraient pas eu le contrat.

C'était en mars 1973, avant que Queen ne soit introduit dans les tout-nouveaux bureaux d'EMI RECORDS Ltd, pour signer leur premier contrat avec une maison de disques. Ce fut avant tout rapide et sans fanfare, mais, soudain, Queen se retrouva avec un contrat de maison de disques couvrant la Grande-Bretagne et l'Europe! Ils étaient excités! Il leur semblait que finalement, ils démarraient vraiment quelque chose, et que tout ce travail allait enfin porter ses fruits. Brian et Roger étaient sans doute, eux, un peu plus perplexes, ils avaient déjà vu tout çà se passer si mal avec Smile après un départ fulgurant!

EMI voulait réaliser l'album de Queen très vite, mais en raisons de problèmes internes à la société pour la réalisation de projets pour leur nouveau label, la sortie fut suspendue!

Le 9 avril 1973, Jack Nelson réserva le Marquee afin de faire un concert de démonstration en faveur du Directeur-Manager d'Elektra Records, Mr Jack Holsten. Mr Holsten, en fait, revenait par avion de Tokyo et devait se rendre à New York, et il avait accepté de faire escale à Londres pour voir le groupe. Il était fort intéressé à l'idée de signer un contrat avec eux et Jack lui dit qu'il devrait voir le groupe sur scène avant de prendre une décision, alors seulement, ils pourraient s'asseoir et discuter ensemble.

Bien que seulement la moitié des spectateurs invités daigna y assister et que Queen en était encore à chercher ses repères lors de ses concerts, Jack Holsten fut littéralement cloué! Jack Nelson dit: ' Jack était un visionnaire, il savait reconnaître le vrai talent. Leurs atouts étaient du plein-la-vue et Jack vit plus loin que cela!'.

Les mois suivants, Queen fut réservé pour jouer quelques petits concerts dans divers Colleges et Clubs incluant le Queen Mary's College à Basingstoke. Freddie avait décidé que sa performance devait être unique, de plus il voulait donner un style théâtral au spectacle sur scène et également y incorporer de la danse. Ces petits concerts avaient été autant d'opportunités de développer son style personnel. Après le concert de Basingstoke, il avait presque perdu la voix, de plus il avait une jambe très contusionnée à force de frapper énergiquement dessus avec le tambourin. Tout le groupe s'essaya alors aux tenues de scènes et au maquillage, avec notamment des pantalons de satin étroits, de larges blouses flottantes blanches et noires. Freddie commença également à se vernir les ongles de la main gauche en noir, et, Brian se rappelle: " Queen avait déjà tellement de fois joué à Liverpool que nous avions des admirateurs là-bas! Quelques-uns d'entre eux avaient même adopté notre style noir et blanc, et allaient jusqu'à vernir leurs ongles, alternativement, noir et blanc. Un soir, après le show, ils vinrent avec leurs flacons de vernis et comme certains d'entre eux étaient ivres, ils vernirent les ongles de Freddie en noir et les miens en blanc. Cela ajoutait à l'effet visuel général aussi nous avons décidé de conserver cette habitude. En fait, je pouvais seulement vernir les ongles de ma main gauche, car les cordes, en jouant, enlevaient le vernis sur ma main droite. Mais, dans le halo de lumière blanc et violet que nous utilisions comme éclairage de scène à l'époque, ils reluisaient de manière étrange. Le vernis survécut les deux premières tournées ainsi que le maquillage des yeux!"

Comme Freddie choisissait souvent les costumes pour le reste du groupe, cela se terminait fréquemment par des disputes du genre: ' Non! Je ne porterai pas 'çà', Jamais!'.

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©Jef Simonet 2004

Les amis des premiers jours étaient toujours fidèles, aussi le groupe continuait à fréquenter son vieux repaire ' The Kensington' durant les soirées libres. La maniaquerie de Freddie pour les détails de son apparence était parfois exaspérante, en particulier un soir, alors que tout le monde était réuni dans l'appartement qu'il partageait avec Mary, prêts à sortir faire la fête. "Freddie passa une heure entière devant la glace de la chambre, simplement pour choisir quelle tenue porter! Il essayait chacune d'elles et venait nous demander notre avis, à tous! Mais, tout ce que nous désirions: c'est sortir! Il était si vaniteux parfois, mais nous tolérions cela, tous. Cela faisait partie de lui, partie de son caractère, il n'aurait pas été Freddie sans cette vanité!" dit Helen Mc Donnell, une très grande amie de Freddie.

Les chansons que Freddie, Brian et Roger avaient travaillées avec Robin Cable refaisaient surface à ce moment-là, éditées sous forme de 45T par EMI sous le nom de Larry Lurex. Robin Cable avait décidé que ' I CAN HEAR MUSIC' et ' GOIN BACK' étaient décidément trop bien pour rester de côté et il avait convaincu EMI de les éditer. Mais, il n'utilisa pas le nom Queen, en raison de la sortie imminente de leur propre album, alors il décida de mettre en boîte Gary Glitter, grande vedette àl'époque, et les sortit sous le nom de LARRY LUREX. Malheureusement, la popularité de Gary Glitter était telle qu'elle se retourna contre eux! Beaucoup de gens furent choqués par la satire et refusèrent de l'acheter et même d'écouter le disque! Et, ils en subirent le retour de flammes car le disque fut un échec total en Grande-Bretagne. Cependant, c'était la première apparition de Queen sur un disque, ou tout du moins de trois de ses membres, et, plus tard, cela devint une pièce très recherchée par les collectors. beaucoup plus tard, il fut contrefait et 'édité' par Anthem Records Label aux USA, s'assurant que la valeur donnée par les collectors à l'édition d'EMI ne cessait d'augmenter!

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EMI était enfin presque prêt à éditer le premier album de Queen, et le groupe était plongé dans les détails de la réalisation. Ils étaient décidés à s'impliquer dans chaque phase de leur premier album, depuis le pressage du vynil à la pochette. Ils se rendaient régulièrement à EMI pour se tenir informés de chaque nouvelle étape et pour maintenir des relations étroites avec la compagnie, ce qui, pensaient-ils, était important.

Le groupe rencontra un ami, Doug Puddifoot, que Roger avait connu à Truro et qui avait photographié Smile et Queen sur scène, afin qu'il prenne quelques clichés d'eux, posant dans l'appartement de Freddie. Ils prirent également des instantanés de chacun d'eux et en ressortirent quelques anciennes des années passées. Ils invitèrent quelques amis vivant aux alentours de l'appartement de Freddie pour trier la montagne de photos qu'ils avaient accumulée, afin de sélectionner les meilleures pour le dos de la pochette de l'album. Ils choisirent tous leurs photos préférées (les questions de Freddie du genre: suis-je assez beau? assez resplendissant? magnifique? tombèrent dans l'oreille d'un sourd ce soir-là!) et Brian et Freddie passèrent des semaines à les découper et à les assembler en collage pour le dos de la pochette.

Ils eurent également besoin de Doug pour le design de la pochette de l'album, utilisant une des photos du groupe qu'il avait prise. L'idée en était de la faire ressembler à une ancienne photo de l'époque victorienne en la teintant couleur sépia et en l'entourant d'un fond ovale d'un marron intense. Doug était heureux de rendre service et de présenter le groupe avec le travail artistique qu'il avait réalisé, mais, Brian avait d'autres idées. Il avait découvert que si un plastique de couleur était collé sur l'objectif et la photo prise à travers celui-ci, le résultat serait différent mais étonnamment efficace. Doug passa des jours et des nuits dans sa chambre noire, expérimentant différentes couleurs de plastique et différentes façons de placer le plastique sur la lentille, mais, au bout, épuisé, il renonça. Alors, Brian suggéra d'utiliser une photo de Freddie sur scène, avec derrière lui deux puissants spots l'éclairant. Avec une petite chambre noire, un brin de sorcellerie et un peu de plastique de couleur, l'effet que Doug obtint était assez proche de l'idée de Brian et il fut accepté. Ils apportèrent toutes leurs photos et leurs travaux pour la pochette à EMI.

Freddie et Roger étaient arrivés depuis peu à la conclusion que le nom de John sonnerait plus juste s'il était inversé, et, John, se sentant encore nouveau membre, accepta même s'il n'aimait pas du tout cette idée, et il devint Deacon John!

On demanda à Queen de sélectionner une chanson pour devenir leur premier single, chose très rare, car d'habitude, les maisons de disques se passaient bien d'avis et choisissaient elles-mêmes, et, ils décidèrent de sortir ' KEEP YOURSELF ALIVE' écrite par Brian. Il fut aussi assez chanceux de voir éditer sur la face B son titre ' SON AND DAUGHTER'. Il fut réalisé et fut mis en vente le 6 juillet 1973 en Angleterre, et Trident assura à Queen qu'il sortirait en Europe peu de temps après! Le disque fut commenté de façon intense par les critiques et la plupart du temps (pas toujours!) positivement par la presse musicale.

" Un disque bien construit et rauque"

RECORD MIRROR

" Si ces gars-là sont à moitié aussi beaux qu'ils jouent bien, ils pourraient devenir gigantesques"

NME

" Un nouveau groupe de rock masculin appelé Queen cherche à vous faire perdre la tête avec un rythme nerveux, diaboliquement énergique!"

DAILY MIRROR

" Manque d'originalité"

MELODY MAKER

' Cela ne marchera jamais vraiment!"

SOUNDS

Dans les colonnes du Sounds, le DJ John Peel commentait " quelques jeux de guitare plaisants et un bon travail de synthèse...!" Pas mauvais pour un premier single!

Le single fut envoyé à toutes les stations de radio locales et régionales pour le diffuser sur leurs listes, mais, à l'exception de Radio-Luxembourg, il ne passa guère à la radio. BBC Radio One le rejeta après cinq passages. EMI envoya un exemplaire label blanc de l'album de Queen à la chaîne de TV de la BBC dans l'espoir que quelqu'un l'aime assez pour en faire la publicité, (bien qu'ils aient oublié d'y inclure le matériel publicitaire à propos du groupe!). Il arriva sur le bureau de Mike Appleton, producteur de l'émission rock de la BBC 'The Old Grey Whistle Test'. Mike écouta cet album anonyme n'offrant, d'entrée, aucun intérêt, et l'apprécia, spécialement le premier titre. Il n'avait pas une idée de qui était le groupe et où il pouvait les contacter au sujet de cette chanson, mais prit sur lui d'ajouter cette chanson au programme. Comme il n'avait pas de vidéo pour accompagner la chanson, il l'envoya à un ami, dans le secteur animation et lui demanda de trouver quelque chose qui aille avec!

Le 24 juillet 1973, 'The Old Grey Whistle Test' programma la chanson 'Keep Yourself Alive' sur un court-métrage d'animation utilisé une fois lors de la campagne électorale du président Roosevelt (USA). La BBC reçut beaucoup d'appels au sujet de cette chanson et même un de Trident pour les informer de l'identité de ce groupe!

EMI réalisa et mit en vente le 1er album de Queen, simplement intitulé 'Queen' le 13 juillet 1973. Roger avait voulu appeler cet album ' Top Fax, Pix and Info' mais il avait été désapprouvé, un autre titre dont ils avaient eu l'idée était 'Deary Me', une phrase fétiche souvent dite par Roy Thomas Baker. EMI en fit la promotion intensive, dans la presse musicale, les magazines de jeunes, en posters, sur les panneaux d'affichages, et, sur les vitrines des magasins de disques.

L'album était "puissant, vigoureux, dynamique", pas de mention 'heavy' pour le début, selon le Time Out magazine. Ils appuyaient sur le fait, dans leurs colonnes, que les chansons de Queen avaient déjà été jouées sur scène dans tous les environs. La musique était vive, forte, et violente pour son époque. Mais l'album démarra lentement et les premières ventes furent longues à venir.

Ou bien Queen avait prévu la réaction à leur musique, ou bien c'était simplement pour laisser tout loisir aux gens de reconnaître que la musique qu'ils jouaient était simplement réalisée avec compétence, le fait est qu'ils avaient commenté au dos de l'album qu'aucun synthétiseur n'avait été utilisé.

Désormais, Radio BBC avait entendu l'album et bien qu'ils ne veuillent toujours pas le diffuser à la radio, Queen fut contacté par le DJ John Peel, célèbre pour dénicher de nouveaux groupes qu'il estimait assez importants pour les signaler et les recommander à ses auditeurs. Son émission de radio diffusait des 'séances live' d'artistes qu'il considérait comme 'montants et nouveaux' et il demanda à Queen de faire une de ces séances!

Ayant déjà eu l'expérience d'enregistrer pour la BBC et sachant que cette publicité ne pouvait être que bonne pour eux, le groupe accepta. A nouveau ils eurent le choix des chansons pour l'enregistrement qui se déroula le 25 juillet 1973, et, ils sélectionnèrent 'Keep Yourself Alive', 'Son and Daughter' et 'Liar', extraits de leur album, et, un autre titre intitulé 'See What A Fool I've Been' sur laquelle ils avaient travaillé.

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En août 1973, Trident demanda à Queen de rentrer aux Studios Shepperton pour répéter et travailler sur une des grandes scènes de ceux-ci le nouveau matériel; et c'est alors qu'ils étaient aux studios que Trident décida de faire un film promotionnel pour l'envoyer aux agents et promoteurs américains et européens. C'était une idée tout à fait nouvelle, mais, Trident venait d'acquérir sa propre société-vidéo appelée Trillion, c'était également une bonne occasion de tester les caméras! Le groupe de cameramen arriva à Shepperton en début de matinée le 9 août 1973 et trouva un Freddie Mercury plus qu'impatient et qui avait rasé sa poitrine pour l'occasion! Ils filmèrent le groupe jouant sur les play-back de 'Liar' et 'Keep Yourself Alive'. C'était la première vidéo live de Queen, et, le groupe ne prit aucun plaisir à le faire. Les spots brûlaient, les caméras étaient toujours sur leur passage et essayaient toujours de les filmer sous des angles et des plans inhabituels, voire même étranges, et le metteur en scène Mike Mansfield, à l'opposé du groupe qui aimait l'obscurité mystérieuse, avait décidé de peindre la scène d'un blanc brillant et pop! Le groupe n'était pas à son aise et il fallut plusieurs prises avant que Mike Mansfield en soit content. Le résultat fut épouvantable et le film dut être refilmé avec davantage d'obscurité en utilisant des fumigènes et mis en scène par Queen eux-mêmes et Barry Sheffield.

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©Jef Simonet 2004

Toute bonne publicité doit être correctement réalisée et adressée aux bons endroits pour un maximum de résultat, aussi, Trident employa Tony Brainsby comme publiciste du groupe. Tony n'avait jamais vu ni entendu Queen avant de les prendre sous ses ailes, mais il trouva que si Queen était suffisamment talentueux pour pousser Trident à dépenser autant d'argent pour eux, c'est qu'ils devaient sûrement mériter que l'on travaille pour eux. Tony était très connu dans le monde du show-biz, ses autres clients incluaient de grands noms tels Paul Mc Cartney & The Wings, The Strawbs, Mott The Hoople, Steeleye Sparr & Wizzard. "Oh ils avaient plein d'idées!" dit Tony, "Ils savaient comment ils voulaient paraître, comment ils voulaient être représentés, comment ils voulaient être emballés. Ils venaient juste pour me voir, plantaient un tas de photos sur le bureau et disaient : "Ce sont celles que vous pouvez utiliser, et çà c'est notre logo!". Mon travail à partir de là n'était pas très difficile." Son premier vrai problème fut d'arranger une interview de Brian avec 'Guitar Magazine' au sujet de sa Red Special! Brian leur fournit, lui-même, ses propres photos de chaque étape de la construction de son instrument, et, il divulga avec plaisir tous les mystères entourant sa conception.

Durant août 1973, le groupe revint aux studios Trident pour démarrer le travail pour leur deuxième album. Cette fois-ci, ils furent réservés comme utilisateurs principaux des studios, et ils purent finalement travailler tout le temps nécessaire. On leur donna quelques paramètres à suivre qu'ils furent assez vifs à expérimenter. Ils arrivaient avec des tas d'idées, plein de techniques nouvelles, et des sons nouveaux, et ils eurent l'opportunité fantastique de les mettre en pratique.

Brian décida de commencer un travail temporaire en septembre en donnant des cours d'anglais au Stockwell Manor Comprehensive School dans le sud-est de Londres. Il se laissait aller, de temps à autres, à penser exercer un travail de professeur à temps plein si Queen ne finissait pas par percer, aussi, ce poste était une bonne expérience pratique. Il travaillait également toujours à sa thèse, c'était un projet cher à son coeur, et, il voulait absolument la terminer. Durant les jours de congé de Stockwell, Brian se fit engager pour un poste à EMI Electronics, poste où il analysait les effets destructifs des bombes à fragmentations. De temps à autres, il trouvait encore du temps pour écrire et gérer un programme pour ordinateur afin de calculer les positions des touches sur une guitare à 20 places décimales. Il dit: "C'était peut-être curieux, mais, certainement je m'imaginais ce qu'aurait pu être ma vie si je n'avais pas fait de musique!"

Roger fut présenté au chanteur folk anglais Al Stewart qui enregistrait à cette époque-là aux Trident Studios. Il demanda à Roger s'il serait intéressé pour ajouter quelques percussions sur son album appelé ' Past, Present and Future' sur lequel il travaillait alors, ce fut une offre que Roger s'empressa d'accepter! Ce fut la première fois qu'un membre de Queen collabora avec un autre artiste!

La BBC voulait enregistrer une séance live avec Queen pour une diffusion future dans une émission de leur série 'In Concert', et par conséquent, ils organisèrent pour eux un concert aux 'Golders Green Hippodromes' le 13 septembre. C'était en public, comme toutes les émissions 'In Concert' et Queen débuta par une introduction pré-enregistrée, un titre intitulé 'Procession' qu'ils venaient tout juste d'enregistrer pour leur deuxième album. C'était une idée nouvelle, et elle impressionna le public, leur donnant bien envie de voir le reste du spectacle, et ce morceau fut accueilli exceptionnellement bien!

En septembre 1973, Elektra Records, aux USA, éditèrent le premier album de Queen. Ils n'espèraient pas qu'il marche bien fort, mais, son apparition dans les charts dès sa sortie leur procura une vive émotion! Très rapidement, les stations de radio choisirent des extraits de l'album et diffusèrent des titres de celui-ci! Ils reçurent également des demandes de la part des auditeurs, ce groupe anglais inconnu, décidément, se faisait un nom! L'album semblait démarrer plus rapidement aux States qu'en Europe, entrant dans le Bilboard Chart et grimpant à l'impressionnante place n°83, résultat très rare pour un nouveau groupe anglais!

En octobre 1973, Mott The Hoople préparaient une grande tournée en Angleterre. Jack Nelson connaissait Bob Hirshmann, le manager des Mott The Hoople mais également un vieil ami du continent américain, et, il commença des tractations pour le persuader de prendre Queen en première partie. Ce n'était pas chose facile, car Queen était inconnu, et Bob doutait qu'ils puissent accomplir la tournée jusqu'au bout. Mais le pouvoir de persuasion de Jack doublé d'une avance de 3000 livres sterling finit de convaincre Bob d'accepter Queen en ouverture de concert. La tournée devait débuter le 12 novembre 1973.

Le 9 octobre 1973, Elektra Records édita le premier single aux USA. Ils choisirent 'Keep Yourself Alive' puisqu'elle avait failli entrer dans le chart anglais, ils espéraient qu'elle ferait beaucoup mieux aux States, mais..ce fut un échec.

Avant le début de la tournée, il y avait beaucoup de promotion prévue en Europe, et, ils s'envolèrent pour la Belgique, la France et la Hollande pour y faire des apparitions TV et des émissions de radio. Ils avaient également deux concerts prévus à des fins promotionnelles aussi, et ils donnèrent leur premier concert live en dehors de la Grande-Bretagne le 13 octobre 1973 à Badgodesburg près de Francfort, Allemagne. Ce concert était suivi le lendemain d'une apparition au Luxembourg dans une salle de spectacle appelée le 'Blow Up!' C'était supposé être enregistré pour un émission spéciale 'In Concert' de Radio-Luxembourg, mais, durant la soirée, le matériel fut défaillant et rien ne fut enregistré sur la cassette...!

La précédente émission 'In Concert' enregistrée au Royaume-Uni fut diffusée sur Radio-One fin octobre et le groupe joua également un concert à l'Imperial College suivi d'un autre au Theatre de Paris à Londres. Leur public grandissait lentement mais sûrement! Norman Sheffield dit : "Leurs fans étaient vraiment, vraiment puissants, même à l'époque! Nous avons vu des grand-parents s'amenant avec leurs enfants et leurs petit-enfants, c'était surprenant!"

En novembre, le groupe organisa un autre concert à l'Imperial College en guise de dernière mise en condition avant leur première tournée importante avec Mott. C'était couru d'avance, le public serré était en délire! Par la suite, le concert reçut des éloges très chaudes dans la presse musicale, notamment dans un compte-rendu par une chroniqueuse que le groupe appréciait encore, Rosemary Horide.

Le 12 novembre 1973 vit Queen s'embarquer pour sa première tournée en première partie à Leeds Town Hall. Ils étaient nerveux et montèrent sur scène aux accords de 'Procession' joué au moyen du PA. Ils jouèrent des titres de leur premier album, de l'album à venir, et interprétèrent également deux titres d'autres artistes. Freddie parlait tranquillement entre chaque chanson, présentant chacune par un petit mot ou une plaisanterie, et, Brian stupéfia le public par son solo de guitare car en se servant de l'écho, il créa d'autres harmonies de guitare, la faisant résonner comme s'il y avait deux guitaristes, et, beaucoup de gens présents cherchèrent le guitariste-fantôme sur scène!...

Les dates de concert étaient nombreuses, et, les menèrent à travers toute la Grande-Bretagne, et en tant que première partie, ils reçurent un bien meilleur accueil que bien d'autres tellement leur confiance en eux grandissait. Le groupe avait rassemblé énormément de supporters depuis leur premier album, et le public était composé d'autant de fans venus pour Queen que pour Mott The Hoople. Durant le concert au Southend Kursaal, Freddie, Brian et Roger rejoignirent Mott The Hoole sur scène pour leur donner un coup de main pour les back vocals sur le titre ' All The Young Dudes', le plus gros titre du groupe.

Durant quelques jours de relâche en décembre, Queen se précipita aux studios de la BBC pour enregistrer à nouveau 4 titres de plus avec Bernie Andrews, pour une prochaine diffusion. Cette fois-ci, ils choisirent 'Ogre Battle', 'Great King Rat', 'Modern Times Rock'N'Roll' et 'Son & Daughter'.

Le 14 décembre 1973, Queen et Mott The Hoople étaient réservés pour faire deux concerts à l'Hammersmith Odeon à Londres, un l'après-midi et l'autre en soirée. C'était la première fois que les parents de Brian le voyaient jouer avec Queen. "C'était si excitant, dit Ruth May, c'était une si grande salle, et, nous, nous ne l'avions vu jouer que dans de très petites salles auparavant! Nous étions sûrement les plus vieux du public, et alors que nous cherchions des places, un jeune fan s'approcha et nous demanda de qui nous étions les parents. Lorsque nous lui avons répondu, il nous demanda des autographes! Ce fut un concert merveilleux!"

Malheureusement, la prestation de Mott, l'après-midi, fut plus longue que prévu, et, le soir celle de Queen dût être largement raccourcie! Toutefois, ils jouèrent devant 7000 personnes ce jour-là, leur plus grand public à cette date-là! C'était la dernière date de la tournée, à la fin de celle-ci, Queen avait honoré toutes les espérances que Trident avait misé sur eux, et les ventes de leur premier album s'envolèrent.

Ils reçurent un accueil phénoménal du public, mais, d'autre part, ils étaient ignorés ou boudés par la presse, traités de ' rock de supermarché' entre autres descriptifs de ce genre!

Mott, eux-mêmes, furent très contents de Queen, et de la manière dont ils avaient ouvert les concerts, et, comme le dit Brian: "Une grande complicité avait déjà commencé entre nos deux groupes de scène. Nous avons beaucoup appris sur la façon d'évoluer sur scène et sur l'organisation des coulisses avec Mott et son entourage, et pour autant nous nous sommes énormément et outrageusement amusé!". Bob Hirshmann demanda à Queen s'ils seraient d'accord pour assurer la première partie de la prochaine tournée américaine de Mott, Queen accepta de bon coeur!

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EMI était submergé par les demandes d'informations concernant le groupe Queen, et ils demandèrent à Trident s'ils voulaient bien s'occuper du courrier du groupe. Trident demanda à Queen s'ils connaissaient quelqu'un susceptible de faire ce job. Ils en connaissaient deux. Deux jeunes femmes appelées Pat et Sue Johnstone, deux amies de Roger originaires de la région des Cornouailles, qui connaissaient également le reste du groupe depuis quelques temps, et avaient travaillé aussi à Kensington Market, se virent offrir la place pour répondre à toutes les lettres reçues au nom du groupe. Il devint vite évident que les fans désiraient en apprendre davantage que les dates de concerts et les sorties d'albums, aussi, Trident installa un Fan-Club officiel et paya pour cela. Queen aimait bien cette idée et s'investirent à fond dans son lancement et sa promotion.

Fin 1973, les ventes de leur premier album avaient fait de Queen un des nouveaux groupes les plus excitants à apparaître depuis longtemps, mais, le groupe avait aussi établit une relation des plus hostiles avec la presse. Queen était toujours convaincu et certain de son avenir et travaillait dur pour cela, mais, la presse ne semblait vouloir s'intéresser qu'à la vie privée du groupe et à ses cabrioles, notamment celles de leur chanteur 'efféminé' selon leur description. Leurs commentaires et sous-entendus gênaient tout le monde, mais, Freddie n'était pas prêt à leur laisser voir qu'il était blessé par leurs propos et leur laissa libre cours en se comportant exactement comme ils le supposaient et même en en rajoutant et en exagérant, ce qui souvent les opposait. Même à ce stade précoce, il était devenu courant pour les journalistes de ridiculiser le groupe pour la plus grande colère de Queen et de ses nombreux fans!

Le dernier concert de 1973 se passait à Liverpool, au Top Rank Club. C'était un show spécial Noël, avec en vedette le groupe 10CC et Queen en première partie, un groupe local, Great Day, ouvrait le spectacle. C'était comme un retour à la maison pour Freddie, après son séjour forcé dans Liverpool avec Ibex, et même plus, puisque deux membres de Great Day avaient joué précédemment avec lui dans ce groupe, et que Ken Testi , ami de Queen et manager des premiers jours était aussi de la partie!

En janvier 1974, les gros titres du Sounds annonçaient ' Les plus grands inconnus de Grande-Bretagne!' C'était de bon augure pour la nouvelle année, Queen fut élu le troisième meilleur nouveau groupe anglais, ils étaient doublés par Nazareth en première place et Blue en seconde. Beaucoup d'autres magazines de musique anglais publiaient le best-of des nouveaux de l'année précédente, et Queen apparut dans plus d'un!

Queen avait deux concerts de prévus en Australie à la fin janvier 1974, et comme ils se préparaient à cette excursion, eux ainsi que tout leur entourage durent sûbir les vaccins habituels, Brian en sortit avec une très forte fièvre et son bras enfla énormément. Il lui diagnostiqua une gangrène au point d'injection causée par une aiguille sale, et, pendant quelques temps, la question de lui amputer un bras ou pas se posait...

Leur voyage était prévu pour le 28 janvier 1974, Queen était en tête d'affiche pour deux shows ayant lieu lors d'un grand festival plein-air à Sunbury. (Ce fut leur première erreur!). Les groupes locaux et les promoteurs n'admettaient pas qu'un groupe anglais, totalement inconnu, eut obtenu la préférence devant des groupes australiens connus eux!

Queen avait emmené avec eux leurs propres jeux de lumières, ils en étaient très fiers, et, ils voulaient impressionner le public, mais, ce matériel étant plus complexe, ils emmenèrent aussi avec eux leurs propres techniciens pour les régler. C'était là leur seconde erreur: les techniciens locaux furent très en colère de perdre ce travail et de plus l'argent de leur salaire, alors, ils refusèrent de coopérer avec les techniciens anglais, faisant la grève pour être désagréables et gênants....!

Leur troisième erreur fut de vouloir faire les choses en grand, avec classe, ils louèrent de grandes limousines blanches pour les amener de l'hôtel au lieu du concert, et, lorsqu'ils arrivèrent, firent une entrée majestueuse, théâtrale, ce que les australiens détestèrent, maudissant "ces anglais" qui n'étaient pour eux que 'très malins'!

Pour couronner le tout, le groupe n'était pas au mieux de sa forme, Brian avait toujours très mal à son bras, et Freddie avait une otite infectieuse et il prenait de nombreux antibiotiques qui le rendaient somnolent, alors il n'était pas vraiment dans son assiette et il entendait très peu et très mal!

Queen désirait utiliser ses jeux de lumières au maximum et aussi attendait pour cela qu'il fasse nuit pour monter sur scène, alors, lorsqu'ils apparurent, les spectateurs trépignaient d'impatience et tapaient des pieds, et ils n'applaudirent presque pas..! Finalement, le DJ australien, qui était un drôle de larron, s'avança pour les présenter et les annonça comme 'les anglais efféminés' puis il tourna le dos au public et baissa son pantalon pour dévoiler sa 'lune' ce qui en disait long quant au mépris qu'il avait pour le groupe!

Freddie ne pouvait pas s'entendre chanter, et, le bras de Brian était si douloureux qu'il avait bien du mal à jouer, et , les jeux de lumières leur donnèrent l'impression que le matériel avait été saboté, mais, en dépit de tout, la clameur qui venait des fans disait que somme toute c'était un bon concert. Après un début concédé à regret, le public avait prit le groupe en sympathie et était carrément enthousiaste à la fin du concert, au point de faire de nombreux rappels! Le DJ, cependant, avait d'autres idées en tête. Il revint sur scène et dit: ' Minute! Vous voulez un peu plus de Queen?' Il y eut des cris tumultueux qui montèrent de la foule 'Yeah!' . Le DJ continua: 'Voulez-vous un peu plus de ces 'salauds d'anglais?'. Il y eut quelque émotion dans les rangs. 'Ou voulez-vous un bon vieux groupe australien?'. Encore plus de protestations et de confusion s'élevèrent du public! 'Que pensez-vous de Madden Lake? ' et le public lui fut acquis et criait à tue-tête avec lui! Le DJ avait réussi à les manipuler pour qu'il n'y ait pas de rappel pour Queen.

Le jour suivant, la presse les massacra et imprima des commentaires de Queen qu'ils n'avaient jamais prononcé! Il régnait une atmosphère très anti-britannique et très anti-Queen, non seulement dans les journaux mais également c'était la réaction de tous les gens qu'ils rencontraient. Ils devaient jouer un autre concert le soir-même, mais, comme Freddie souffrait terriblement et qu'il avait une très forte température, ils annulèrent, une chose de plus à ajouter à la colère des promoteurs.

Pour Queen, ce n'était guère qu'une insulte de plus à l'égard du groupe! Queen fut vraiment soulagé de quitter l'Australie, et, ils s'envolèrent pour la Grande-Bretagne dans les plus brefs délais! Cela avait été une expérience qu'ils n'étaient pas près d'oublier, et qui leur coûta très cher, non seulement financièrement (ils durent se payer eux-mêmes les billets de retour!) mais, aussi, en tranquillité d'esprit et en mauvaise publicité. En guise de cerise sur le gâteau, lorsque l'avion se posa à Heathrow, le groupe se retrouva face à face avec un barrage de photographes qui s'attendaient à voir Sa Majesté La Reine d'Angleterre, et, donc, qui ne furent pas très contents de se retrouver devant quatre pauvres musiciens épuisés!

En dépit de toute cette aggravation, cependant, il se passa quelque chose de très positif et de très encourageant dans une chambre d'hôtel de Melbourne. Le groupe attendait les premiers pressages de leur deuxième album, qui leur étaient adressés hors de Grande-Bretagne avec leur consentement. Lorsqu'ils les reçurent, le groupe et Jack les écoutèrent assis autour d'un magnétophone portable. A la fin de la première écoute, tous trouvaient que, finalement, ils étaient très près d'atteindre le summum de leurs possibilités en studio. (le mélange complexe des voix et des guitares étaient le prédécesseur très proche du futur Bo Rhap et l'album A Night At The Opera, qui plus tard, déferlera comme une tempête sur le monde!). Pour le moment, le groupe trouvait qu'ils avaient gravi un nouvel échelon dans leur façon d'enregistrer. Ce fut un remontant dont ils avaient bien besoin, étant donné les horribles circonstances de leur voyage qui leur avait mis le moral au-dessous de zéro!

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A la mi-février 1974, les lecteurs du New Musical Express Queen élirent à la 2e place pour le titre de ' The Promising New Name', et, à cette époque, ils n'avaient même pas encore de titre commercial! Aux USA, Elektra Records décidèrent de mettre en vente un autre single extrait de l'album 'Queen', ils éditèrent ' Liar' qui fut mis en vente le 14 février 1974 et qui fit une apparition dans les charts! Le nouveau single fut inscrit dans les programmes radiophoniques fin février 1974. Avant sa réalisation, un exemplaire label blanc fut apporté au Directeur du Secteur Promotionnel d'EMI : Ronnie Fowler. Ronnie était chargé de la promotion de deux artistes, Queen et un autre nouveau groupe 'Cokney Rebel'. Il écouta le disque jusqu'à l'usure, l'aima, et n'étant pas au courant de l'arrangement en trois parties de Trident, prit sur lui de lancer Queen, pour cela s'investissant lui-même, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Il dépensa plus de 20.000 livres de frais pour le groupe, invitant les personnes-clef des radios et des télévisons à déjeuner ou à dîner, ayant pris l'habitude de leur promettre qu'un membre du groupe ferait une apparition lors de ces rencontres. Il devint ainsi un ami très proche de Queen, et avec le temps, il travailla pour leurs intérêts et contre les médias. Il assommait tout ce beau monde en jouant du Queen, faisant la promotion de Queen, n'importe quoi pourvu que ce soit Queen! Il se souvient: 'Un mardi soir, je travaillais tard dans mon bureau de Manchester Square, qui avait la mauvaise réputation d'être doté du plus grand bar du monde du showbiz qui serve des cocktails gratuits, c'est là que je recevais tout le monde! Les producteurs, les DJ's, les artistes, tout le monde!! Les fenêtres étaient ouvertes en grand et j'avais remis encore le disque label blanc de Queen! Un homme de la sécurité rentra pour me dire qu'il était sept heures et demi du matin, je n'avais même pas pensé à rentrer chez moi, les gens, tout autour de la place, se plaignaient de la musique! Alors que j'allais partir, le téléphone sonna. C'était Robin Nash, le producteur du Top Of The Pops de la BBC. Ils leur restaient un laps de temps de quelques minutes de libre dans leur show TV de jeudi, et, il me demanda si je connaissais quelqu'un! Je répondis: 'Oui!' Il me demanda: 'Laisse-moi deviner qui est ce groupe!'. Il savait que je pensais à Queen!

Ronnie leur amena le disque 'démo' à toute vitesse, ils l'écoutèrent et ils l'apprécièrent! Il dut alors vérifier l'emploi du temps de Queen pour savoir s'ils avaient du temps libre pour faire l'émission, pour cela il leur fit passer une petite note, leur réponse fut bien sûr positive! Le seul problème était que le Top of The Pops ne voulait pas de leur titre commercialisé à ce jour comme disque de playback, (Les artistes chantaient rarement en live dans l'émission! Le plus souvent c'était du play-back!) ce qui voulait dire qu'un disque spécial de playback devait être enregistré. Ronnie dût leur trouver un studio pour enregistrer la chanson cette nuit-là. Il contacta Peter Townsend des Who qui enregistrait à Londres et il accepta de laisser Queen utiliser un peu de son propre temps de studio! Le jour suivant, le 20 février 1974, la cassette de playback à la main, Queen se rendit dans les studios Ramport de la BBC pour préenregistrer leur passage dans l'émission.

Queen apparut pour la première fois dans le Top Of The Pops le 21 février 1974 avec une chanson qui n'était pas encore sortie en single: 'Seven Seas Of Rhye'. Ils regardèrent l'émission dans la vitrine d'un magasin d'électro-ménager. Ronnie dit alors: 'Le jour suivant The Top Of The Pops, Steve Harley de Cockney Rebel arriva comme une furie dans mon bureau. Il était hors de lui, il frappa des poings sur mon bureau et me dit que tout ce dont je prenais soin c'était de Queen, mais qu'en était-il de son groupe? Je l'ai regardé dans les yeux et je lui ai dit: 'Ce sera votre tour la semaine prochaine!' Il n'avait aucune chance, j'essayais simplement de mettre un terme à sa visite! Mai, croyez-le ou pas, par pure coïncidence, Cockney Rebel fit l'émission la semaine après! Mec! J'étais soulagé!'

Jack Nelson courut apporter dix label blanc de 'Seven Seas Of Rhye' à Ronnie le jour suivant The Top Of The Pops et Ronnie promit et assura qu'ils seraient distribués à Radio One. Il fut fidèle à sa promesse et partit les voir en personne. Avec un timing méticuleux et beaucoup de persuasion, il décida tous les DJs -clef à diffuser la chanson à des moments précis, c'est-à-dire que la chanson devait être diffusée presque toute la journée le jour suivant, et Ronnie avait négocié autant de passages qu'il était possible pour une chanson dans la semaine suivante. Il revint chez lui, ce soir-là, fourbu mais content! A dix heures, ce soir-là, le téléphone sonna, raconte Ronnie: "C'était Jack, il me dit qu'il venait d'avoir Freddie au téléphone, et, après avoir écouté le pressage du label blanc, il s'était rendu compte que c'était le mauvais mixage, et que d'aucune façon ce pressage ne devait être diffusé à la radio! Jack me dit que je devais retourner à Radio One le jour suivant, récupérer les dix 'label blanc' qu'il m'avait confié et les remplacer par les bons exemplaires, ce qui était, à l'heure où nous en discutions, très pressé! Le matin suivant, très tôt, les nouveaux pressages arrivèrent et je me rendis à Radio One. Je me débrouillais pour tous les récupérer mais deux exemplaires manquaient! Aussi, en quelque sorte, il y a deux mixages différents de ce disque, cela peut faire penser au début des remix!"

EMI édita en toute hâte ce single le 23 février 1974. La maison de disques n'avait jamais travaillé aussi vite pour mettre un disque en vente dans les magasins! Sur la face B, ils choisirent une chanson appelée 'See What A Fool I've Been' qui n'était pas sur l'album, ce qui fit du single une pièce 'rare' pour les collectors!

Le New Musical Express commenta ce disque ainsi:

" Ce single démontre toute leur puissance, tout leur dynamisme, leurs compositions de talent, et toutes ces choses qui font qu'ils sont uniques!"

C'était juste après la sortie de ce single que Freddie, finalement, abandonna son travail au Kensington Market. Il avait aidé Alan Mair à ce travail jusqu'à maintenant, bien qu'il ne voulait jamais ouvrir le stand avant onze heures et demi du matin, au lieu du plus habituel neuf heures! Mais même alors, il ne délaissa pas complètement le Market, rendant toujours visite à ses amis et visitant les stands, c'était pour lui un endroit stimulant et excitant!

Le nouvel album 'Queen II' était prêt à sortir, mais, le groupe repéra une erreur d'orthographe sur la pochette et bien que ce soit une erreur minime, ils insistèrent pour qu'elle soit corrigée avant d'être mis en vente. Le nom de John fut imprimé à l'endroit, correctement, il avait finalement fait comprendre qu'il n'appréciait guère de s'appeler Deacon John! Finalement, 'Queen II' fut prêt! Mais, c'était l'époque de la crise du pétrole due au 'Choc Pétrolier', et, la majorité de la population, en Grande-Bretagne, subissait le contre-coup de ces trois jours de crise. Une mesure gouvernementale de restriction, concernant l'utilisation de l'électricité par les grandes compagnies, différa la sortie de l'album, encore une fois, avec de plus, la première grande tournée 'en vedette' du groupe en Angleterre devant démarrer quelques semaines plus tard! Les vêtements de scène constituaient toujours une part importante des bagages de Queen, et, juste avant cette tournée, Freddie et Brian avaient rencontré la styliste très en vogue Zandra Rhodes. Travaillant sur des idées qu'ils lui avaient apporté, Zandra avait confectionné quelques costumes formidables, sensationnels, caractérisés par des ornements de perles, des broderies compliquées, du velours, du satin, et des kilomètres de soie plissée!

Le groupe se rendit aux Studios Ealing pour commencer les répétitions intensives précédant la tournée. Ils avaient beaucoup de nouveau matériel à essayer et à perfectionner, comme ils voulaient produire autant de chansons du nouvel album qu'il était possible, même s'il était dorénavant certain que personne dans le public ne pourrait avoir acquis l'album en début de tournée. Le 1er mars 1974, Queen donna le premier de ses concerts en vedette au Blackpool Winter Gardens. Ils n'avaient pas de première partie pour ce concert pas plus que pour le concert suivant à Aylesbury Friars. (Qui fut écourté en raison de la douleur lancinante du bras de Brian!). A Plymouth, cependant, ils furent rejoints par le groupe de Liverpool 'Nutz' qui démarrait la première partie pour le reste de la tournée avec eux!

L'importance que Freddie donnait à son apparence retarda le début d'un des concerts. Durant une chanson, d'un geste particulièrement énergique et violent, Freddie fit claquer son bras, et son bracelet en argent en forme de serpent s'échappa de son poignet et disparut derrière les amplis! Il stoppa entièrement le spectacle jusqu'à ce qu'on le retrouve! Il ne porta guère attention au spectacle aussi longtemps qu'il chercha son bracelet. Cela prit quand même pas mal de temps mais il le retrouva, et finalement le spectacle put continuer! Le groupe joua plus longtemps donnant l'opportunité à Roger de démontrer ses prouesses de batteur durant 'Keep Yourself Alive' avec un solo de plus de dix minutes! Les spectateurs étaient déchaînés pendant ces premiers concerts, et, ils arrivèrent à un stade tel qu'ils commencèrent à entonner 'God Save The Queen' en attendant que le groupe monte sur scène! Cela devint rapidement la signature régulière de tous les débuts de concerts de Queen!

Le 5 mars 1974, le single de Queen 'Seven Seas Of Rhye' entra 55e au Chart officiel anglais. C'était leur première entrée dans le chart anglais et ils étaient au septième ciel!! Cela coïncidait avec un changement de personnel à EMI: Ronnie Fowler était parti pour occuper un poste à Elektra Records. Il dit: 'Lorsque je les ai quitté, j'ai toujours gardé le contact avec le groupe pendant longtemps, nous étions amis! Roy Featherstone m'appela dans son bureau au moment où je partais et me menaça de vendre mes indemnités de frais professionnels à Steven Spielberg pour une histoire de science-fiction!'

Finalement, le 8 mars 1974, le nouvel album de Queen : "Queen II" , fut réalisé et mis en vente, et, à nouveau la pochette précisait 'Pas de synthés'. Il rompait aussi avec la tradition, en ayant une face blanche et une face noire à la place des traditionnelles faces A et B. Aux concerts, dès sa sortie, il était extrêmement évident que la plus grande partie du public l'avait acheté, car ils connaissaient les chansons par coeur! Queen réalisait qu'ils étaient désormais vraiment sur la bonne voie, tout spécialement quand le 20 mars l'album grimpa à la 35e place du Chart! Mais les critiques des revues étaient partagées:

" On prétend que Queen a joui de quelque succès aux USA, c'est apparemment avec hésitation qu'ils percent ici. S'ils y arrivent, alors, je serai obligé de faire amende honorable! Peut-être bien que Queen fait son maximum pour percer, mais, il n'y a pas d'intensité musicale ni de sentiment!"

Melody Maker

" Simplement appelé 'Queen II' cet album les surprend dans leurs meilleurs moments!"

Sounds

" Le matériel, le travail, l'enregistrement et même le travail artistique sont de très haut niveau!"

Disc

" C'est cela, la lie du Glam-Rock. Faibles et surproduits, si ce groupe représente notre plus grand espoir pour l'avenir alors c'est le suicide du Rock'N'Roll!"

Record Mirror

A cette époque, John étudiait toujours, il avait commencé un cours de MSC, puisqu'il était toujours incertain quant à l'avenir du groupe, même après le succès du deuxième album! C'est pourtant pendant cette première tournée en vedette qu'il abandonna finalement, il avait terminé la plus grande partie de la théorie du cours, et, une bonne partie de la pratique, mais, la tournée interrompait sans cesse son travail, aussi, à la fin, il devint musicien à plein temps!

Après le concert de Cheltenham Town Hall, le 14 mars, soudain, les techniciens de la lumière les abandonnèrent à la suite de nombreux problèmes internes et de méprises. Trident, cependant, avait par le biais d'une courte lettre, nommé James Dann, directeur des lumières et effets spéciaux, il les rejoint, et les concerts purent redémarrer. Le concert du soir suivant se déroulait au Glasgow University, ce fut le premier concert où les jeux de lumières fonctionnaient depuis le début de la tournée. On découvrit plus tard, qu'ils avaient été branchés sur les câbles d'approvisionnement ordinaire de l'Université, surchargeant les circuits et faisant allègrement sauter les plombs avec des coupures inavouables durant le spectacle. Toujours en Ecosse, le groupe se produisit le soir suivant à Stirling University. Le concert, lui-même, se déroula sans incident, et le public était en délire à la dernière chanson! Lorsque le groupe quitta la scène, la foule claqua des pieds et hurla pour les écouter encore, alors, ils donnèrent un rappel. Ils continuaient à crier pour en avoir encore, et le groupe revint pour un deuxième rappel, mais, quand ils refusèrent de revenir pour un 4e rappel, les difficultés commencèrent! Des bagarres éclatèrent dans la foule, la police fut appelée et pour leur propre sécurité, les membres du groupe furent enfermés dans une cuisine des coulisses. Deux personnes du public furent poignardées, et deux membres du personnel qui essayaient d'intervenir pour calmer la situation furent blessés et hospitalisés. Il fallut pas mal de temps à la police et aux agents de sécurité pour arrêter ce déchaînement, et, il fut décidé que la prochaine soirée devant se dérouler à Birmingham serait annulée, et, repoussée à la fin de la tournée. Cela amena soudain au groupe, une énorme publicité dans la presse musicale, avec des gros titres du style:

" Queen! Emeute au concert!"

Ce ne fut pas le seul évènement fâcheux de cette tournée, par ailleurs triomphale! Après leur concert à Manchester University, on découvrit que des voleurs avaient fracturé les véhicules du groupe et dérobé la malle de John. Elle contenait des affaires personnelles, incluant des photos inestimables qu'il avait prises en Australie, la police en fut informée mais rien ne fut jamais retrouvé.

Queen s'envola pour l'Isle Of Man le 26 mars 1974 pour un concert dans le Palace Lido In Douglas. Ils ne s'attendaient vraiment à rien de plus qu'un petit concert, l'île étant petite et très peu peuplée, mais, cela devait se révéler être un concert mémorable où ils prirent vraiment du bon temps! Et ils ne furent pas oubliés des hôteliers non plus: une fête donnée après le spectacle connut des débordements sans pareils et une salle entière fut dévastée! Les habitants de l'île furent impressionnés! En quittant l'île, le groupe apprit que l'album 'Queen II' était monté n°7 dans les charts anglais et parallèlement leur premier album finalement entrait dans les charts à la place n°57!

C'est à peu près à cette époque qu'Elektra Records édita le premier album de Queen au Japon, le début d'une longue et riche relation avec le peuple japonais. Ils vouèrent à Queen un enthousiasme si soudain qu'il ne se passa guère de temps avant que l'album ne rentre dans les charts au Japon!

Le 28 mars 1974, Queen jouait dans un bal à Aberystwyth University. Nutz ouvrait le concert devant un public clairsemé, la plupart étaient au bar et ceux qui étaient dans la salle montraient peu d'intérêt pour ce groupe jusqu'au dernier titre où seulement ils daignèrent applaudir du bout des doigts....! Queen prit la suite jusqu'à deux heures du matin. A ce moment-là, toute la foule qui était restée au bar revint se presser dans la salle! Queen joua un concert éblouissant, la foule ne voulait plus les laisser partir, à force de crier et de taper des pieds, ils eurent droit à trois rappels! Le groupe était réellement en pleine ascension après ce concert, il suffisait de voir tous ces gens que l'on refusait à l'entrée de leurs concerts car c'était complet, les billets s'arrachaient à une vitesse prodigieuse!

Quoi qu'il en soit, la tournée se terminait par un concert au théâtre 'The Rainbow' à Londres le 31 mars 1974. Durant la journée, le groupe se querella! Norman Sheffield dit: 'Freddie devenait tellement maniéré que Brian lui dit qu'il n'était qu'une vieille poule! Cela le bouleversa vraiment et il se mit hors de lui! Il sortit de la camionnette je crois! Mais lorsqu'arriva le moment de faire la balance, nous ne le trouvions plus, nulle part, aussi, ils montèrent le volume sonore et Brian commença à appeler: 'Freddiepoos, où es-tu?'. Cela fonctionna, il entra brusquement par l'arrière, il était livide, mais le groupe ne fit mine de rien!

John Harris, l'ingénieur du son, expérimentait l'acoustique du Rainbow pendant la prise du son. Il plaça deux tables de mixage, une dans les combles, l'autre au niveau du sol. Il équipa celle du bas d'un équalizer graphique pour faire la balance du son, et le résultat fut bien meilleur que l'acoustique originale de la salle. Durant les préparatifs, Roger décida également d'expérimenter le son de ses caisses en versant de la bière dessus! Toutes ces éclaboussures produisaient un bel effet lorsqu'il les frappait, mais, personne n'a jamais prouvé que le son était meilleur pour autant!

Queen joua devant un très grand public ce soir-là, 3500 personnes, et ils étaient réellement renversés d'avoir pu remplir une salle si célèbre! Cependant, une journaliste ne fut pas si surprise que çà! Rosemary Horide assistait à ce concert, et c'est encore elle qui les toucha énormément!

" Quelle soirée! Ce fut l'apogée de la grande tournée de Queen.... entrant dans la postérité, c'était réellement le signe de leur percée et de leur réussite, leur ascension a été si fulgurante que beaucoup ont douté du talent de Queen pour justifier de pouvoir jouer dans une salle si prestigieuse si tôt dans leur jeune carrière! Outrageusement élégamment vêtu de son nouveau costume 'd'aigle blanc', Freddie se pavanait et posait avec encore plus d'enthousiasme que d'habitude et chanta mieux que je ne l'avais jamais entendu... qui aurait pu croire que c'était la première fois que Queen était en vedette pour un concert de cette importance! Quelques minutes après le début, ils étaient habitués à cette vaste scène et ils l'utilisèrent tout à fait à leur avantage! Après deux rappels, ils quittèrent finalement la scène sous les ovations du public qui s'était levé, et sous un tonnerre d'acclamations et de cris de joie!'

Le 2 avril 1974, le concert ajourné du Barbarellas à Birmingham fut ajouté comme dernière date de tournée. Puisque c'était le dernier concert de cette tournée et que les esprits étaient quelque peu surchauffés, Roger paria le champagne avec les roadies et les membres du groupe Nutz qu'ils ne seraient pas capables de traverser la scène nus pendant leur tour de chant! Les roadies, bien sûr, n'étaient pas intimidés par le public venu nombreux, et encore moins Dave le chanteur des Nutz qui adorait le champagne! Lui et les roadies arrachèrent leurs vêtements et coururent d'un bout à l'autre de la scène durant la prestation de Queen! Mais, à en croire ce que l'on dit, ils n'eurent jamais droit au champagne promis! Et même si Freddie et Brian se rendirent quelques temps après au premier concert des Nutz au Marquee, à Londres, on dit que Roger ne s'y montra pas....

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Après une tournée de Grande-Bretagne aussi triomphale, désormais Queen étaient excités à la perspective de leur prochaine tournée aux USA en première partie de Mott The Hoople. La réaction du public anglais leur avait donné goût au succès. Et ils attendaient pour bientôt des concerts encore plus importants aux USA, tout en étant bien conscients néanmoins qu'ils ne seraient pas aussi libres que çà. Même s'ils étaient en première partie, ils savaient qu'ils pouvaient enflammer le public et le gagner à leur cause, leur confiance en eux était immense! Le 12 avril 1974, ils s'envolèrent pour les USA, remplis d'espoir de succès!

Ils avaient appris à très bien connaître Mott lors de leur tournée avec eux, et, ils s'attendaient à ce que celle-ci soit très drôle! "Ils étaient épatants, dit Roger, un vrai groupe sexe, drogue, rock'n'roll, nous savions que nous partions pour une grande tournée!". Elektra mis en vente 'Queen II' aux USA trois jours avant leur départ.

Queen donna son premier concert aux USA le 16 avril 1974, à Denver, au Regis College. Ils furent accueillis de manière très mitigée au début, le public connaissait bien Mott mais se méfiait des nouveaux venus anglais portant satin et vernis à ongles!! A la fin de leur prestation, cependant, ils avaient gagné leur confiance!

C'était une tournée épuisante pour Queen, les salles de spectacles étaient plus grandes, le public difficile à conquérir et à impressionner, et, les trajets entre les concerts étaient plus pénibles et plus longs en comparaison avec les distances relativement courtes entre deux dates en Angleterre, mais, ils se marraient!!

Le 1er mai 1974, Mott, Queen et le groupe américain Aerosmith étaient tous les trois à l'affiche du Harrisburg Farm Arena. Il n'avait pas été décidé, alors, quel serait le premier groupe à monter sur scène, Queen ou Aerosmith, Mott quant à eux jouaient en vedette. Lorsqu'ils arrivèrent sur le lieu du concert, qui n'était rien de plus qu'une immense étable de laquelle les vaches avaient été évacuées seulement la veille, laissant derrière elles leur odeur et autres petits cadeaux, les deux groupes de première partie commencèrent à discuter leur ordre de passage sur scène. Brian fut vite assommé par leurs querelles et s'enfuit dans les coulisses où il rejoignit Joe Perry, le guitariste d'Aerosmith, qui en avait eu assez de ces disputes, lui aussi!

"Je me suis présenté, dit Brian, et nous nous sommes assis ensemble, nous avons décidé que vraiment peu nous importait qui commençait! Jo sortit une bouteille de whisky Jack Daniels, et très très vite nous nous sommes vraiment sentis beaucoup plus relax! Nous avions tellement bu que nous pouvions difficilement marcher lorsque leur dispute se termina! Depuis, nous sommes amis". Ils trouvèrent un compromis, c'est-à-dire que les deux groupes joueraient en alternance le premier, un jour Queen, un jour Aerosmith! Brian dit: "Lorsque finalement nous avons commencé, je me souviens avoir entendu cogner les premiers accords à travers le brouillard, et, j'ai réalisé qu'avec l'écho, je ne pouvais rien entendre! J'ai entièrement joué le concert de mémoire et j'ai compensé tout cela par de grands mouvements! Tout le monde trouva cela fantastique! Aussi, je pris deux décisions à cette date: 1°) de donner de grands mouvements, 2°) de ne pas boire plus d'une bière avant un concert!!".

Du 7 au 12 mai 1974, Mott et Queen étaient réservés pour jouer à New-York, au Uris Theater sur Broadway, où jamais aucun concert de rock n'avait eu lieu! Les propriétaires étaient un peu angoissés, mais le promoteur, Ron Delsner, calma leurs angoisses et les six concerts furent totalement vendus. Malheureusement, le théâtre subit quelques dommages, car quelques spectateurs avaient écrasé leurs cigarettes sur la moquette. Ron, cependant, avait inspecté les lieux avant le concert, et compté tous les trous de cigarette existants, et il recommença après le spectacle, donc, l'amende qu'ils durent payer ne concerna pas l'ensemble des brûlures!

Au concert final, Brian, qui ne se sentait pas très bien depuis quelques jours, s'effondra subitement, et il fut obligé de prendre du repos avant le prochain concert à Boston, première ville, mis à part au Japon, où Queen était d'ores et déjà en tête d'affiche. Le groupe attendait anxieusement des nouvelles de la santé de Brian pour décider s'ils devaient ou non annuler les concerts! On leur répondit qu'ils ne devaient pas seulement annuler les concerts de Boston, mais, tous ceux de la tournée américaine car Brian souffrait d'une hépatite virale! Il se rappelle: "Le premier jour où je me suis réveillé au Parker House à Boston, je me sentais comme si mon corps tout entier était de plomb. J'ai essayé de manger un pamplemousse, sur les conseils d'un ami, pour être en forme, puis, je me suis traîné jusqu'au miroir de la salle de bains, et j'ai vu que j'étais de couleur jaune! D'un seul coup c'était la fin de nos rêves de conquête de l'Amérique! Je me sentais coupable comme si j'avais laissé tomber tout le monde, ils m'emmenèrent et m'embarquèrent dans l'avion pour rentrer en Angleterre où l'on m'ordonna six semaines alité! Mais, ce n'était que le début!"

Elektra Records avait contacté toutes les personnes qui avaient approché Brian afin de s'assurer qu'ils étaient immunisés contre le virus de l'hépatite, ce qui voulait dire toute la presse, Queen, Mott, les techniciens de la tournée, les roadies et beaucoup d'autres. Les médecins, à l'hôpital, se firent donner des détails sur l'injection qu'avait subi Brian avant de partir en Australie, et ils conclurent qu'il avait été infecté par une aiguille sale qui avait provoqué par ailleurs tous les problèmes liés à son bras.

Le 20 mai 1974, Elektra Records mit en vente le single ' Seven Seas Of Rhye' aux USA. Comme les singles précédents, il n'entra pas dans le chart.

Mott The Hoople devait continuer sa tournée et Queen fut remplacé par le groupe canadien Kansas! Le groupe rentra au pays, et Brian resta alité comme il lui avait été prescrit. Il était très sérieusement malade, et, ils étaient très inquiets et ils se demandaient s'il pourrait se remettre complètement un jour. Pendant ce temps-là, le Daily Telegraph Magazine fit paraître une photo de lui sur leur couverture à propos d'un article intitulé: 'Intrusion dans la vie des adolescentes, les gendres qu'une mère pourrait accepter!'. Ils considéraient Brian comme un parfait exemple pour les adolescents, habillé sobrement, intelligent et cultivé, et dans le vent! D'autre part, l'article présentait également deux autres jeunes modèles, et, paradoxalement pour illustrer le contraire: une photo de Freddie, se tenant menaçant au-dessus d'eux, vêtu de son costume de scène ailé, blanc, exécuté par Zandra Rhodes, resplendissant de tout son eye-liner et de ses ongles vernis....

Brian profita du temps où il était alité pour travailler à quelques nouvelles chansons, puisque Queen devait commencer à enregistrer son nouvel album en juillet. Début juin 1974, le groupe travaillait ensemble sur du nouveau matériel pour les séances d'enregistrement prochaines. Ils se rendirent aux Rockfield Studios, au coeur du Monmouthshire dans le pays de Galles, pour répéter et travailler les chansons avec les effets sonores qu'ils espéraient. Cela leur procura également l'opportunité d'écrire de nouvelles compositions et d'arranger un peu les anciennes. Mais, entre chaque prise, Brian disparaissait dans les toilettes pour vomir, car il n'était toujours pas guéri.

Le 15 juillet 1974, ils entrèrent aux Trident Studios, et, le travail avançait bien, quand, début août, soudainement, à nouveau, Brian retomba malade. Il fut conduit en hâte au King's College Hospital où il fut opéré d'urgence d'un ulcère du duodénum. Queen dût annuler sa tournée en Amérique du Nord prévue pour le mois de septembre suivant, en raison de l'opération et de la convalescence de Brian.

Brian était dévasté, il se sentait responsable de toutes ces annulations, et il était également tourmenté par le fait que le groupe puisse le remplacer, mais, ils étaient loin d'avoir des idées pareilles et ils commencèrent à travailler sur le troisième album sans lui, tout en sachant qu'il pourrait venir pendant les séances dès qu'il irait mieux pour jouer ses partitions de guitare. Roy Thomas Baker, qui produisait l'album, essayait avec bien des difficultés de réunir ces enregistrements, ce qui n'était pas une tâche facile, surtout lorsqu'ils devaient surmonter un intervalle ou un temps mort qui serait complété plus tard par Brian! Il travailla si dur que pour un temps au moins il devint presque le cinquième Queenie.

Brian se rappelle: "Lorsque je suis sorti définitivement de l'hôpital, il y avait, bien sûr, une montagne de morceaux à jouer, et à rattraper, plus les partitions d'harmonies vocales qui nécessitaient la profondeur des trois voix. Nous avons terminé 'Killer Queen', 'She Makes Me' (complétée par les véritables sons cauchemardesques de New-York!) et 'Brighton Rock'. 'Now I'm Here' fut commencée et terminée durant les deux dernières séances, puisque j'avais trouvé les idées pour cette chanson alors qu'à l'hôpital je méditais sur la tournée de Mott et sur notre avenir!"

En septembre 1974, 'Queen II' avait été vendu à plus de 100 000 exemplaires, assez pour que le groupe se voit récompenser d'un disque d'argent! La remise de cette récompense eut lieu au London's Cafe Royal, organisée par Tony Brainsby, et les disques leur furent remis par Jeannette Charles, un sosie de Sa Majesté La Reine Elisabeth II, elle fit même un discours pour l'occasion! C'était la première apparition publique de Brian depuis sa maladie!

Dorénavant, le groupe était reconnu, et pris au sérieux, le Fan-Club qu'ils avaient installé grossissait de jour en jour, et, la presse, bien que leur faisant toujours des coups en dessous, commençait à comprendre que ce groupe ' feu de paille' pourrait bien durer plus longtemps!! On leur demanda des interviews pour la radio et la TV, aussi bien que pour les revues musicales, mais, ayant été si souvent insultés et maltraités, ils étaient peu disposés à avoir quelque contact que ce soit avec la presse!!

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Le 11 octobre 1974, EMI mis en vente le 3e single du groupe, leur premier à deux faces A, 'Killer Queen' et 'Flick Of The Wrist', deux chansons extraites de l'album sur lequel ils travaillaient encore. 'Killer Queen' eut immédiatement un énorme succès, grimpant de suite N°2 dans le chart officiel de la BBC et atteignant la première place des charts dans les revues musicales! Le disque gagna des articles fort élogieux dans les revues!

" Freddie Mercury est devenu un chanteur de rock raffiné et distingué, et son accompagnement , bien que compliqué par moments, résonne d'une manière soutenue et claire."

Sounds

" Queen est arrivé à une sonorité telle ce qui prouve bien qu'ils ne sont pas un groupe quelconque voulant seulement faire un tube!"

NME

C'était leur premier très grand succès, et arrivant juste avant une tournée, çà les encouragea énormément!

Leur compagnie de publicité, Feldmans, fut tellement impressionnée par le succès du groupe en Grande-Bretagne et en Europe que, chose tout à fait extraordinaire, elle leur offrit des chopes en étain gravées à leur emblème en signe de reconnaissance.

Alors qu'ils cherchaient un endroit pour répéter leur prochaine tournée anglaise, Roger rencontra un vieil ami et roadie de l'époque Smile, Pete Edmunds. Il avait fondé sa propre compagnie, Live Ware, louant des systèmes PA et il avait un magasin à Ealing que Roger le persuada de prêter pour que Queen puisse répéter!

Cette tournée démarrait le 30 octobre au Palace Theater à Manchester, Queen avait fait l'acquisition de nouveaux jeux de lumière et avait ajouté de nouveaux effets pyrotechniques, tous très différents de ce que la plupart des grands groupes avaient à cette époque! Leur but avait toujours été de donner à leurs fans un spectacle 'un vrai' spectacle, et ils étaient sûrs que les spectateurs viendraient également pour voir çà! Ils avaient aussi pré-enregistré une version spéciale de l'hymne national pour terminer leurs spectacles, ils pensaient que cela faisait un final parfait, et, que cela ne portait pas atteinte à Sa Majesté La Reine. Ils jouèrent six titres de leur nouvel album durant cette tournée, et incluèrent même leur 'Queen medley' (pendant lequel John jouait du triangle!) finissant avec 'Bring Back That Leroy Brown!' comprenant un solo de ukulele de Brian!

Cette fois-ci, les concerts furent légèrement plus importants que précédemment et le public de plus en plus nombreux et de plus en plus vifs à manifester leur admiration. Brian était maintenant complétement remis et jouait admirablement bien, et, avec le groupe qui exhibait des tenues de scène extravagantes, surtout Freddie et Brian, les nouveaux jeux de lumière, les bombes fumigènes et la neige carbonique, c'était un spectacle fort impressionnant!

Leur public était encore plus enthousiaste qu'avant, ce qui provoqua quelques incidents, tel celui au Liverpool Empire le 1er Novembre 1974, lorsque les fans envahirent la scène pendant la durée de la cassette d'introduction. Le rideau de sécurité fut abaissé, et, le manager monta sur scène pour calmer la foule. La nuit suivante à Leeds, encore, les spectateurs se précipitèrent sur scène, au risque d'écraser ceux placés au premiers rangs! Freddie était sur la scène, et en quelques mots il fut maître de la situation!

(Les deux évènements firent les gros titres de la presse musicale la semaine suivante!). A Leeds, Roger avait, on ne sait comment, endommagé son pied avant de monter sur scène, et, il joua toute la durée du spectacle avec une douleur lancinante, ce ne fut qu'ensuite qu'il fut conduit au Leeds Hospital pour une radio et un traitement approprié. Par chance, ce n'était qu'une entorse, ce qui lui occasionna un boitillement passager!

La tournée continua sans autre désagrément jusqu'à Glasgow le 8 novembre 1974, le jour-même EMI mettait en vente leur 3e album 'Sheer Heart Attack'. Freddie fut happé par la foule durant la dernière partie du spectacle et dû être secouru par les services de sécurité. Le chaos, cette nuit-là, eut pour conséquence dix rangées de fauteuils endommagés, mais, le propriétaire de la salle, l'Apollo Centre, offrit au groupe des statuettes d'argent pour fêter la première fois où toutes les places avaient été vendues!!

La presse aima l'album 'Sheer Heart Attack'.

" Un vrai régal! Ce ne sont pas des faussaires! Et, il contient quatre chansons qui ne demandent qu'à être écoutées: 'Killer Queen', 'Flick Of The Wrist', 'Now I'm Here' et 'In The Laps Of The Gods' revisited. Même le morceau que j'aime le moins ' Brighton Rock', incluant un échoplex solo de Brian May, est aussi une vibrante et palpitante expérience, que vous l'écoutiez en live ou en disque!"

NME

" Ceci est la preuve non seulement de l'immense talent de Queen, mais également de leur diversité. Queen jouera au Madison Square Garden en vedette aussitôt que son quatrième album verra le jour!"

AMERICAN MUSIC PAPER

La seule date de Queen à Londres était au Rainbow Theater pour une soirée, le 19 novembre 1974, mais les billets étant épuisés rapidement, en deux jours seulement, Mel Bush, le producteur, ajouta un second concert. Des discussions avaient commencé quelques temps auparavant au sujet de l'éventualité d'une vidéo de Queen, ce qui s'avérerait être une bonne publicité. Par conséquent, tout fut organisé pour que les deux soirées au Rainbow soient entièrement filmées. Les deux shows furent également entièrement enregistrés, avec le projet d'en sortir peut-être un album 'live'. Mais, après davantage de discussions, le groupe vota contre cette idée, ils aimaient jouer sur scène mais n'aimaient pas l'idée d'un album 'live', ils ne pensaient pas que ce soit un projet rentable.

Une 'fête de fin de tournée' fut donnée au Holiday Inn, au London's Swiss Cottage. C'était probablement la première fois qu'une fête de fin de tournée était organisée, mais, ce n'était sûrement pas la dernière....! Mel Bush récompensa le groupe par une plaque de bronze commémorant la vente complète des places durant la tournée toute entière!

Même si Queen avait désormais confiance dans les relations qu'ils s'étaient faits dans ce milieu, leurs relations avec la presse se détérioraient de plus en plus...!

Le manque d'enthousiasme total que le groupe affichait pour s'entretenir avec les journalistes les irritèrent tous au plus haut point et leur donnèrent ce qu'ils considéraient désormais comme des raisons pertinentes pour les insultes permanentes qu'ils écrivaient à propos du groupe. Ils commencèrent alors à inventer, de manière vraiment peu flatteuse, des citations et des interviews jamais données!

Le groupe devait débuter sa tournée européenne fin-novembre 1974, et ils s'envolèrent pour Gothenburg en Suède pour préparer celle-ci.

Ils avaient avec eux un groupe américain pour la première partie, le groupe Lynyrd Skynyrd qui, bien que totalement inconnu en Europe, était vedette chez eux, et, c'est pourquoi ils étaient populaires chez les GI's en Allemagne! Queen joua seulement à Gothengurg et à Helsinki en Scandinavie puisque leur camion avait été accidenté et qu'ils ne pouvaient pas transporter leur matériel sur les lieux des concerts suivants.

Ils partirent pour la Belgique dès que leur camion fut remplacé et jouèrent leur premier concert au théâtre '140'. Après quoi, le camion dut être rechargé et ils repartirent pour Munich, pour un concert, le soir suivant. Ils avaient à peine effectué la moitié du trajet lorsque le chauffeur ayant présumé de la hauteur de son véhicule se coinça sous un pont! Des mesures d'urgences durent être prises, et fort heureusement, un transporteur routier s'appelant Edwin Shirley, qui était un jeune patron débutant avec quelques camions, arriva avec un autre camion les chercher. Par bonheur, ils arrivèrent juste à temps pour jouer le concert du 2 décembre 1974, et, la compagnie d'Edwin Shirley continu par la suite à fournir les camions pour la tournée, et, plus tard, pour chaque autre tournée de Queen.

Fin décembre 1974, Music Week marquait en gros titres "Queen! La conquête de l'Europe!" C'était un commentaire honnête, puisque tous les concerts du groupe à travers l'Europe avaient été entièrement vendus, que leurs ventes d'albums étaient en plein essor, les populations des divers pays les aimaient et il paraissait tout à fait possible qu'ils accomplissent un sans-faute! A Barcelone, pour la première apparition de Queen en Espagne, les 6000 places furent vendues en une seule journée!

Avant leur retour en Grande-Bretagne, fin 1974, Queen finalement, acceptèrent de faire plusieurs télévisions et de donner des interviews pour les journaux, apparaissant à la TV de Grenade pour un spécial Noël de l'émission populaire '45' pour y chanter 'Now I'm Here!'. Ils désiraient faire autant d'apparitions publiques que possible puisque leur popularité était en pleine ascension, même si la presse leur faisait toujours les cents coups! Le publiciste Tony Brainsby était déterminé à changer cela et travailla avec le groupe pour essayer d'améliorer leur image auprès des médias, ce qui n'était pas chose facile!

Les relations de Queen avec Trident tournaient au vinaigre... Les membres du groupe avaient assisté à des réunions traînant en longueur avec Norman Sheffield concernant leurs royalties. Au début, Trident estimait convenable 15 livres par semaine, puis, le groupe insista sur le fait que 20 livres étaient plus réalistes, et juste après la sortie de 'Sheer Heart Attack' leurs royalties s'élevèrent à 60 livres par semaine. Après le succès de 'Killer Queen' et de 'Now I'm Here!', les membres du groupe estimaient qu'ils devaient gagner davantage. Tous les gens qu'ils rencontraient présumaient qu'ils étaient millionnaires, ce qui était très loin de la vérité! La friction devenait insupportable, aussi, Queen rencontra un jeune avocat débutant du show-business, Jim Beach, pour déterminer s'il existait un moyen de rompre les liens qui les unissaient à Trident. Jim Beach commença immédiatement des négociations avec Trident pour rompre les trois contrats que Queen avait signé. On était en décembre 1974 et cela allait durer jusqu'à août 1975!

Fin décembre 1974, pour Queen le succès était assuré des deux côtés de l'Atlantique, puisque le single 'Killer Queen' et l'album 'Sheer Heart Attack' étaient entrés tous deux dans le Top Ten aux USA. Les groupes anglais avaient difficilement du succès aux USA, et c'était encore plus dur pour Queen, leur image publique étant si éloignée de celle des groupes américains, la plupart des groupes américains étaient habituellement vêtus de jean's et de t-shirts!

Le début de janvier 1975 fut une période tranquille pour Queen, et, Brian en profita pour prendre de courtes vacances à Ténérife, une île qu'il affectionnait particulièrement depuis son séjour durant ses études!

Le 17 janvier 1975, ce fut la sortie de leur 4e single 'Now I'm Here!' extrait de 'Sheer Heart Attack', et, le jour suivant, le 18 janvier 1975, John se mariait avec Veronica Tetzlaff sa compagne, à l'église Carmélite sur Kensington High Street à Londres.

Les problèmes avec Trident et avec l'administration de l'argent du groupe revenaient maintenant sans cesse en question. John désirait acquérir une petite maison pour sa femme et lui, mais, Trident refusait de lui avancer l'argent nécessaire pour la caution. Freddie voulait s'acheter un piano et Roger une voiture, mais, aucune de ces requêtes ne fut accordée, et, les relations entre le groupe et Norman Sheffield devenaient de plus en plus tendues...!

Le 31 janvier 1975, le groupe quitta l'Angleterre pour les USA avec beaucoup d'enthousiasme, c'était leur première tournée en vedette en Amérique! Ils s'attendaient à être très vite en haut de l'affiche et dans ce but, ils employèrent tout un ensemble de nouvelles technologies de jeux de lumière et de son qu'ils avaient emporté avec eux. Ils étaient tous un peu nerveux aussi, le single 'Killer Queen' avait été mis en vente deux mois auparavant et il s'était bien vendu, montant jusqu'à la place n°5 dans les charts rock, mais, ils n'avaient encore aucune idée de l'accueil qui leur serait fait.

Ils n'avaient pas besoin de se tracasser comme çà , tous les billets d'entrée pour tous les concerts de la tournée s'étaient vendus si vite que plusieurs dates avaient dûes être rajoutées pour satisfaire la demande du public! Ils allaient même devoir jouer parfois deux fois dans la même journée pour deux publics différents!

Leur premier concert eut lieu au Angora Theater à Colombus, avec en première partie le groupe Kansas qu'ils avaient déjà rencontré durant la tournée avec Mott, et le groupe Mahogany Rush. La presse américaine accueillit le premier concert avec enthousiasme!

Durant les trois premières semaines de la tournée, Freddie commençait à avoir quelques problèmes de voix, et, après le deuxième concert à Philadelphie il était à peine capable de parler, il dut consulter un ORL au University City Hospital. Jack Nelson et Dave Thomas restèrent avec Freddie tandis que le reste de la bande était en route pour Washington, leur étape suivante. Le spécialiste dit à Freddie qu'il était probable qu'il ait deux polypes dans la gorge, à trop forcer sur la voix comme il le faisait! Il recommenda à Freddie de ne pas chanter et de parler le moins possible durant les trois prochains mois! Le soir suivant, Freddie monta sur scène à Washington. Lui-même et les trois autres membres du groupe étaient conscients que cela pouvait très bien être leur dernier concert avant longtemps, puisque Freddie était souffrant, mais, quoi qu'il en soit, rien qu'à la pensée de ne plus jouer pendant longtemps, ils donnèrent un des meilleurs spectacles qu'ils n'aient jamais joué!

Le jour suivant, Freddie vit un autre spécialiste à Washington, pour avoir un deuxième avis, il lui répondit que même s'il n'y avait pas de polypes, sa gorge était anormalement enflée et qu'il serait fortement recommendé de laisser reposer sa voix! Ils étaient tous soulagés, des polypes auraient nécessité une intervention chirurgicale , et, l'inflammation, malgré les inconvénients et la souffrance endurée, était facile à guérir. Freddie anormalement silencieux, malgré lui, accepta d'annuler quelques-uns des shows à venir, pour donner à sa gorge le temps de guérir. Il s'envola pour New-York où un spécialiste ORL, spécialisé dans le traitement des maladies des chanteurs, confirma le diagnostic et redit à Freddie que le seul remède était le repos complet! Il lui prescrivit également quelques antibiotiques et quelques antalgiques pour essayer de calmer la douleur et faire diminuer l'inflammation.

Les six concerts suivants furent annulés, mais, comme à la fin du traitement l'inflammation subsistait, Freddie remonta sur scène malgré tout. Il essayait de rester le plus tranquille possible entre deux concerts, néanmoins, il était très inquiet que cette douleur n'augmente encore. Le repos n'avait pas été assez long, aussi, quelques jours après, écourtant la tournée, Freddie eut à nouveau une crise de laryngite aigue. Il était devenu évident qu'il avait bien trop forcé sur la voix et plusieurs autres concerts durent être annulés. Le groupe poursuivit sa tournée, mais, avec des périodes de repos plus longues, ce qui semblait être la seule solution.

Cette laryngite aigue avait rendu Freddie muet entre les concerts, mais, certainement pas sans défense comme une jeune pickpocket en fit l'expérience à Seattle. Freddie la surprit dans sa chambre d'hôtel, volant son argent et ses bijoux et il lui donna la chasse!... Elle fut appréhendée et arrêtée en un tourne-main!

Durant la tournée, Queen avait rencontré l'organisateur du show-business Don Arden qui leur proposait une affaire très lucrative une fois qu'ils seraient libérés de Trident. Mais les négociations avec Trident débutaient seulement et le groupe n'était pas en mesure d'accepter son offre. Don dit alors qu'il pouvait faire avancer les choses plus rapidement avec Trident, et, qu'il pourrait très vite rencontrer Norman Sheffield. Trident accepta sur le principe ses 'suggestions' pour éditer Queen, et, le groupe signa une lettre l'autorisant à agir en leur faveur, avec l'accord tacite qu'il serait leur manager le moment venu.

Un des lieux les plus prestigieux de la tournée était le Santa Monica Civic Auditorium, et, durant le spectacle, devant un très large public, John déchira son pantalon! Freddie trouva cela extrêmement drôle, et impitoyablement il se moqua de lui durant tout le concert jusqu'à ce que John parte discrètement se changer!

La dernière date de cette tournée, durant laquelle ils avaient joué 38 concerts en à peine 8 semaines, aurait du être Portland, mais le concert fut à nouveau annulé. De retour en Grande-Bretagne, les problèmes avec Trident devinrent aigus. Les négociations importantes pour venir à bout des contrats les liant à Trident avançaient à grands pas, et, le groupe en profita pour partir à Kawai à Hawaï prendre de courtes vacances bien méritées, avant leur prochain départ pour leur première aventure au Japon!

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A la conquête du Japon

Les ventes de disques de Queen étaient toujours très importantes au Japon, et les ventes de billets de concerts furent exceptionnelles! Lorsque Queen atterrit sur l'aéroport de Tokyo le 18 avril 1975, ils furent accueillis par plus de 3000 fans criant et scandant leurs noms, toutes portant banderolles et disques, et, chantant et les appelant, alors qu'ils débarquaient à peine.

Ils furent même très surpris par l'accueil qui leur était fait, même s'ils ne pouvaient guère ignorer que 'Sheer Heart Attack' et 'Killer Queen' étaient tous deux n°1 dans les charts ici au Japon! "C'était stupéfiant, dit Brian, toutes ces petites japonaises hurlant et criant pour nous! Nous ne pouvions pas comprendre, c'était comme un autre monde, mais on adorait çà!"

Le magazine japonais 'Music Life' avait organisé une conférence de presse pour leur décerner des récompenses spéciales pour leurs imposantes ventes de disques et leur popularité au Japon, ils furent acclamés comme des héros à travers tout le Japon!

Leur premier concert eut lieu au Budokan Martial Arts Hall à Tokyo, le 19 avril 1975. Le Hall affichait complet, dix mille personnes s'étaient serrées dans la salle et le déchaînement de la majeure partie des spectateurs posait quelques problèmes. Le Hall avait donc embauché des lutteurs-sumo pour former un cordon de sécurité devant la scène afin de stopper les personnes qui essayeraient de grimper!

A quelques minutes du spectacle, la foule déferla sur l'avant, et les lutteurs comprirent très rapidement qu'ils ne pourraient tous les faire reculer. A ce moment-là, le groupe arriva, dans la salle les sièges avaient commencé à voler, la panique et l'hystérie collective commençaient à s'installer! Un groupe en effervescence, composé en majeure partie de jeunes filles, avançait, telle une vague. Cette vague arriva sur environ trois mètres de large et d'un bout à l'autre de la scène, et, elles criaient et hurlaient, toutes, couvrant la musique. C'était devenu dangereux pour les fans, et, Freddie arrêta le spectacle pour calmer le public avant que les spectateurs ne soient victimes de graves blessures.

Les fans s'asseyèrent et le spectacle qui était filmé pour la TV japonaise put reprendre sans autre problème. A la fin du spectacle, la foule était si excitée que c'est en voiture blindé que le groupe, dans son propre intérêt, fut promptement transporté hors du lieu de concert, et il allait en être ainsi pour tout le reste de la tournée.

Après avoir joué un concert tous les soirs dans diverses régions du Japon, onze jours plus tard, le groupe était de retour à Tokyo au Budokan, après avoir fait de nombreuses apparitions TV dans tout le pays. En guise d'hommage à ces foules immenses qui étaient venues assister à leurs concerts, ils décidèrent de clôturer leur dernier show dans le style japonais, et pour les rappels, ils montèrent sur scène vêtus de kimonos. Le public était très touché et les acclama à tout rompre!

La tournée provoqua une hystérie envahissant tout le pays, personne depuis la 'Beatlemania' n'avait vu cela au Japon! C'était le premier pays à reconnaître que Queen était un grand groupe de rock, et, ils leur témoignaient une reconnaissance qu'ils leur prouvaient par des cadeaux somptueux et extravagants; ceci marqua le début d'une amitié très profonde du groupe pour ce pays et son peuple. Freddie était particulièrement épris de ce pays, il acheta énormément de kimonos de soie et de poupées, il commença une collection d'art japonais!

Le groupe rentra en Grande-Bretagne le coeur lourd, ils venaient de passer de si bons moments qu'ils avaient le blues de regagner leur pays et leurs ennuis de maison de production! Ils devaient prendre quelques décisions importantes concernant leur avenir. Leur avocat essayait encore d'amener Trident à abandonner leurs contrats, mais jusque là, rien n'était encore gagné!

Au début du mois de mai 1975, les lecteurs du magazine 'Disc' élirent Queen 'Meilleur Groupe' dans pas moins de quatre catégories de leur classement annuel: meilleur groupe live, meilleur groupe anglais, meilleur single pour 'Killer Queen', et meilleur groupe international. Ils passaient régulièrement à la télévision et à la radio. Freddie fut sollicité pour participer à l'émission de radio du DJ Kenny Everett, à compter de cette date naquit une solide amitié entre eux!

Le 22 mai 1975, Freddie reçut un Ivor Novello par la Guilde des Auteurs-Compositeurs de Grande-Bretagne pour 'Killer Queen'. C'était la première fois qu'il recevait un prix si prestigieux et il était infiniment fier de cette récompense!

Durant l'été 1975, le groupe continua à travailler dur sur de nouvelles chansons pour leur quatrième album. Ils avaient beaucoup d'idées pour de nouvelles mélodies. Brian avait désormais beaucoup d'expérience et essayait encore davantage d'harmonies et d'orchestrations sur sa guitare, puisqu'ils se refusaient toujours à inclure des synthétiseurs. Ils estimaient tous que le son provenant de vrais instruments était de loin le meilleur, de plus, Brian pouvait obtenir de sa guitare des choses époustouflantes.

Quelques mois auparavant, Freddie avait été présenté à Eddie Howell, un chanteur auteur-compositeur qui allait enregistrer un single. Il demanda à Freddie s'il voulait bien être son producteur. La production du travail de quelqu'un d'autre était un domaine où Freddie ne s'était jamais aventuré avant, mais, pensant que ce pouvait être une bonne expérience pour lui, il accepta.

Le travail fut accompli durant l'été et Freddie, qui jouait aussi les claviers et participait aux backing vocals, recruta l'aide de Brian pour ajouter quelques parties de guitare. Ce titre s'appelait 'The Man From Manhattan' et il obtint un succès d'estime dans quelques pays, néanmoins il fit une belle apparition en Grande-Bretagne.

Le 18 juillet 1975, John et Veronica devinrent les heureux parents de leur premier enfant prénommé Robert.

Le groupe reçut aussi un Golden Lion pour 'Killer Queen'. Le titre fut proposé pour le Festival Golden Lion à Blankenberge en Belgique, et Roger et Brian s'y rendirent pour recevoir le prix au nom de tout le groupe.

Les accords pour la séparation avec leur Maison de Production étaient prêts à être signer fin août 1975, ils commençaient à voir enfin le bout du tunnel. Un problème demeurait cependant, Jack Nelson avait déjà organisé les dates pour une tournée aux States et les places étaient toutes vendues, mais les problèmes avec la Maison de Production devaient être définitivement résolus, la tournée fut donc annulée, avec pour conséquence immédiate, une perte importante de revenus pour tous ceux qui avaient organisé cette tournée.

Des rumeurs commençaient à circuler, disant que Queen allait peut-être se séparer, en raison de leurs problèmes sans fin. Rumeurs non-fondées bien sûr. Bien que les difficultés furent bien réelles et occasionnaient de sérieux problèmes au sein du groupe en raison des pressions exercées sur eux, les membres du groupe, eux, n'avaient pas l'intention de laisser cela compromettre leur avenir ensemble. Finalement, fin août 1975, Queen signa avec Trident un accord les libérant de leurs trois contrats. Feldman, leur compagnie de publicité, fut reprise par EMI, leurs contrats d'enregistrement ne furent plus traités par l'intermédiaire de Trident, et, furent signés directement avec EMI et Elektra, et, désormais ils étaient libres de trouver une autre maison de production. En retour, le groupe accepta de verser à Trident des dommages et intérêts de rupture de contrat à raison de 100 000 livres sterling plus le droit à 1% des royalties générées par leurs six prochains albums. Le seul problème essentiel étant que Queen ne possédait pas l'argent pour cela.

Le groupe et Jim Beach, leur avocat, commencèrent alors les recherches pour une nouvelle maison de production, les arrangements qui avaient été signés avec Don Arden avaient été rompus par accord mutuel. Ils avaient réuni une courte liste de trois personnes. La première était Peter Grant qui produisait à cette époque Led Zeppelin, Peter était intéressé, mais, aurait voulu que Queen signe avec Swansong, la maison de disques de Led Zeppelin, et aussi avec leur compagnie d'enregistrement. Queen, dubitatifs, désirant signer directement avec une des maisons de disques les plus importantes, rejetèrent l'offre de Peter. Peter, cependant, leur donna quelques bons conseils pour leur avenir, ce dont le groupe lui fut vraiment reconnaissant. Jim essaya alors de contacter Peter Rudge, mais il était en tournée, et, il ne put le joindre. Le troisième était le producteur d'Elton John, John Reid. A cette époque, Elton John était déjà une immense vedette internationale, mondialement reconnu, et John Reid répondit qu'il n'était pas sûr de pouvoir prendre en charge un groupe en plus. Son attitude changea quand il apprit que le groupe en question n'était autre que Queen, et il accepta immédiatement!

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L'EPOQUE JOHN REID.

Le premier problème de John Reid fut de s'associer avec Jim Beach et de négocier le contrat d'édition musicale du groupe, étant donné qu'ils devaient encore trouver 100 000 livres sterling d'ici novembre pour pouvoir payer Trident! Ils se débrouillèrent pour que les Editions Musicales EMI leur avance le montant à retenir sur leurs royalties à venir.

John Reid donna une énorme fête au London Coliseum pour célébrer son union avec Queen, et pendant cette fête, le groupe reçut plusieurs disques d'argent et d'or pour les ventes de 'Killer Queen', 'Sheer Heart Attack', 'Queen' et 'QueenII'. Ils reçurent également, un award assez différent, un 'Carl Allen Award', il était offert au groupe pour sa contribution exceptionnelle à l'Industrie des Salles de Danse et Discothèques.

Comme Trident avant lui, John réalisa qu'il aurait besoin d'un manager pour les affaires courantes de ses nouveaux poulains, et, il propulsa à ce poste Pete Brown qui avait souvent travaillé avec lui à divers projets. Pete devait s'occuper de la vie personnelle du groupe et de toutes leurs affaires, et veiller à ce qu'ils ne manquent de rien, puisque John voulait que l'on en prenne grand soin à tous points de vue!

A cette époque, un des groupes les plus populaires en Angleterre, à part Queen, était Sparks constitué de deux frères, Russ et Ron Maël. Au milieu de l'année 1975, ils contactèrent Brian et lui firent la proposition de se joindre à leur groupe, argumentant: 'Queen est objectivement mis au rancart, viens conquérir le monde avec nous!'. Brian fut très flatté, il aimait énormément le groupe Sparks, mais il déclina leur offre. Queen était bien parti, bien sur sa lancée, et, il était très heureux de faire partie de ce groupe!

Le groupe travaillait d'arrache-pied pour leur prochain album dans différents studios à Londres et aux alentours aussi. On proposa à Roger de faire quelques backing vocals sur un titre pour le groupe pop Fox qui travaillait dans les studios Sarm en même temps que Queen, la chanson s'intitulait ' Survival' qui fut sur l'album de Fox appelé 'Tails Of Illusion'. Il accepta aussi de faire les percussions sur un titre pour un artiste appelé Eugène Wallace, aux Studios Trident qui étaient utilisés pour réaliser le prochain album de Eugene Wallace 'Dangerous'!

En octobre 1975, le groupe présenta à John Reid le morceau qu'ils désiraient voir sortir en single, une épopée opéra-rock d'une durée d'au moins six minutes intitulée 'Bohemian Rhapsody'. John était incrédule. Il leur fit des remontrances, leur disant qu'ils ne pourraient jamais réaliser quelque chose d'aussi long, que cétait tout simplement impossible, que personne ne leur accorderait un passage à la radio. Le groupe était unanime, dans ce cas-là, le disque ne serait pas réalisé du tout. John savait qu'ils ne changeraient pas d'avis, alors, le disque fut pressé tel quel!

Freddie et Roger étaient toujours grands amis avec le DJ Kenny Everett, ils lui donnèrent un exemplaire du disque avant sa sortie et ils lui dirent que c'était uniquement pour son usage personnel, et, qu'il ne devait surtout pas le diffuser à la radio. Mais Kenny n'était pas quelqu'un que l'on mettait au pas, et, comme il aimait beaucoup la chanson, il ne put résister à la tentation de le diffuser sur les ondes, en fait quatorze fois en seulement deux jours! La réponse des auditeurs fut incroyable, les standards téléphoniques furent submergés d'appels demandant où l'on pouvait se procurer ce nouveau disque absolument extraordinaire!

Le 31 octobre 1975, Queen mit en vente 'Bohemian Rhapsody'. Ils l'ornèrent même d'une pochette à illustration graphique, c'était la première fois qu'ils faisaient ainsi en Angleterre. Ce single était un mélange unique d'opéra et de rock, commençant par une ballade plaintive, se fondant dans des airs d'opéra harmoniques multitravaillés et alors vrombissant dans une fin rock heavy-metal. C'était le chef-d'oeuvre de Freddie, et tout le monde voulut savoir de qui, sur terre, il avait bien voulu parler. Il ne voulut jamais le dire, sauf que c'était une chanson personnelle ayant trait à des gens qu'il connaissait. Il ne voulut jamais en dire plus!

Cette chanson secoua le pays comme une tornade, les critiques soit la détestèrent, soit l'adorèrent. Quelques réactions, cependant, étaient prévisibles. Dans le milieu des médias, tout le monde s'accordait pour dire qu'elle ne serait jamais diffusée dans son intégralité et qu'elle n'obtiendrait jamais de succès.

Ils avaient tort, les stations de radio la diffusèrent chaque fois d'un bout à l'autre, elle ne fut jamais interrompue avant la fin!

L'album d'où était extrait ce single fut diffusé en avant-première pour les médias aux Studios Roundhouse à Londres où le public fut agréablement accueilli par une énorme enseigne indiquant simplement 'Welcome to A Night At The Opera', soirée où il fut annoncé aussi que c'était là l'album le plus cher jamais produit! En mettant la version de l'Hymne National par Queen en dernier morceau de l'album, Freddie avait fait en sorte que chacun garde attentivement l'écoute jusqu'à la fin.

Cette avant-première attira l'attention de Norman Sheffield, un des directeurs de Trident Studios, sur un morceau particulier. Le morceau en question était 'Death On Two Legs', le titre était suivi des mots 'Dedicated to...'! Norman vit rouge et présuma que cette chanson était à son sujet, lisant dans des paroles telles que 'You've taken all my money and you want more' et 'Put your money where your mouth is Mister Know-All' les mauvais sentiments qui étaient apparus entre Queen et lui durant et après leur rupture difficile. Il menaça de poursuivre en justice Queen et EMI, considérant que cette chanson était diffamatoire. Queen refusa de faire quoi que ce soit, ils n'avaient jamais déclaré, nulle part, ni à qui que ce soit, pour qui cette chanson était dédicacée. EMI repoussa l'action en justice, et, en retour, afin d'être sûr que Trident ne porterait plus plainte contre cet album, accepta de payer à Norman Sheffield une somme importante, ce qui semblait préférable, plutôt que de faire semblant d'ignorer la situation et la laisser s'empirer, et puis certainement bien mieux que de voir sortir l'album censuré par une mise en demeure.

Queen devait débuter une grande tournée en Angleterre à la mi-novembre 1975, et, 'Bohemian Rhapsody' grimpait régulièrement dans les charts. Le groupe voulait être sûr que leur titre serait diffusé dans les shows TV incluant bien sûr le 'Top Of The Pops', au cas où l'opportunité se produirait alors qu'ils seraient sur la route. Ils eurent un entretien avec Bruce Gowers, qui avait dirigé le 'Live At The Rainbow', pour discuter d'un film promotionnel pour accompagner la chanson. C'était une idée nouvelle, mais le groupe était sûr de pouvoir le faire! Ils entrèrent aux Studios Elstree le 10 novembre 1975 pour répéter la tournée, et, ils trouvèrent l'opportunité de faire le film en même temps. Le groupe travaillait chaque prise de vue devant les caméras qui aussitôt se mettaient en marche, cela consistait à donner vie aussi à la pochette de 'Queen II'. Quatre heures de tournage, 4500 livres sterling de frais pour la filmer, une journée pour la réaliser, c'est ainsi qu'ils eurent leur première vidéo promotionnelle pour 'Bohemian Rhapsody', plus connue désormais sous le nom de BO RHAP!

Deux semaines seulement après sa sortie, 'Bohemian Rhapsody' avait dépassé les 150 000 exemplaires vendus, Freddie prédisait un n°3 dans les charts, et, cela explique sûrement que tous les billets de la tournée que Queen venait de débuter puissent être complètement vendus d'avance! Comme l'entêtement de Kenny Everett à la diffuser le plus souvent possible avant sa sortie fut une aide précieuse, Freddie lui demanda d'enregistrer un message qu'ils pourraient diffuser au début de leurs concerts. Il le fit dans son inimitable style 'déjanté'.

Cette tournée pouvait n'énorgueillir du matériel de scène le plus élaboré et le plus sophistiqué, avec encore plus de jeux de lumière, de pyrotechnique, et de neige carbonique que d'habitude. Roger aggrandit encore son kit de percussions déjà énorme, et, ajouta un énorme gong (qui était suspendu derrière lui et qui devait être retenu à l'arrière par le technicien aux percussions lorsque Roger le frappait, de peur qu'il ne s'élance d'avant en arrière et ne finisse par atterrir dans les coulisses!), et, Queen avait ajouté trois nouvelles chansons à leur tracklisting de scène.

La tournée débuta au Liverpool Empire le 14 novembre 1975, avec en première partie Mr Big. La troisième soirée, à Coventry, Freddie monta sur scène dans son kimono japonais, le public fut sous le charme. Les spectateurs des concerts de Queen étaient habitués aux costumes extravagants de Freddie, il portait du vernis noir depuis quelques temps, et arborait désormais des diamants, des chaînes, du cuir, des clous et des tuniques très amples. La tenue de scène de Brian, également, n'était jamais quelconque, il avait d'étonnants costumes ailés, des boléros très cintrés, des vestes brodées avec des manches flottantes. Les gens attendaient des choses différentes chaque soir, et, les membres du groupe trouvaient toujours ce qu'il fallait pour leur faire plaisir!

Le 20 novembre 1975, le Top Of The Pops diffusa en première la vidéo de 'Bohemian Rhapsody' pour la presse et pour le public qui était très intéressé. Avoir une vidéo promotionnelle à la place d'être là en personne était une idée tellement nouvelle que ce fut un tournant dans l'histoire de la musique pop à la TV et au cinéma, certains prétendent même que c'est cette vidéo qui a lancé l'industrie des vidéos musicales promotionnelles. Dorénavant, les artistes se devaient de tourner une bonne vidéo promotionnelle pour accompagner leurs chansons, et, deux ans après MTV fit la même chose aux USA.

Le 21 novembre 1975, EMI mit en vente le 4e album de Queen 'A Night At The Opera'. Les membres du groupe étaient tous de grands fans des Marx Brothers et intitulèrent leur album du titre de ce qu'ils considéraient être un des meilleurs films des Marx Brothers.

Le Melody Maker écrivit:

" L'impression générale est l'étendue de leurs possibilités musicales, et de textes puissants et incisifs. J'ai toujours la chair de poule à la fin de ce disque, alors, si vous aimez la bonne musique, et ne craignez pas de paraître idiot, écoutez cet album!"

Le 25 novembre 1975, Queen célébra son tout premier titre n°1 des charts en Angleterre avec 'Bohemian Rhapsody'! Ils étaient fous de joie. "Nous étions dans un hôtel, à Southampton, nous séjournions là pour un concert ou quelque chose de ce genre, puisqu'ils séjournaient tous au même endroit, et j'ai dû m'absenter un moment, se souvient la mère de Roger. Lorsque je suis revenue, je me suis heurtée à John Deacon dans le couloir et, il me dit qu'ils étaient n°1. J"étais réellement contente, et, Roger était très excité, mais cela ne m'impressionnait pas vraiment encore. Alors, sur le chemin du retour, dans la voiture, la radio diffusa la chanson, en disant que c'était le n°1 en Grande-Bretagne. Soudain, j'ai réalisé que mon fils avait un énorme succès, il avait vraiment réussi cet exploit! C'était une très forte émotion! Les parents de Brian et de Freddie n'avaient jamais eu de doutes quant à la réussite de leurs fils, et la mère de John, bien qu'elle soit contente et très enthousiasmée, elle a dit que ce n'était ni plus ni moins que ce qu'elle espérait! Mais, c'était un but atteint...!!"

Après quatre concerts joués à guichets fermés au London Hammersmith Odeon, les 29 et 30 novembre et les 1er et 2 décembre 1975, suivis de concerts à Wolverhampton, Preston et Birmingham, Queen joua à Newcastle au City Hall. Alors qu'ils quittaient cette ville, en route pour Dundee, la voiture du groupe fut arrêtée par un barrage de police, et, ils furent excortés au commissariat local pour être fouillés, essentiellement à la recherche de drogue. Personne dans le groupe n'était particulièrement concerné par la drogue, ayant été étudiants et étants rentrés dans le show-business plus tardivement que d'autres, ils avaient eu largement l'opportunité d'expérimenter différentes substances, et ils n'avaient été inspiré par aucune. Finalement la police les laissa repartir après que leurs recherches n'aient abouti qu'à la découverte de deux cachets d'aspirine, une vérité que la police trouva très difficile à croire!

Le 24 décembre 1975, le groupe joua un concert au London Hammersmith Odeon qui était diffusé en direct dans l'émission de TV 'The Old Grey Whistle Test', et en simultané sur Radio One. Ce concert connut un nombre impressionnant de téléspectateurs et d'auditeurs, et, la cassette-pirate de cette émission devint très vite, et l'est encore de nos jours, une pièce de collection inestimable pour les fans purs et durs.

'A Night At The Opera' était le premier album du groupe à atteindre le stade de Disque de Platine pour des ventes dépassant les 250 000 exemplaires. Le groupe était content, mais ils étaient persuadés que c'est ce que cet album méritait. Le 27 décembre 1975, ils fêtèrent leur premier album N°1 en Grande-Bretagne lorsqu'il rentra tel un ouragan jusqu'au sommet des charts, apportant un joyau de plus à leur festival de récompenses!

'A Night At The Opera' fut mis en vente le 2 décembre 1975 aux USA et marqua le début d'un long règne de Queen jusqu'à aujourd'hui dans les charts d'albums aux USA, 56 semaines n°1 pour 'A Night At The Opera'!!

Janvier 1976 commençait bien pour Queen, puisqu'ils dominèrent encore les sondages annuels de la presse musicale. Dans le New Musical Express, ils apparurent dans huit catégories incluant Meilleur Single pour 'Bohemian Rhapsody' et Meilleur Groupe de Scène anglais. Dans le Record Mirror, et dans Disc, ils apparaissaient dans pas moins de dix catégories parmi lesquelles ils étaient élus Meilleur groupe Anglais, 'Meilleur Groupe International' et 'Meilleur Single' encore pour 'Bohemian Rhapsody'. Pour couronner le tout, Freddie reçut à nouveau un Ivor Novello pour, pas besoin de le dire... 'Bohemian Rhapsody'!

Le 24 janvier 1976, 'Bohemian Rhapsody' était resté N°1 des charts anglais pendant neuf semaines, c'était la première fois qu'un titre était resté aussi longtemps à cette place depuis 1957 lorsque Slim Whiteman avait établi ce record avec 'Rosemary'. John Reid annonça que plus d'un million d'exemplaires de 'BoRhap' avaient été vendus rien qu'en Angleterre, et, que 'A Night At The Opera' avait atteint le nombre de 500 000 exemplaires vendus! Il fit alors passer un article dans le Sounds pour féliciter le groupe et les excellents résultats qu'ils avaient obtenus!

Pendant janvier 1976, le groupe organisait sa deuxième tournée en vedette aux USA , organisé par une nouvelle recrue de l'équipe Queen, Gerry Stickells. "Le promoteur Howard Rose me mit en contact avec Queen alors qu'ils étaient à la recherche d'un manager de tournée aux States, je n'avais pas une idée de qui ils étaient! dit Gerry Stickells". Gerry avait été, avant cela, roadie puis manager de la tournée de Jimi Hendrix, tout autant qu'il avait organisé les tournées de plusieurs autres groupes américains.

Le 20 janvier 1976, Queen ayant terminé la tournée UK s'envola pour New-York et le début de leur troisième tournée américaine, en espérant cette fois-ci qu'ils pourraient la terminer sans autre ennui de santé ou autres problème graves. Le premier concert avait lieu à Waterbury dans le Connecticut, au Palace Theater, le groupe fut accueilli par des cris d'enthousiasme délirants!

Une des chansons qu'ils interprétèrent ce soir-là fut 'Now I'm Here!', pour l'introduction, l'assistant personnel du groupe, Pete Brown, s'habillait d'un costume identique à celui de Freddie, et, se rendait à une extrémité de la scène plongée dans l'obscurité tandis que Freddie se rendait à l'autre bout. Alors que Freddie chantait la première phrase de la chanson 'Now I'm Here' le projecteur devait éclairer Freddie et s'éteindre, lorsqu'il chantait la deuxième phrase 'Now I'm There' il devait éclairer Pete, et souligner l'effet d'écho de la chanson.

Pete dit: "A part avoir été le clône de Freddie un moment, mon autre travail consistait à enlever les épines des douzaines de roses rouges que Freddie jettait, plus tard, dans le public. Il voulait être sûr que personne ne se blesserait dans le public - officiellement- car en réalité c'est Freddie qui craignait de prendre des épines plein les doigts!".

Cela allait être une longue, longue tournée américaine de Queen, il était prévu que Queen chante dans pratiquement tous les Etats des States! La foule était très nombreuse, et les fans étaient infatigables dans leurs efforts pour repérer l'hôtel où le groupe se reposerait dans chaque ville, et ils rôdaient dans tous les coins possibles et imaginables dans l'espoir de voir ou de rencontrer le groupe. A New-York, trois jeunes filles faillirent bien mettre un terme soudain et douloureux à la carrière du groupe lorsqu'elles étranglèrent presque Freddie en se disputant son écharpe!

Les fêtes d'après-concert de Queen avaient acquis une grande notoriété, elles étaient longues, bruyantes, scandaleuses, habituellement fréquentées par les stars locales, les VIPs et aussi quelques types indésirables! Ils donnèrent une fête après la plupart des concerts, comme dit Brian: "Après avoir joué, toute notre adrénaline était pompée, et après la prestation, nous avions toujours besoin d'être entourés de beaucoup de gens pour laisser la pression redescendre!"

Tandis qu'ils étaient à New-York, Freddie, Brian et Roger appelèrent les Studios Electric-Land pour voir Ian Hunter, le chanteur des Mott The Hoople, qui travaillait sur un album solo produit par Roy Thomas Baker. Roger dit: "Nous avons passé beaucoup de temps à bavarder et à parler de la tournée, et nous avons tous terminé à faire des backing vocals sur un morceau intitulé 'You Nearly Did In Me!' où figurait également le regretté grand bassiste Jaco Pastorius."

Au Royaume-Uni, début février 1976, bien que le groupe soit en tournée, Queen battait encore tous les records, leurs quatre albums étaient dans le Top 20 en même temps, ce qui n'avait jamais été égalé auparavant, et au début mars, le film 'Queen At The Rainbow' sortit sur les écrans en Grande-Bretagne, en première partie d'un film appelé The Hustle. Cela ne bouleversa pas le monde cinématographique, mais cela fit sensation auprès de certains publics et beaucoup de nouveaux fans furent dénombrés après avoir vu le film. La puissance du tour de chant de Queen se ressentait même en film!!

Aux States, les magasins de disques furent vite à court de disques de Queen et les stations de radio furent submergées de demandes pour des titres de Queen. Après cinq concerts à guichets fermés au Santa Monica Civic Auditorium à Los Angeles, le groupe s'envola pour le Japon où ils furent à nouveau accueillis par une foule de fans hystériques et déchaînés à l'aéroport, leur criant et leur hurlant leur admiration! Tous les billets pour leurs concerts s'étaient vendus à une vitesse telle que Queen dut ajouter des dates, jouant même souvent deux fois dans la même journée! Ils étaient là pour une courte tournée cette fois-ci, avec tout de même 11 concerts en 14 jours, mais cela leur donna l'occasion de compléter leur collection japonaise, tout spécialement Freddie qui adorait faire du shopping la plupart du temps mais encore davantage au Japon!! Il acheta quelques kimonos dont un rouge vif en soie naturelle qu'il porta le dernier soir de cette tournée. Brian et lui avaient également appris quelques mots de japonais pour parler au public entre deux chansons, ce qui leur apporta encore plus de popularité!!

L'étape suivante était l'Australie, ils étaient tous un peu anxieux à l'idée de retourner là-bas après leur première expérience, mais comme leur single et leur album étaient tous deux au Top australien, ils y retournèrent quand même plus confiants. Leur voyage se passa sans problème, Queen fut accepté comme les superstars qu'ils étaient censé être pour leur retour là-bas! La population les accueillit avec beaucoup d'amitié et d'enthousiasme. Après huit concerts complets, ils rentrèrent en Angleterre pour commencer à travailler à leur prochain album!

Le 29 mai 1976, Brian épousa sa compagne Chrissie Mullen à l'église Roman Catholic St-Osmund de Castlenau à Barnes, banlieue de Londres.

Le 18 juin 1976 EMI mit en vente leur sixième single: 'You're My Best Friend'. C'était la première fois qu'un titre signé John Deacon sortait en single, et c'était également la première fois qu'ils sortaient une ballade en single et cela s'avéra être une association heureuse très appréciée du public car alors que le single grimpait dans les charts jusqu'à la septième place, le Sounds écrivait:

" Ce sera le succès absolu, de belles harmonies, des accords de guitare stridents et la voix superbe de Freddie. N°1 garanti!"

Après le succès de 'Bohemian Rhapsody' en vidéo, Queen décida de faire une vidéo pour accompagner leur nouveau single et pour cela ils firent à nouveau appel à Bruce Gowers!

Le Queen Fan Club fonctionnait tranquillement jusqu'à présent, se débrouillant avec la demande toujours plus grande d'informations plus complètes des fans de Queen. Ils désiraient tout apprendre des membres du groupe, de la pointure de leurs chaussures à leurs cheveux, sans compter d'autres sujets bien plus personnels. L'énervement et la tension à devoir se débrouiller avec de telles questions devinrent difficiles à supporter pour Pat et Sue, et finalement elles les quittèrent - pas en très bons termes! Elles avaient ressenti qu'elles ne bénéficiaient pas de la confiance qu'elles méritaient, et qu'elles étaient dans l'ignorance que Queen était devenu célèbre à présent! La tension régnait parmi les membres du Fan-Club également, quelques-uns d'entres eux trouvaient que Pat et Sue étaient devenues peut-être trop protectrices du groupe, alors, Therese Pickart prit la relève pour mener le Fan-Club.

Alors qu'ils travaillaient sur leur nouvel album, en août 1976, le groupe décida de récompenser la fidélité et les encouragements de leurs fans anglais, et pour cela ils eurent l'idée d'un immense concert gratuit! Les endroits assez grands pour contenir la foule immense qu'ils attendaient étaient peu nombreux ou distants, aussi, avec l'aide de Richard Branson des Disques Virgin, ils prirent contact avec le Comité des Parcs de Londres pour demander l'autorisation de monter la scène dans Hyde Park.

La permission fut accordée, mais seulement après que les membres du groupe aient accepté les conditions de la police municipale en ce qui concerne les heures de début et de fin de concert, la sécurité que le groupe devrait assurer, les facilités pour le public, etc... Alors seulement la date fut arrêtée au 18 septembre 1976.

Queen décidèrent de faire davantage que le concert de Hyde park, et ils organisèrent une mini-tournée en Angleterre précédant celui-ci, l'Edinburg Playhouse et Cardiff Castle furent les seules dates sûres. Les Studios Shepperton furent réservés pour que le groupe puisse répéter et mettre à l'épreuve les nouveaux titres sur lesquels ils travaillaient pour leur prochain album, ils avaient décidé d'inclure quelques nouveaux titres dans leur tour de chant.

Les deux concerts à Edinburg furent joués dans le cadre du Festival de Musique Populaire d' Ecosse, et comme The Playhouse avait été fermée quelques temps pour rénovation, Queen était là pour assurer sa remise en route. Ils jouèrent un répertoire identique à leur tournée précédente, avec toutefois deux morceaux en plus au milieu de leur tour de chant.

Ce fut également l'occasion pour eux d'interpréter un morceau acoustique pour la première fois, les quatre membres du groupe sur le devant de la scène pour "39' ". Sur ce morceau, Freddie jouait des maracas, et à la fin les lança dans le public, une coutume qu'il garda, se procurant pour cela beaucoup de maracas d'avance! Le tour de chant incluait le lancinant 'You Take My Breath Away' du prochain album avec Freddie seul sur la scène plongée dans l'obscurité et jouant du piano.

Ils jouèrent également un nouveau morceau très rock écrit par Brian intitulé 'Tie Your Mother Down' qui fit danser le public entier dans la salle!

Le concert de Cardiff était en plein-air, et si le temps des jours précédents avait été superbe, le jour du spectacle le temps était gris et le ciel s'assombrit. Les 12 000 personnes qui venaient assister au concert commençaient à arriver lorsque les premières gouttes de pluie tombèrent!

Et le pluie ne cessa pas de tomber de la journée! Les groupes de première partie, Manfred Mann, Andy Fairweather Low et Frankie Miller's Full House, se présentèrent tous devant un public trempé et découragé! Mais ils avaient payé pour voir Queen, et en dépit du temps, ils patientèrent toute la journée, encourageant avec force les groupes ouvrant le spectacle!

Lorsque Queen, finalement, monta sur scène, la pluie tombant toujours à verse et le terrain réduit à une mare de boue, le public était debout et les acclama, oubliant par la même occasion leur inconfort et les mauvaises conditions climatiques!

Tout le monde craignait qu'à Hyde Park le temps ne soit identique qu'à Cardiff, aussi le groupe contracta une assurance pour les assurer contre quelque intempérie afin d'être sûrs qu'au cas où le concert doive être annulé ou écourté, une partie de leurs frais leur soit remboursée. Juste avant ce changement météorologique, le concert était sous la menace de la sécheresse ( ... ) , alors, s'il n'avait pas plu il aurait dû être annulé quand même!

Richard Branson avait été chargé d'organiser le concert de Hyde Park, et c'est durant les discussions de pré-production que Roger rencontra Dominique Beyrand, l'assistante personnelle de Richard Branson, une superbe jeune femme française. Roger était sous le charme, et il appelait souvent ou surgissait à l'improviste prétextant cent mille et une excuses rien que pour la rencontrer. Ils ne tardèrent pas à se fréquenter plus régulièrement!

Le 18 septembre 1976 était une journée radieuse. Le soleil resplendissait alors que la foule immense, estimée entre 150 000 et 200 000 personnes, convergeait vers le parc. La circulation fut immobilisée et les transports publics submergés tandis que tout le monde essayait de se frayer un chemin à travers Londres! Le concert allait être diffusé en direct sur Capital Radio à Londres, et les camions de la radiodiffusion, les câbles et tous les techniciens ajoutaient encore au chaos ambiant. Les groupes d'ouverture, Kiki Dee, Steve Village et Supercharge furent tous accueillis par un tonnerre d'applaudissements très bruyant puisque le public appréciait cette journée et était suffisamment heureux de montrer son enthousiasme. Lorsque l'obscurité tomba, la foule se redressa vivement sur ses pieds lorsque les spots s'allumèrent et que les premiers accords de 'Bohemian Rhapsody' résonnèrent! Freddie se précipita sur la scène dans un collant blanc spécialement conçu pour l'occasion. Le groupe donna un concert fort énergique, Freddie changeant de collant pour un autre identique de couleur noire avec une bande de strass rivetée traversant son buste d'un côté à l'autre!

Alors que le groupe quittait la scène à la fin du spectacle, les gens refusaient de partir, et, tapaient des pieds et des mains pour un rappel. Cependant, Queen avait reçu des ordres stricts de la police, surtout de ne pas remonter sur scène en rappel. Gerry Stickells se souvient: "La police menaça d'embarquer Freddie s'il essayait de remonter sur scène, car il était hors de lui de ne pouvoir faire de rappels, et il voulait retourner sur scène leur donner ce qu'ils attendaient! Mais la pensée d'être embarqué en collant lui fut désagréable, aussi il obtempéra! Alors, la police interrompit le courant pour signifier la fin du spectacle. Mais, la scène, le public et les sorties du parc avaient été éclairées par la même source d'alimentation, aussi cette foule immense dut trouver la sortie du parc dans l'obscurité totale. La journée avait connu un tel succès, mis à part le manque de rappel, que Queen et John Reid firent insérer une énorme annonce disant ' Merci!' dans toute la presse musicale à l'intention de leurs fans. Ils firent aussi presser des plaques 'Merci! ' pour tout le personnel de tournée.

Le concert de Hyde Park avait été filmé, puisque le DJ Bob Harris, qui travaillait alors sur un documentaire au sujet du groupe avec leur permission et leur collaboration, pensait que ce serait bien d'inclure ce show dans celui-ci. Quelques extraits furent utilisés aussi pour la promotion des singles et de l'album.

De l'autre côté, aux USA, à la même époque, Queen reçut un award Don Kirschener / CBS Rock pour l'album le mieux produit de l'année avec 'A Night At The Opera'.

Le travail sur le nouvel album avait avancé très vite et il fut mis en boîte à la mi-octobre. Ils avaient décidé de conserver le thème Marx Brothers et ils intitulèrent le nouvel album 'A Day At The Races'. En guise d'avant-première pour la sortie de l'album, le groupe et la presse assistèrent à une course de chevaux à Kempton Park. Une course spéciale appelée 'A Day At The Races Hurdle' fut courue en leur honneur, sponsorisée par EMI. Deux groupes avaient été réservés pour distraire la foule entre les différentes courses, Marmelade et The Tremoloes. C'était une journée splendide, et le public était nombreux. Les bénéfices de ces rencontres furent reversés au Sports Aid Foundation Charity qui aidait à financer l'entrainement des athlètes internationaux pour les Jeux Olympiques et les Jeux du Commonwealth. Lorsque la course 'A Day At The Races Hurdle' fut prête à s'élancer, tous les membres du groupe avaient, sans le savoir, parié sur le même cheval, Lanzarotte monté par le jockey champion John Francombe, qui gagna la course!

Le premier single choisi dans le nouvel album était une ballade intitulée 'Somebody to Love', un morceau écrit par Freddie. Roger et Freddie se rendirent à la maison de campagne de Kenny Everett avec une copie label blanc en guise d'appât. Encore une fois, Kenny l'adora et la diffusa sans arrêt durant son show. Le Radio Capital Hitline était un chart quotidien établi selon le nombre d'appels des auditeurs appelant et votant pour leur titre préféré, et le premier jour que Kenny Everett diffusa 'Somebody To Love' durant son émission, le standard téléphonique fut débordé. Le temps que le Hitline de cette journée soit diffusé et la chanson était déjà n°3! Le jour suivant, il la diffusa sans cesse, et elle atteignit la place n°1 - avant même sa mise en vente!

Les membres du groupe avaient tous quittés les appartements et maisons loués. John et Veronica étaient propriétaires d'une maison à Putney, Brian et Chrissie avaient une modeste maison à Barnes, Freddie et Mary avaient un appartement à Kensington et Roger et Dominique étaient propriétaires d'une maison à Fulham - une superbe maison de campagne dans le Surrey avec des hectares de jardin et de bois, une vraie 'maison de star'! Lors de la remise en état de la propriété, Roger avait transformé le sous-sol en studio d'enregistrement afin de pouvoir travailler là sur ses propres chansons et ses cassettes-démo, ce qu'il trouvait plus aisé que d'essayer d'écrire en studio ou ailleurs.

'Somebody To Love' fut finalement mis en vente le 12 novembre 1976, et à nouveau, le groupe décida de faire un film promotionnel pour celle-ci, sous la direction de Bruce Gowers comme d'habitude. Durant la semaine de sa sortie, le single grimpa à la 4e place des charts anglais sauf Radio Luxembourg qui la plaça directement n°1. La première fois qu'elle fut diffusée au Top Of The Pops, les Pan's People, le groupe de danseurs de l'émission, dansa dessus!

Les quelques semaines suivantes furent passées à faire un tourbillon d'interviews et d'apparitions à la TV et à la radio, tout cela en avant-première de la sortie imminente de l'album 'A Day At The Races' qui finalement atterrit dans les bacs le 10 décembre 1976. Au moment de sa sortie, EMI avait reçu les plus importantes pré-commandes jamais reçues pour un album!

Mais, le journaliste du Sounds commenta:

' C'est trop travaillé, trop pompeux, trop confiant dans la roublardise en guise de substitut à l'inspiration. Bien que je pense que Queen a écrit quelques-uns des plus impressionnants, majestueux et sophistiqués morceaux de musique de ces dix dernières années, il doit exister des compositions réelles derrière les fioritures et les chichis. Si je me trompe au sujet de cet album, alors, toutes mes excuses à quiconque aurait été trompé par mon opinion prématurée!'

Groucho Marx fut informé de la sortie des deux albums 'A Night At The Opera' et 'A Day At The Races', en raison de la connotation avec ses films, et il adressa un télégramme de félicitations à Queen pour leur souhaiter autant de succès avec leurs albums qu'il en avait connu avec ses films.

Entre la sortie de l'album et Noël, le groupe fut à nouveau impliqué dans des campagnes de promotion, apparaissant à la TV dans les émissions pour enfants, dans les talk-shows diffusés tard le soir, dans les émissions musicales et divers magazines. Même Freddie, qui avait tout çà en horreur, accepta l'invitation à Be Bop Bonanza, l'émission-radio de Kenny Everett. De plus, le 28 décembre 1976, à la demande du public, la BBC rediffusa le concert du groupe à l'Hammersmith Odeon de l'année précédente. Toute cette publicité dut être pour beaucoup certainement dans le fait que l'album 'A Day At The Races' devint le second album du groupe n°1 en Grande-Bretagne.

Au début de 1977, Queen était en route pour Boston pour dix jours de répétitions en vue d'une tournée des USA encore plus importante, couvrant 41 concerts. Leur première prestation eut lieu au Milwaukee Auditorium le 13 janvier 1977, la nuit où furent enregistrées les températures les plus froides à Milwaukee depuis une centaine d'années!! Ils avaient, en première partie, durant les premiers concerts, le groupe Cheap Trick & Head East, mais après quelques concerts le groupe de rock britannique Thin Lizzy prit la suite. Le groupe avait ajouté quatre titres à son répertoire pour cette tournée, toutes extraites de 'A Day at The Races', et, ajoutèrent également 'Bohemian Rhapsody' dans son intégralité pour la première fois. Durant le passage des voix 'façon opéra', le groupe quittait la scène, et les lumières, la neige carbonique et les effets pyrotechniques prenaient la relève.

Le climat en Amérique du Nord était assez instable, c'est le moins que l'on puisse dire, et, durant le trajet entre Montréal et Chicago, un des camions fut renversé par la tempête, et un autre système PA dut leur être envoyé.

Queen accomplit une de ses plus grandes ambitions le 5 février 1977 lorsqu'ils jouèrent devant une salle pleine à craquer au Madison Square Garden de New-York. Le groupe faisait désormais partie de la 'cour des grands', et, avec un autre concert très important à réussir encore aux USA, c'était le succès garanti tous les soirs.

'Tie Your Mother Down', écrite par Brian, fut mise en vente le 4 mars 1977 en Gde-Bretagne, et Queen demanda à Bruce Gowers de les rejoindre à Miami pour tourner une vidéo promotionnelle pour ce single. Cela valait la dépense, puisqu'ils savaient que le single seraient mis en vente tant qu'ils étaient aux USA, et ils ne voulaient pas perdre la campagne de publicité télévisée en étant absents. Le NME écrivit:

' De retour à leurs origines avec cet excellent hard-rock de bon ton.'

Au début de mars 1977, la tournée les emmena à Los Angeles, la cité de Groucho Marx. Lorsqu'il apprit qu'ils étaient en ville, Groucho invita le groupe chez lui pour prendre le thé l'après-midi. Le groupe lui offrit une veste de la tournée et un disque d'or spécialement gravé pour lui en reconnaissance pour son inspiration et son génie. Il leur demanda de chanter pour lui, et ils le firent en interprétant une version 'a capella' de "39' " de Brian extraite de 'A Night At The Opera'. Groucho leur retourna le compliment en leur interprétant une ou deux de ses propres chansons...

Ce soir-là, le groupe se trouvait dans une autre des grandes salles américaines où ils avaient toujours rêvé de jouer, The Los Angeles Forum. A nouveau, la salle fut comble, et à nouveau encore ils jouèrent avec leur 'savoir-faire' habituel, et ils furent acclamés avec euphorie!!!

A mi-parcours de la tournée américaine, cependant, Freddie recommença à avoir des problèmes de voix, et les spectacles de Sacrameno et Fresno durent être annulés de manière à ce qu'il puisse faire reposer sa gorge. Il tira parti de ce temps libre et se rendit à la découverte de Hollywood. Brian se rendit à San Francisco tandis que Roger et John se reposaient et récupéraient quelque énergie.

La scène musicale en Grande-Bretagne changeait rapidement. The Sex Pistols avaient bouleversé la 'pop music'. Les jeunes étaient tous fascinés par l'apparence du groupe, avec des chaînes, habillés de blousons de jean déchirés, les cheveux hérissés en pointe, et chaussés de Doc Martens. Et le 'Punk' était en pleine ascension. Désormais, beaucoup de groupes punk sortaient des disques, fort bien accueillis, avec leur style de musique très dure, et ils connaissaient bien du succès dans les charts, les revues musicales prétendaient ' Le Rock est Mort!' et prétendaient également que les groupes de la décennie passée: Queen , The Who, Led Zeppelin et Genesis, étaient démodés et devaient tomber bien vite dans l'oubli! Des mots très forts, ce qui n'aida pas les ventes du single de Queen qui atteint seulement la 31e place du chart anglais.

Le groupe rentra en UK le 20 mars 1977 pour discuter avec EMI d'une sortie de single différente pour le marché japonais. Une chanson dans l'album, 'Teo Torriate', avait été écrite par Brian pour le peuple japonais, et c'est pourquoi elle comprenait un refrain dans cette langue. Il fut décidé que ce serait le single parfait, et il fut mis en vente au Japon le 25 mars 1977.

Durant une période de repos, début avril, Roger décida d'enregistrer un single en solo. Il avait déjà composé un bon nombre de titres qu'il pensait ne pas convenir à Queen, et il désirait s'en servir. Il avait les possibilités assez limitées de son propre studio d'enregistrement chez lui, et se mit au travail, accordant ses enregistrements avec tout ce que Queen avait prévu.

Queen quitta à nouveau l'Angleterre le 7 mai 1977 pour le début de leur tournée européenne à Stockholm, en Suède. La tournée donna son coup d'envoi au Ice Stadium, et Freddie se pavana sur scène en portant une réplique exacte d'un costume porté une fois par le grand danseur Nijinsky. Comme introduction, le groupe utilisa l'intro de 'Tie Your Mother Down'. Brian explique: "L'intro comprenait un multitrack de guitares grimpant comme un escalier sans fin ' à la Mr Escher'. 'Tie Your Mother Down' devint à partir de là, notre ouverture de spectacle. Cela avait réellement été composé en pensant à cela." Ils avaient également ajouté le virulent 'Death On Two Legs' au spectacle. Pour les rappels, Freddie révéla sa dernière trouvaille en matière de tenue de scène provocante, un éblouissant collant en lurex argenté, la foule se déchaîna aussitôt qu'il apparu dans la lumière.

Les billets pour la branche continentale de la tournée étaient totalement épuisés, les billets pour le concert au Ahoy Hall à Rotterdam s'étaient vendus en moins d'une heure, ce qui n'était jamais arrivé avant! Durant une énorme fête donnée après le spectacle à bors d'un bateau, le groupe se vit offrir pas moins de 38 disques d'argent, d'or et de platine pour des ventes de disques monumentales en Hollande.

Le 20 mai 1977, lorsque Queen rentra en UK pour démarrer la partie britannique de la tournée, EMI mit en vente le premier single EP (longue durée) de Queen. Ce n'était pas une idée nouvelle, bien des artistes dans les années cinquante et soixante avaient réalisé des EP's, malgré tout, Queen insista pour que le single contenant 4 titres soit vendu au même prix qu'un single normal de 2 titres. Les morceaux compris étaient 'Good Old-Fashioned Lover Boy', 'Death On Two Legs', 'Tenement Funster' et 'White Queen'. Bien que les fans adorèrent cette idée et que le single EP grimpa à la 17e place du chart, la presse n'était guère impressionnée:

" Cela s'appelle le 'Premier Single EP de Queen', et il n'offre même pas la récompense d'un titre original pour ce qui est sûrement leur premier EP. Alors, pas d'éloges non plus pour mettre en vente quatre titres que tous leurs fans loyaux possèdent déjà sur leurs albums. Une honte royale tout çà."

NME

" C'est suffisant pour imprimer ' Le Art Rock est merdique' sur un t-shirt! çà me tue!"

SOUNDS

Le groupe se lança dans sa tournée en Grande-Bretagne le 23 mai 1977, commençant par l'Hippodrome de Bristol. Queen désirait faire quelque chose de spécial pour leurs shows à Londres, alors ils conçurent et firent fabriquer un anneau de jeux de lumières en forme de couronne. La Couronne s'élevait au-dessus de la scène et d'une mer de neige carbonique et de fumée, au début du spectacle, atteignant son point culminant à 13m de hauteur, et alors elle redescendait à nouveau à la fin du show. Elle mesurait 8m de haut pour 17 m de large, pesait pas moins de 2,300 tonnes et avait coûté au groupe la coquette somme de 50 000 £ pour la faire construire et elle fut inaugurée à Earls Court à Londres le 6 juin 1977 devant un public stupéfait et admiratif. A cette époque, quoi que vous ayez modifié dans les jeux de lumières, c'était quelque chose de nouveau. Ils donnèrent deux concerts à Earls Court, les 6 et 7 juin 1977. Durant les deux soirées, des animateurs divertissaient le public qui était très nombreux, et des joueurs de cornemuses jouaient dans l'auditorium avant que le spectacle ne commence. Une autre innovation consistait en deux énormes écrans flanqués de chaque côté de la scène pour que les spectateurs au fond de la salle puissent assister à tout ce qui se passe sur scène. 'Procession' ouvrit le show devant le public de 18 000 personnes de l'auditorium. C'était une énorme et extravagante production qui comprenait 5000 ballons bleu, blanc et rouge qui allaient être lâchés, et, le groupe donna tous les bénéfices de la seconde soirée à la Fondation du Jubilée de la Reine Elisabeth II. La fête d'après-spectacle le soir du 7 fut donnée sous un chapiteau dressé dans les jardins de Holland Park illuminé.

Aux USA, le 7 juin 1977, Elektra Records mit en vente 'Long Away' comme nouveau single du groupe. C'était le premier single où l'on voyait apparaître Brian au chant. Ensuite, le 15 juin 1977, Queen se rendit aux studios de télévision de la BBC pour enregistrer une version spéciale de 'Good Old-fashioned Lover Boy', extrait de leur EP, pour The Top Of The Pops, diffusé pour la première fois le lendemain. Durant les quelques mois qui suivirent, le groupe s'enferma dans les studios Basing Street de Londres pour travailler intensément à leur nouvel album. Pendant leur séjour aux States, Roger, fan de science-fiction averti, avait remarqué un exemplaire d'un magazine américain appelé 'Astounding Science'. Sur la couverture, il y avait une illustration montrant un robot se vengeant des ravages commis entre les êtres humains et dessiné par un artiste de science-fiction, Frank Kelly Freas. Roger était convaincu que ce robot, avec quelques modifications, pourrait faire une excellente pochette pour leur prochain album. Cela prit un peu de temps, mais finalement ils réussirent à rencontrer l'énigmatique Mr. Freas. Il adora l'idée de voir son robot utilisé pour la pochette d'un album, et accepta même de modifier son dessin de manière à ce que les gens contenus dans la main du robot ressemblent aux membres du groupe. Il créa également une nouvelle illustration pour l'intérieur de la pochette.

Entre tous ces voyages et son travail d'enregistrement avec Queen, Roger avait trouvé le temps de terminer son single solo qui fut mis en vente le 26 août 1977. C'était une ancienne chanson appelée 'I Wanna Testify' à l'origine chantée 'a capella' par le groupe américain The Parliaments. Il l'avait retravaillée, lui avait apporté quelques modifications importantes, et c'est lui seul qui avait joué de tous les instruments sur ce single. Il avait également payé tous les frais s'y rapportant, depuis les frais d'enregistrement jusqu'à sa sortie en disque vinyl, plus de £5000 pour un single qui n'effleura même pas les charts, bien qu'il l'interpréta dans l'émission TV de Marc Bolan.

Les sessions d'enregistrement de Queen déménagèrent de Basing Street pour Wessex Studios où Brian rencontra Lonnie Donegan dont la musique l'avait inspiré lorsqu'il était adolescent. Lonnie travaillait à un nouvel album 'Putting On The Style' et il demanda à Brian de travailler avec lui sur deux morceaux 'Diggin My Potatoes' et 'Rolling Stone' avec Elton John, Ray Cooper, Rory Gallagher et compagnie, ce que Brian fit.

La sortie du prochain single du groupe était imminente et comme Bruce Gowers n'était pas libre pour faire la vidéo promotionnelle de celui-ci, ils firent appel à Derek Burbridge. Le single était l'hymne 'We Are The Champions', et Queen pensa que cette chanson nécessitait un film où apparaissait la foule ou le public pour lui apporter un air 'live'. C'était bien trop compliqué et bien trop cher de recruter des figurants pour jouer le public, aussi il fut demandé au fan-club de trouver quelques centaines de fans pour les aider, ce n'était pas une chose très difficile. The New London Theatre fut réservé pour la journée et le groupe se tenait prêt à enregistrer en live, bien que la plupart des vidéos se tournaient en utilisant des cassettes 'playbacks', la chanson était pré-enregistrée et le groupe mimait le morceau pendant le tournage du film. Queen pensait que ce serait plus réaliste et rendrait mieux l'atmosphère si c'était enregistré en live. Bob Harris, qui travaillait toujours au documentaire qu'il avait projeté, amena des techniciens de cinéma en plus pour l'enregistrer et le filmer séparément, et il tint le rôle de compère. Les prises de vues de la vidéo furent rapidement achevées, et, après avoir tourné assez de métrage pour l'édition et diverses autres choses, le groupe décida qu'ils voulaient remercier les membres du fan-club pour leur aide, et ils se lancèrent dans un concert improvisé pour le plus grand plaisir de tous!

'We Are The Champions', écrite par Freddie, fut mise en vente le 7 octobre 1977, avec sur l'autre face une chanson aussi vibrante écrite par Brian intitulée 'We Will Rock You'. Les deux chansons se mariaient si bien qu'Elektra aux USA demanda la permission de sortir le single en Amérique du Nord en tant que double Face A; ils trouvaient que les deux morceaux pourraient ainsi bénéficier d'autant de diffusions. Deux semaines plus tard, le single sortit aux USA, dans une pochette avec une photo pour la première fois.

En Grande-Bretagne et aux USA, le single commença à grimper régulièrement dans les charts. Queen n'avait pas fait une grande impression dans les charts jusqu'à présent même si leurs tournées étaient totalement vendues et que leurs disques se vendaient bien également. Il n'y avait guère que 'Bohemian Rhapsody' qui avait atteint la 9e place jusqu'à ce single. La presse britannique, comme c'était devenu carrément une habitude, afficha une profonde aversion pour 'We Are the Champions' et les comptes-rendus furent encore plus retorses:

" Trop de Queenmania autour d'eux semble avoir rendu ces gars doux comme des agneaux, ils ont perdu leur mordant."

Sounds

" L'effroyable monomanie de l'équipe Mercury."

Disc

" Cela sonne comme si cela avait été conçu dans le but d'être adopté par les fans de football à travers tout le pays, en faisant de ce titre un hit d'un moment dans les tribunes. Pas une mauvaise idée si c'est pour marquer des tas de buts."

NME - (avec une certaine prémonition...)

Le single, finalement, s'arrêta à la deuxième place du chart en Grande-Bretagne, et à une impressionnante 2e place du Billboard américain où il avait été mis en vente en double face A, mais Queen acquit son premier n°1 aux USA lorsqu'il atteint la première place du Record World Chart. Record World était, à cette époque, le magazine de marque qui avait le plus d'influence aux USA. 'Champions/ Rock You' devint vraiment la plus grosse vente de singles d'Elektra à ce jour, avec des ventes de l'ordre de plus de 2 millions et il resta dans les charts de singles américains durant plus de 27 semaines. 'We Will Rock You' était un chant repris par beaucoup de supporters d'équipes de football américains, les New York Yankees adoptèrent 'We Are The Champions' comme hymne et les Philadelphia76ers comme chanson d'encouragement pour rassembler l'esprit d'équipe avant un match.

Les Britannia Awards sont offerts par The British Phonographic Industry aux artistes qui sont élus par les membres de la BPI Record Company, et le 17 octobre 1977, Queen reçut un award pour le 'Meilleur Single Britannique depuis 25 ans' pour 'Bohemian Rhapsody'. C'était une accolade très grandiose, et tous les membres du groupe défilèrent pour se faire remettre leur award par l'animateur Michael Aspel.

Deux jours plus tard, le groupe donna une représentations pour les médias, non-seulement pour célébrer leur award mais également pour annoncer la sortie imminente de leur nouvel album 'News Of The World'. L'album sortit le 28 octobre 1977 et le verso de la pochette était illustré du robot de Frank Kelly Freas arrachant le groupe d'une salle de concert démolie. Le groupe mit seulement deux mois et demi pour l'enregistrer, le morceau 'Sleeping On The Sidewalk' avait été enregistré en une seule prise, le groupe le jouait spontanément et ne savait pas que les cassettes enregistraient. Les critiques de la presse musicale furent mitigées.

" Ceci est du Queen dépouillé presque jusqu'à l'élémentaire. Le morceau 'Sheer Heart Attack' est un essai de Queen à la nouvelle mouvance musicale, une version classe des Sex Pistols avec des paroles très dures. Ce n'est pas un mauvais album, d'aucune façon, mais il aurait pu être meilleur."

Record Mirror

" Oh! Queen, pourquoi nous avez-vous fait çà? Pourquoi cet album ne mentionne pas: 'Pas de synthés'? La face A est de mauvaise augure, la face B est bien meilleure après un début désillusionnant avec 'Get Down, Make Love'... mais comme c'est bien de la part de Queen de terminer si délicieusement avec 'My Melancholy Blues'. Une douce fantaisie.

Sounds

" Par bien des côtés, ceci est l'album de Queen le plus intéressant depuis leur superbe album 'Sheer Heart Attack'. Que toutes les tensions évidentes au sein du groupe les poussent à faire de meilleures choses ou plus simplement les obligent à se séparer, ceci reste à voir.

Daily Mirror

Juste avant la sortie de l'album, le groupe et leurs conseillers avaient décidé de rompre tous les liens persistants avec Trident. Queen avait obtenu un tel succès qu'ils avaient désormais la capacité de racheter à Trident les 1% de royalties qu'ils avaient accepté de payer en rupture de leur contrat original.

La BBC approcha Queen à nouveau, et leur demanda d'enregistrer une autre session pour un usage radiophonique. Ils se rendirent aux Studios de la BBC avec le producteur Jeff Griffin. Les titres qu'ils choisirent étaient deux versions de 'We Will Rock You' (une lente et une rapide), 'Spread Your Wings', 'My Melancholy Blues' et 'It's Late'.

Le management de John Reid était devenu un problème pour le groupe. Au début, Elton John avait vu d'une façon très altruiste le fait que John s'occupe d'un autre groupe, mais comme Queen obtenait de plus en plus de succès et donc demandait davantage de son temps, il devint évident qu'il était pratiquement impossible de s'occuper des deux et d'accorder à chacun l'attention à laquelle ils avaient droit. Finalement, ce fut cette dernière chose qui unit Queen dans leur décision de se séparer des John Reid Enterprises. L'avocat Jim Beach fut appelé pour négocier la rupture de leurs contrats.

Cela ne prit pas beaucoup de temps et ne fut pas aussi pénible que lors de leur rupture avec Trident. Le groupe était dans le Surrey pour tourner les vidéos pour 'Spread Your Wings', leur nouveau single, et 'We Will Rock You', dans le jardin à l'arrière de la maison de Roger, travaillant en extérieur et dans la neige. John Reid s'y rendit, et le groupe et lui-même grimpèrent tous à l'arrière de la Rolls-Royce de Freddie pour signer les accords de rupture requis. Queen devait payer une somme considérable aux John Reid Enterprises pour le privilège de se libérer eux-mêmes de ses contrats de management avant leur terme échu, de plus ils durent lui signer une concession de 15% des royalties générés par les ventes futures de ces albums déjà édités et ceci à perpétuité, tout ceci contribua à la décision du groupe de s'occuper d'eux eux-mêmes avec l'aide de Peter Brown qui décida de rester avec eux en tant que manager personnel, et de Paul Prenter qui était un ami proche de John Reid et qui avait besoin d'un job, ce que John Reid lui avait trouvé avec Queen, et de Jim Beach pour le domaine des affaires et des contrats. Gerry Stickells continua à être à la tête de l'organisation des tournées.

L'INDEPENDANCE FINANCIERE

En novembre 1977, Queen s'envola à nouveau pour les USA pour une autre tournée, deux tournées aux USA dans une année cela ne s'était jamais vu alors. 'News of The World' venait juste de sortir, et était en bonne voie pour leur apporter leur premier disque de platine américain.

Les répétitions débutèrent au Metro Coliseum à New Haven (la ville de l'Université de Yale) le 7 novembre, et les membres du groupe y arrivèrent tous séparément comme ils avaient eu des engagements dans diverses activités personnelles avant de commencer. Ils furent tous choqués lorsque John arriva la tête pratiquement rasée. Il n'avait jamais été de ceux qui s'occupent vraiment de leur apparence, il s'habillait plutôt pour le confort que pour la mode, aussi un geste aussi radical que celui-ci, comme s'il voulait adopter la mode punk, surprit tout le monde. Pour lui, bien entendu, la coupe de cheveux était bien plus pratique et il nia farouchement toute tendance à devenir punk. Ses cheveux étaient assez courts cependant pour lui avoir valu un surnom parmi le groupe et les roadies:' Birdman' du nom d'un célèbre prisonnier d'Alcatraz.

Cette fois-ci, le budget de la tournée s'étendit à l'acquisition d'un avion privé. Non seulement il permettait de réduire la durée des trajets mais il permettait également de se rendre sur les lieux de concerts depuis quelques différentes bases aux USA où le groupe se sentait chez lui.

La 'Couronne' de jeux de lumières qui avait été inaugurée à Earls Court à Londres, était bien trop lourde pour penser la transporter aux States, aussi Gerry Stickells s'était arrangé pour faire travailler une compagnie de navigation de Boston avec les techniciens de la lumière américains pour recréer un modèle plus petit de la Couronne et surtout plus 'transportable'! Le groupe tenait beaucoup à ce que le public américain puisse voir la voir dans toute sa splendeur tout comme les britanniques l'avaient fait.

La tournée débuta à Portland le 11 novembre 1977 et le spectacle ouvrit avec Brian et Freddie chacun à un bout de la scène lançant un cinglant 'We Will Rock You'. A la fin de la chanson, la salle résonnait d'assourdissant tonnerres d'applaudissements, les rideaux s'ouvrirent et Roger et John apparurent alors que le groupe se lançait dans une frénétique, puissante et rapide répétition de ce morceau. Le public était en délire après un si incroyable début, et, le groupe avait ajouté 7 nouveaux titres à leur setlist. Roger chanta pour la première fois en soliste durant le titre de sa composition 'I'm In Love With My Car'. Ce soir-là, pour la première fois en tournée, Freddie interpréta la magnifique ballade 'Love Of My Life'. Le public tout entier commença aussi à le chanter, et Freddie s'arrêta pour les laisser continuer. Ils étaient parfait au mot près. La participation du public sur ce titre devint partie intégrante des concerts de Queen à partir de ce moment-là, et jamais aucun public ne les laissa tomber en ne sachant pas le texte, quelque soit leur langue natale.

Comme le trajet entre les différentes villes de concert était beaucoup plus rapide, le groupe s'aperçut qu'ils avaient davantage de temps pour découvrir les endroits où ils allaient jouer plutôt que simplement la salle et l'intérieur d'une chambre d'hôtel. Ils tirèrent avantage de cela le plus possible, incluant la visite de la Tour CNN à Toronto, ainsi que d'autres fascinants et célèbres endroits qu'ils pouvaient trouver.

A Norfolk en Virginie, Frank Kelly Freas exposait ses oeuvres au Chrysler Museum of Art auquel le groupe fut invité. Le dessin original qui avait servi à concevoir la pochette de 'News Of The World' était exposé et l'artiste offrit au groupe des éditions limités de son livre où le dessin apparaissait.

La prochaine étape était Cleveland où ils firent un petit détour par la tour de contrôle de l'aéroport, particulièrement intéressante pour John en raison de ses connaissances en électronique.

Le mois de décembre à New-York était une époque froide et humide, mais la chaleur du public et l'accueil que le groupe reçu leur assura que, somme toute, ils n'étaient pas en trop mauvaise situation. Liza Minelli était à New-York à la même période que Queen, jouant dans un show intitulé 'The Act', auquel Freddie, très grand fan de Liza, se devait d'assister.

Pour la première soirée de Queen au Madison Square Garden, aux rappels, Freddie remonta sur scène vêtu d'une veste et d'un chapeau emprunté à l'équipe de base-ball The New-York Yankees, qui venait juste de gagner le Championnat du Monde de Baseball, et le public se déchaîna! Les parents de Brian et de Roger, qui n'avaient jamais vu Queen jouer à l'étranger furent invités pour les voir au concert du Madison Square Garden, c'était tellement prestigieux. Le père de Brian dit, avec ironie, qu'il ne se rendrait aux States que s'il s'y rendait par le Concorde. Brian le prit au pied de la lettre, et tous deux en compagnie des parents de Roger prirent place à bord du supersonique pour ce voyage.

Les boutiques de New-York offraient bien trop de tentations pour Freddie, mais cette fois-ci, il ne fit l'acquisition que d'un article- un piano à queue japonais laqué blanc de 9 pieds de long ( 2,80m environ). Le groupe ne pouvait pas l'emmener avec eux pour le reste de la tournée, alors des démarches furent faites pour le rapatrier en Angleterre par bateau.

Le 4 décembre 1977, le groupe devait jouer à The University of Dayton dans l'Ohio. Le climat était abominable, et les autorités qui étaient présentes sur place déclarèrent que le concert devait être annulé. Le groupe contesta, et malgré le climat et le fait que la salle était glaciale en raison des coupures de courant, décida de s'y lancer. Ils affrêtèrent un avion privé pour l'Ohio, puisque tous les services prévus avaient été annulés, puis prirent un mini-bus pour se rendre sur le lieu du concert. Les promoteurs du spectacle firent tout ce qui leur était possible pour leur prouver leur gratitude, incluant un énorme buffet...froid évidemment! Queen joua devant un public estimé à 2000 personnes, la capacité de la salle étant de 2800. La plupart d'entre eux avaient bravé les intempéries, également, et le concert obtint un vif succès.

Beaucoup d'autres groupes britanniques étaient en tournée aux USA à la même période que Queen, et pendant qu'ils étaient à Houston, Rod Stewart jouait à Los Angeles. Roger sauta dans un avion et se rendit à son spectacle, prenant le vol retour le lendemain, à temps pour voir une spectaculaire revue musicale intitulée 'Hallelujah Hollywood' à l'Hôtel MGM.

Après une fête particulièrement bruyante et tardive à San Diego, et un peu trop d'alcool aussi, John passa la main droite, d'un coup, à travers une baie vitrée. Il fut rapidement amené à l'hôpital où il subit 19 points de suture, causant la panique dans l'entourage de la tournée, de peur qu'il ne puisse continuer à jouer. Ils n'avaient pas besoin d'avoir peur, sa main était blessée, mais il pouvait toujours s'en servir.

C'était presque Noël et le climat californien était habituellement doux, si doux qu'une énorme fête fut donnée à Hollywood avec au programme, entre autres amusements pour le moins étranges, des illusionnistes et des danseuses du ventre.

Le dernier des trois concerts au Los Angeles Forum, le 22 décembre, comprenait un rappel inhabituel. La scène fut tout à coup envahie par des danseuses aux costumes très déshabillés et portant des plumes d'autruche, un lutin faisant des cabrioles- brillamment interprété par John Reid qui était resté ami avec le groupe et était invité au spectacle- des arbres de Noël qui marchaient, un homme en pain d'épice joué par le directeur d'EMI records, des clowns et des rennes. Un Père Noël géant (un garde du corps de plus de 1,90m bien déguisé) avança sur la scène portant une hotte volumineuse de laquelle jaillit Freddie. Tout çà incroyablement kitsch et très Queen. Durant ce rappel, plus de 5000 ballons, de la neige artificielle et des paillettes furent lâchés sur le public, et Brian et Freddie chantèrent une version spéciale de ' White Christmas'. Un régal de Noël pour les fans, et, bien entendu, après un spectacle tel que celui-ci, le groupe avait organisé une fête, une soirée pailletée spéciale Noël.

Queen retourna en Grande-Bretagne la veille de Noël pour passer les vacances avec la famille et les amis et pour se reposer après une aussi glorieuse mais épuisante tournée. Leur single ' We Are The Champions/ We Will Rock You' était devenu n°1 dans bien des pays, et représentait pour Queen une percée en France. C'était un pays peu ouvert au groupe avant cela. ' We Will Rock You' fut diffusé de manière intensive sur les ondes radios françaises, et fut édité en France en Face A. Il resta n°1 durant douze semaines après lesquelles, comme il n'était pas permis qu'un disque reste N°1 plus longtemps, les médias éditèrent leur chart avec 'We Are The Champions' en N°1 à la place! Après cela, Queen fut très populaire en France pendant deux ans, un changement radical sans que n'ait eu lieu aucun concert.

Deux émissions spéciales d'une durée de 1 heure furent diffusées pour la Veillée de Noël et pour le Réveillon du Jour de l'An sur BBC Radio One, animées par Tom Browne. Elles comprenaient des interviews avec tous les membres de Queen, donnant un aperçu de la vie du groupe et de leur musique. C'était une fin splendide à une année couronnée de succès. Queen étaient désormais tellement réputés qu'ils réalisaient qu'ils auraient pu se contenter de poser leurs derrières dans un fauteuil, vendant quantités de disques, tout en étant reçus comme des héros partout dans le monde. C'était une situation pour laquelle ils avaient travaillé dur, toutefois, et maintenant qu'ils en étaient arrivés là, ils étaient prêts à travailler encore plus dur pour dépasser ce stade-là.

Janvier 1978 débuta tranquillement, Roger s'envola pour la France pour un court séjour, afin de repérer les endroits où ils auraient la possibilité de jouer. Ce fut aussi l'occasion de rendre visite aux parents de Dominique qui vivaient dans la banlieue de Paris. Le festival annuel de la musique, le Midem, avait également lieu dans le sud de la France, et Europe 1, la seconde plus grande station de radio européenne, offrit à Queen un award pour le groupe de rock ayant le plus de potentiel, il fut récolté en leur nom par Pete Brown.

Depuis la rupture avec John Reid, les membres du groupe avaient discuté des pour et des contre se produire eux-mêmes, ce qu'ils trouvaient tous préférable à signer un autre contrat de management. C'était Keith Moore de Moore Sloane and Company qui les avaient représentés jusqu'ici pour la comptabilité et les impôts, mais ils trouvaient qu'ils n'obtenaient pas les conseils dont ils avaient besoin dans ce domaine, aussi John Deacon se rendit à Thornton Baker, une agence d'experts-comptables spécialisée dans les conseils fiscaux et représentée par Peter Chant.

Avec les conseils et l'aide de Peter et Jim Beach, le groupe commença à organiser sa propre structure de management. Peter fut engagé pour les affaires, les impôts et les conseils comptables et Jim quitta Harbottle and Lewis où il était partenaire, pour prendre en mains l'organisation des affaires de Queen Productions Ltd. Ils fondèrent également Queen Music Ltd et Queen Films Ltd. L'idée qui les poussa à créer Queen Films était que Queen pourrait financer leurs propres vidéos et tous les films, et ensuite autoriserait EMI à les utiliser à des fins promotionnelles seulement, en contrepartie celle-ci leur fournirait une participation financière couvrant les coûts de réalisation de ceux-ci. C'était un arrangement tout à fait inhabituel car la plupart des maisons de disques possèdent les droits audiovisuels de leurs artistes, mais en faisant cela Queen étaient libres de faire ce qu'ils désiraientt dans leurs vidéos. C'était sur le conseil de Peter que le groupe décida de prendre sa première année sabbatique. Les raisons de celle-ci étaient purement fiscales, puisque les lois fiscales britanniques précisent que les impôts ne sont pas dûs lorsqu'une personne passe au minimum 300 jours sur 365 en-dehors de la Grande-Bretagne. Le groupe mit au point une structure par laquelle leur travail en Grande-Bretagne était pour Queen Productions Ltd, mais leur travail outremer serait pour une compagnie séparée, Raincloud Productions Ltd, ainsi les revenus gagnés par l'intermédiaire de Raincloud seraient simplement et purement non-imposables.

John et Veronica eurent leur deuxième enfant le 3 février 1978, et le 10, avant que le groupe ne puisse quitter la Grande-Bretagne pour cette année 'sabbatique', Queen réalisa son 10e single en UK, un morceau de John intitulé 'Spread Your Wings'. Le Record Mirror fut, comme on s'en doutait, caustique:

" Comme les deux faces de ce single ont été disponibles depuis pas mal de temps sur l'album, je peux seulement présumer que ceci est essentiellement mis en vente pour les nouveaux fans de Queen. Mais je ne savais pas qu'il y en avait."

Le groupe se rendit aussi aux studios Shepperton pour quelques répétitions intensives afin de s'assurer que le spectacle était prêt et aussi pour jouer quelques morceaux du nouvel album et quelques autres.

Le 9 avril 1978, ils quittèrent la Grande-Bretagne pour Stockholm pour débuter une autre tournée européenne, démarrant celle-ci au Ice Stadium de Stockholm le 12 avril. Pour annoncer l'arrivée imminente de Queen, EMI à Bruxelles engagea les services de Lion Promotion, une compagnie de relations publiques, pour faire conduire des camions tout autour de la ville, sur l'arrière desquels des robots géants avaient été collés. Ils diffusèrent des morceaux de l'album à travers de puissants haut-parleurs alors qu'ils rentraient en ville, ce qui était difficile à ignorer! Malheureusement, ils durent partir et débuter la tournée sans John Harris qui avait été partout avec eux depuis l'époque Smile. John avait, malheureusement, contracté une maladie et était dans l'impossibilité de faire le voyage avec eux, c'était la première fois qu'ils allaient quelque part sans lui, et il leur manquait beaucoup.

Ils s'étaient organisés pour faire transporter une version spéciale de la Couronne de jeux de lumières de 19m avec eux pour impressionner le public, bien que dans quelques salles, les plafonds n'étaient pas assez hauts pour l'utiliser.

La salle à Bruxelles était le Forest National, une salle immense utilisée par la plupart des groupes qui jouaient en Belgique. Queen fut le premier groupe à jouer trois soirs consécutifs à guichets fermés dans ce lieu, un tel exploit que les promoteurs des concerts placèrent une annonce dans lapresse musicale locale pour les féliciter.

Leur premier concert à Paris était au Pavillon de Paris le 23 avril 1978, et comme par le passé, il y avait eu des problèmes avec d'autres groupes, la police limita le nombre des entrées, ce qui eut pour conséquence bon nombre de fans déçus, frappant des pieds et criant à l'extérieur de la salle. Heureusement, il n'y eut pas de problème le premier soir, et, la police annula les limitations de places pour le concert suivant.

A Berlin Ouest, il y avait un célèbre Club de travestis mal-famé, et après le concert au Deutschlandhalle à Berlin, le groupe se vit offrir une soirée de divertissement. L'annonce de leur arrivée était parvenue au club en avance, et les artistes travestis résidents du Club firent une parodie assez obscène de 'Bohemian Rhapsody' dans leur numéro de scène qui fut accueilli par une ovation bruyante. Tandis qu'ils étaient à Berlin Ouest, Roger et Brian traversèrent Checkpoint Charlie dans le mur de Berlin, pour se rendre à Berlin Est, ce fut une expérience qui les émut profondément.

Le 25 avril, Elektra Records mit en vente une version ' edited form' du single ' It's Late' aux USA. Il ne connut pas beaucoup de succès, sa position la plus haute dans le Billboard chart fut 74e.

Le 4 mai, ce fut le retour en Grande-Bretagne pour une suite de cinq concerts débutant au Bingley Hall à Stafford pour deux représentations les 6 et 7 mai. Pour la première fois, Freddie ne monta pas sur scène dans son collant habituel, mais à la place il portait un veste noire et brillante en PVC et un pantalon assorti, tandis que pour les rappels, il revint soudainement vêtu d'une combinaison-short rouge vif, incrustée de paillettes, et dont le décolleté plongeant ne cachait que très peu de chose.

Queen avait été élu Meilleur Groupe par les lecteurs du Daily Mail, et le 10 mai, le groupe fut invité à une cérémonie pour recevoir leur prix au très chic Knightsbridge Restaurant, mais à la fin de la soirée, les organisateurs perdirent le contrôle des évènements, et tous les verres de la salle avaient volé en éclats.

Au dernier concert de cette tournée, le 13 mai à The Empire Pool, Queen joua une versionde 'White Queen' à couper le souffle qui ravit le public. C'était le morceau parfait pour mettre en évidence les talents individuels de chacun des membres du groupe, et ils continuèrent longtemps ensuite à le faire, prouvant, s'il le fallait, que ces talents , aussi bons furent-ils à l'origine, s'étaient affûtés à la perfection après tant de tournées ardues et exigeantes.

Après ce concert, le Daily Mirror offrit à Queen l'award du Meilleur Groupe Britannique lors d'une fête après le spectacle, au cours de laquelle, les verres, ou plutôt le plus gros des verres, resta intact!

Roger et John quittèrent tous deux la Grande-Bretagne, peu de temps après la fin de la tournée, pour commencer le travail sur le prochain album aux Mountain Studios à Montreux, tandis que Freddie resta en Grande -Bretagne pour co-produire, avec Roy Thomas Baker, un album pour un très bon ami, l'acteur Peter Straker. Peter avait prouvé qu'il possédait une belle voix lorsqu'il était apparu dans la comédie musicale 'Hair', mais c'était sa première aventure sur vinyl pour son propre compte. Freddie avait une telle foi dans ses capacités qu'il investit 20 000 livres sterling dans l'album ' This One's On Me' qui fut mis en vente plus tard dans la même année. Brian resta également en UK, mais lui pour la naissance de son premier enfant, le 15 juillet 1978 Chrissie mit au monde le petit James, plus connu sous le nom de Jimmy. Dans les jours suivant la naissance du bébé, Brian s'envola pour le Canada pour rendre visite à des amis, et, poursuivre son année sabbatique. Il célébra son propre anniversaire le 19 juillet à Toronto. Finalement, Brian et Freddie rejoignirent John et Roger en Suisse pour travailler à leur prochain album.

Roger donna une fête d'anniversaire à Montreux, une affaire très extravagante organisée dans un hôtel local, à laquelle tout 'le beau monde' fut invité. Freddie était très en forme ce soir-là, et à un moment, il fut retrouvé par des invités stupéfaits, se balançant à un énorme lustre. "J'ai toujours rêvé me balancer à un lustre, dit-il, et lorsque je vis cette délicieuse chose de cristal se balancer là, je n'ai pas pu résister!"

Un jour, pendant l'enregistrement à Montreux, un violent orage coupa le courant sur la ville, Brian se précipita dehors au point culminant de l'orage, avec son magnétophone portable, et enregistra les coups de tonnerre, il les utilisa sur l'album, à la fin du morceau 'Dead On Time'.

L'enregistrement de l'album passa des Mountain Studios aux Studios SuperBear à Nice, dans le sud de la France. Le groupe avait été averti par leur comptable de ne pas enregistrer l'album en entier dans un seul pays, car ce pays pourrait avoir de bonnes raisons de les imposer.

La fête d'anniversaire de Freddie, cette année-là, fut donnée à Nice, à St-Paul de Vence, et, comme d'habitude, elle fut scandaleuse. Tous se dévêtirent et plongèrent nus dans la piscine pour cabrioler comme des enfants, au plus grand plaisir de Freddie, car il était le seul à rester sec sur le bord. Il avait fait venir beaucoup d'amis d'Angleterre pour la fête, et parmi eux il y avait Peter Straker, pendant la soirée, tous deux offrirent aux invités leurs interprétations des arias de Gilbert & Sullivan.

Pendant qu'ils travaillaient au SuperBear à Nice, la course cycliste 'le Tour de France' traversait Nice, et tous ces superbes gars à bicyclette inspirèrent une chanson à Freddie: 'Bicycle Race'.

Alors qu'ils étaient plongés à fond dans leur travail à Nice, il fut décidé que le prochain single à être mis en vente serait un double face A avec le titre de Brian: 'Fat Bottomed Girls' et le titre de Freddie: 'Bicycle Race'. La compagnie publicitaire du groupe se jeta sur l'idée de louer le Stade de Wimbledon à Londres et d'engager 65 filles nues pour courir leur propre course de vélos de manière à ce que les photos et le film puissent être utilisés à des fins promotionnelles pour la chanson. Le groupe sauta sur l'occasion et l'idée fut mise en pratique. Le 17 septembre, les 65 filles nues, toutes recrutées dans diverses agences de mannequins, s'étaient regroupées au Stade de Wimbledon et furent alignées pour le départ de la course, heureusement, c'était une journée chaude et ensoleillée. L'équipe de tournage et les photographes étaient tous prêts (il y eut de nombreux assistants caméramen bénévoles ce jour-là!) et la course se déroula. Malheureusement pour Queen, il y eut encore une autre dépense imprévue: Halford's Cycles, qui avait fourni toutes les bicyclettes, refusait de reprendre les selles de vélo utilisées par les jeunes filles, et, toutes les selles durent être payées, afin qu'elles puissent être remplacées.

Le 13 octobre vit la sortie du single 'Fat Bottomed Girls/Bicycle Race'. Sa cover montrait la vue arrière de la cycliste nue qui avait gagné la course et causa un tel outrage que les exemplaires suivant durent avoir des culottes noires dessinées sur elles. Le groupe n'arrivait pas à comprendre pourquoi un tel scandale, après tout, ce n'était qu'un postérieur nu, et le pire, c'est qu'on pouvait le voir librement dans les rayons de disques de tous les magasins. Quelques critiques de ce single furent plus aimables que par le passé, mais le plus grand nombre les condamnèrent.

" Queen déteste la presse musicale, ils méritent pourtant tout le vitriol qui pourrait s'abattre sur eux si ceci est un échantillon fidèle de leur nouvel album."

NME

" 'Fat Bottomed Girls' débute comme quelque chose qui émanerait d'une église de Harlem, et, éclate dans un lourd hard rock dégoûlinant de miel, grâce auquel le groupe est si étonnamment couronné de succès."

Sounds

Ce ne fut pas une grande surprise pour leurs fans lorsque le single monta à un solide n°11 dans les charts britanniques.

A la mi-octobre, le groupe s'envola directement de France pour les USA afin de débuter une autre tournée américaine. Avant de donner le coup d'envoi à Dallas, ils tournèrent des vidéos promotionnelles pour 'Fat Bottomed Girls' et 'Bicycle Race' qui devaient sortir en single double face A aux USA, et ils travaillèrent sous la direction de Dennis de Vallance. La tournée démarra le 28 octobre au Dallas Convention Centre. Pour cette tournée, il y avait une autre plate-forme de jeux de lumières impressionnante, et comme le groupe avait prit l'habitude de la surnommer, elle devint célèbre sous le nom de 'The Pizza Oven'. Pourquoi? "Si vous stationniez un moment dessous, vous comprendriez vite pourquoi!" dit Brian. Elle était plus importante que toutes les installations de jeux de lumières que Queen avait utilisé auparavant, et les techniciens mettaient pas moins de 8 heures pour l'installer, et encore 8 autres pour la démonter. Cet appareil nécessitait 600 spots individuels en 7 rangées bien distinctes, et, il était actionné par un système hydraulique. Au début du spectacle, la plate-forme de 5 tonnes était montée à 45° au-dessus de la scène et au fur et à mesure de l'introduction musicale, il s'élevait lentement. Durant le spectacle, il bougeait constamment, les sept rangées de jeux de lumières pouvant bouger et éclairer séparément. A la fin du show, l'appareil tout entier faisait face au public, et les couleurs se changeaient en spots blancs très puissants qui les illuminaient directement. Autre innovation, une petite plate-forme sur laquelle il y avait un kit de batterie et qui descendait du plafond (lorsque la taille de la salle le permettait!), le groupe se plaçait là pour jouer leur medley acoustique. Roger avait encore agrandi son kit de batterie d'une énorme paire de timbales sur laquelle il jouait un solo énergique tous les soirs.

Pour les rappels, à Memphis, ils jouèrent 'Jailhouse Rock' en hommage à Elvis Presley, un titre qu'ils avaient souvent joué par le passé, mais qu'ils ne jouèrent qu'à Memphis lors de cette tournée. Cela provoqua l'hystérie.

Le 31 octobre, après le show à New-Orleans, et en guise de fête de première pour leur nouvel album 'Jazz', le groupe avait organisé une gigantesque, scandaleuse et très coûteuse fête au New Dreams Fairmount Hotel, davantage organisée et payée par le groupe que par leur maison de disques, puisqu'ils désiraient inviter leur deux maisons de disques, EMI pour la Grande-Bretagne, et Elektra pour les USA. C'était la première fois que les deux maisons de disques se rencontraient, et chacune s'assura le maximum de ses agents exécutifs de façon à ne pas être éclipsée par l'autre! Le groupe invita plus de 400 personnes, incluant la presse britannique, sud-américaine et japonaise, sans oublier de mentionner la presse locale et américaine. Ils avaient même fait venir une ou deux 'groupies spéciales' de la New-Orleans, avec les instructions précises 'de prendre soin' des officiels des maisons de disques. La fête devait commencer à minuit et aux douze coups, la fanfare de l'Olympia s'avança dans le hall à la tête d'une procession dont Queen faisait partie avec des gens très bizarres. Les invités de la fête furent divertis par des lutteuses nues dans la boue, des nains, des cracheurs de feu, des groupes de jazz, des danseurs zoulou, des danseurs vaudou, des stripteaseuses, des travestis et des cyclistes sur une roue, pour en nommer quelques-uns! Un incessant va-et-vient des officiels des deux maisons de disques eut lieu vers une pièce située à l'arrière et où une des deux 'groupies spéciales' passa toute la soirée sur les genoux à leur faire plaisir!

La fête dura toute la nuit. La presse britannique, accompagnée par Tony Brainsby, été arrivée à temps à la New-Orleans pour voir le spectacle, puis se rendirent à la fête, y restant toute la nuit, et prirent un vol en milieu de matinée pour rentrer en Grande-Bretagne.

Le jour suivant, le groupe donna une conférence de presse bien plus discrète dans l'élégant restaurant Brennan, dans le quartier français de la ville. Mais, cette fête entra dans les annales de l'histoire du rock comme l'évènement le plus 'hors-normes' et de loin, dans la tradition festive du groupe. Elle fut mentionnée aussi bien dans les journaux américains que dans les journaux du reste du monde, racontant tous une anecdote à ce sujet dans leurs colonnes.

La tournée américaine reprit de la manière la plus relaxante et efficace en termes de durée de trajets, par jet privé. Les excursions fuent possibles à nouveau, et, le groupe s'accorda une pause à Disneyworld, en Floride, pour une journée entière dans le monde des enfants.

Le 10 novembre, de retour en Grande-Bretagne, EMI mit en vente l'album 'Jazz', le septième album de Queen. Le titre et le design de la cover, une roue de cercles concentriques, avait été vus par Roger, peint sur le Mur de Berlin. Aussitôt qu'il l'avait vu, il avait trouvé que ce serait parfait pour l'album, et aucun des trois autres n'avait contesté. Lorsque l'album fut mis en vente, chaque exemplaire comprenait un poster gratuit montrant tout un groupe de 'beautés' de la fameuse course cycliste nue de Wimbledon. Aux USA, le poster causa un véritable scandale: il fut qualifié de pornographique et interdit. A la place, les albums indiquaient que le poster était disponible sur commande. A nouveau, le groupe fut décrié pour ce manque de moralité, pour autant qu'ils se sentent concernés, eux et leur maison de disques, la course, les photos et les clips vidéos étaient tous du meilleur goût, et vraiment absolument anodins et drôles, les filles y avaient pris part volontairement et s'y étaient amusé. Aucun tort n'avait été causé, et la majorité de ceux qui avaient acheté l'album n'étaient pas offensés du tout.

Un des remerciements inscrits sur l'album précisait 'Thunderbolt Courtesy Of God' et faisait référence aux coups de tonnerre que Brian avait enregistré durant ce violent orage à Montreux et utilisé à la fin de 'Dead On Time', ils résonnaient d'une manière tout à fait impressionnante. Mais les critiques furent à nouveau brutales:

" Réplique de troisième zone de Gilbert & Sullivan, si vous avez des sourds dans votre entourage, achetez-leur pour Noël."

NME

" J'aimerais vraiment aimer Queen autant que je les ai aimé au début des années 70, mais cela devient absolument impossible."

Sounds

Mais, comme toujours, l'album fut bien accueilli par le public, se vendant en quantités suffisamment importantes pour atteindre la seconde place des charts et rester dans le chart durant vingt-sept semaines.

Le Queen Fan Club, dirigé désormais par Amanda Bloom, avait l'habileté, alors que le groupe passait autant de temps à l'étranger, de garder Queen présent à l'esprit de tous ses fans, et opta pour l'idée d'une journée entière dédiée au groupe. Il fit appel pour cela aux services du DJ Alan Freeman, fan lui-même, et s'installa dans The Empire Ballroom à Leicester Square. Le groupe adressa un télégramme pour souhaiter que tout le monde aille bien, et fournit également des vidéos promotionnelles. Ce fut une superbe journée que le Fan-Club se promettait de répéter.

Pendant ce temps, à New-York, durant ' Bicycle Race', la scène du Madison Square Garden fut envahie par des jeunes filles dévêtues, faisant le tour de la scène sur leurs vélos, en actionnant leurs sonnettes. En coulisses, après le show, la production du madison Square Garden remit au groupe des 'golden tickets' pour célébrer des ventes de plus de 100,000 billets dans cette salle, une finalité rarement atteinte.

La tournait américaine s'achevait par un concert à Los Angeles au Inglewood Forum, et, le groupe put rentrer à temps en Angleterre pour fêter Noël.

Jamais contents de se reposer sur leurs lauriers, le 12 janvier 1979 vit Queen partir pour Hambourg pour le démarrage d'une autre tournée européenne, leur plus importante alors, avec 28 concerts, débutant le 27 janvier à The Ernst Halle. Cette tournée incluait pour la première fois deux concerts en Yougoslavie, à Zagreb et à Ljubjana, tous deux vendus d'avance. Les Yougoslaves n'avaient pas l'habitude des tournées des groupes de rock importants, et furent très étonnés par tout cela.

Le 26 janvier 1979, EMI édita le 12e single du groupe en UK, 'Don't Stop Me Now' extrait de 'Jazz'. Ils tournèrent une vidéo dirigée par Jogen Kliebenst pendant qu'ils étaient à Bruxelles. Et, choc, horreur, la presse musicale l'aima:

" En dépit de tout, Freddie possède une des plus belles voix du rock, et Queen sait comment changer les accords intelligemment. Possèdent-ils déjà EMI?"

Record Mirror

" Queen s'éclate avec une chanson enthousiasmante qui sera certainement un hit formidable."

Daily Mirror

 Ce fut un hit, entrant dans le top ten britannique à la place n°9.

Durant les trois concerts au Pavillon de Paris, Freddie remarqua que le premier rang était occupé par le même groupe de fans anglais, tous munis de sonnettes de vélos pour les faire résonner au bon moment. Il prit tellement l'habitude de les voir assis là qu'il leur donna même un surnom, The Royal Family, et les saluait tous les soirs, habituellement par des remarques du style: "Fucking Hell! Vous êtes encore nombreux ici ce soir?"

Le dernier soir de concert à Paris, la sécurité perdit le contrôle du public et la police dut être appelée pour ramener le calme, mais pas avant que ne survienne un malheureux accident, quelques techniciens avaient été aspergés de gaz lacrymogène, néanmoins aucun dommage sérieux, et tous furent rétablis pour assister à la fête de fin de tournée qui avait lieu ce soir-là. A la fête de fin de tournée, il fut remis des statuettes d'argent, représentant des filles nues à vélo, à chacun des membres du groupe pour commémorer une tournée aussi triomphale. Tous les concerts de cette tournée avaient été enregistrés professionnellement, puisque leur maison de disques leur avait demandé de sortir un album live. La demande du public avait été très forte, alors bien qu'ils furent toujours réticents à cette idée, si c'était ce que les fans désiraient, et si cela pouvaient mettre un terme à cet illégal marché de cassettes hi-fi pirates, ils le feraient.

Ils s'envolèrent de Paris pour Montreux avec les cassettes enregistrées en tournée, pour commencer le travail destiné à les publier sous forme d'album, avec le producteur John Etchells. Ils voulaient arriver à réaliser quelque chose très proche d'un vrai concert de Queen, mais avec la musique un peu 'retouchée' pour améliorer la qualité sonore. Cela prit pas de temps pour choisir les morceaux à utiliser, et de quels spectacles, mais ensuite ce fut assez simple de les réunir.

Le groupe adorait travailler aux Mountain Studios, sur les bords du Lac de Genève, et Montreux était une petite ville bien paisible. En Angleterre, ils venaient juste d'avoir un redressement d'impôts particulièrement astronomique basé sur leurs revenus passés, et leurs conseillers leur suggérèrent que plutôt que de rembourser le fisc, ils feraient mieux de faire l'acquisition des Mountain Studios. Les studios étaient la propriété d'un petit groupe d'actionnaires hollandais qui n'étaient pas dansl'industrie musicale, et qui n'étaient pas très contents de la manière que les studios étaient menés. Alex Grob, qui avait fait construire ces studios avec le soutien hollandais, passait plus de temps avec son épouse américaine à Los Angeles qu'à diriger les studios Mountain, donc lorsque Jim Beach le contacta pour les acheter, il était heureux de faire les négociations, tout comme l'étaient les actionnaires. En 1979, le contrat de vente fut conclu, et lorsque l'ingénieur du son résidant aux studios, David Richards, leur demanda ce qu'ils comptaient faire de Mountain Studios, Freddie répondit: "Les jeter dans le lac, mon cher, qu'est-ce que tu en penses?"

Avant de quitter la Suisse pour s'envoler pour le Japon pour continuer la tournée, on leur demanda de réfléchir à écrire le thème musical d'un film de science-fiction futuriste, produit par Dino de Laurentiis, et basé sur le héros de bande dessinée classique: Flash Gordon. Ecrire une musique de film, c'était quelque chose à laquelle ils avaient tous pensé, aussi Jim Beach organisa une rencontre avec De Laurentiis. Lorsqu'il mentionna à De Laurentiis que Queen était intéressé à faire la musique du film, la première réaction de De Laurentiis fut assez simple: "Qui sont ces Queens?". Ils étaient, en fait, le premier groupe de rock qu'il ait jamais écouté. Le résultat fut que la composition de la BO de Flash Gordon fut commandée à Queen.

Aller à Tokyo c'était pour Queen comme un retour à la maison, salués à nouveau par les fans à l'aéroport avec des banderolles et des photos. Les concerts étaient tous vendus d'avance, et les gens faisaient toujours la queue à l'extérieur le soir dans l'espoir de pouvoir rentrer. Le principal magazine musical japonais, Music Life, organisa une cérémonie pour le groupe, durant leur voyage, et leur offrirent des awards pour le ' Meilleur Groupe', ' Meilleur Single', ' Meilleur Album' et chacun des membres dominèrent leur propre catégorie musicale, les autres groupes et musiciens avaient toujours eu beaucoup de mal à se faire remarquer dans ces dernières catégories. Le premier concert eut lieu au Budokan à Tokyo, et, le spectacle fut filmé pour être programmé à travers le pays tout entier à une date ultérieure. Enplus de leur set habituel, ils avaient ajouté 'Teo Torriate' de 'A Day At The Races' qui comportait des paroles japonaises, et une autre chose nouvelle fut que Brian se mit au piano sur cette chanson.

Le 27 avril, Elektra Records mit en vente un autre single: 'Jealousy' extrait de 'Jazz' qui ne rentra pas dans le chart. Pendant ce temps, les sièges sociaux de EMI en Allemagne, en Yougoslavie et en Espagne, étaient sous la pression du public qui désirait que ' Mustapha', soit réalisé en single, ce qu'ils firent.

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IDEES FOLLES!

C'était alors qu'ils assistaient aux finales simples hommes à Wimbledon que Freddie et Roger eurent une idée. En juin 1979, Queen contacta The All England Lawn Tennis Club pour obtenit la permission d'utiliser le Court Central de Wimbledon, qui est seulement utilisé quelques semaines par an pour les Championnats de Tennis sur gazon, pour y donner un concert. Le sujet fut l'objet de la plus grande des considérations de la part du Club, mais ils refusèrent, argumentant qu'ils ne pensaient pas qu'un concert rock fut un évènement convenant au gazon sacré du Court Central.

'Live Killers' le premier 'live' du groupe et également leur premier double-album (à ce jour), fut mis en vente le 22 juin 1979. Il comprenait des titres de 16 concerts européens et vendit rapidement, les spectacles sur scène de Queen étaient désormais légendaires et des millions de fans voulaient recréer ce son chez eux. 'Live Killers' combla ce manque, bien qu'il y eut encore un marché pour les pirates qui pouvaient demander des sommes énormes pour des mauvaises cassettes mal enregistrées des shows de Queen. Queen espérait réduire la demande avec cet album, mais ne pouvait pas carrément la stopper.

L'album bénéficia de l'acclamation de quelques critiques:

"Je ne sens pas cette grimace 'post-77' me monter aux lèvres à la mention de leur nom, et ce double album est une parfaite rétrospective adéquate de la plupart de leurs meilleurs titres."

Sounds

"Sortez le champagne et les roses, c'est un triomphe. Cet album rehausse les chansons de Queen, et ce n'est pas du simple remplissage en attendant leur prochain projet en studio. Ecoutez et vous ne serez pas déçus."

Record Mirror

Il grimpa à la 3e place des charts britanniques.

Veronica donna naissance au troisième bébé de la famille Deacon le 25 juin 1979, une fille, Laura. John et elle étaient bien plus qu'heureux, après deux garçons, une fille était plus que bien-venue. Tout à fait de circonstances, le 13e single de Queen, la version live de 'Love Of My Life' extraite de 'Live Killers', fut mise en vente quatre jours plus tard. Le Melody Maker fut peu flatteur, cependant:

"Il était une fois une splendide ballade dans l'album 'A Night At The Opera'. Désormais, elle résonne un chant pour supporters de football."

Ce ne fut pas un succès commercial, d'ailleurs, atteignant seulement la 63e place du chart britannique.

En 1979, EMI Records était une des plus grandes et des plus importantes maisons de disques, et en juin cette année-là, leurs réalisations à succès furent reconnues lorsqu'ils reçurent The Queen's Award to Industry. Pour célébrer cet évènement, ils décidèrent de represser juste deux cents exemplaires de leur single le mieux vendu, ' Bohemian Rhapsody', sur du vinyl bleu et de le vendre en édition limitée. Ils offrirent aux membres du groupe les quatre premiers exemplaires encadrés, et ensuite s'assurèrent que toute l'équipe de management et des membres-clés de EMI obtiennent leurs exemplaires également, ne laissant que très peu d'exemplaires de ces deux cents atteindre les bacs des magasins, et garantissant par-là même qu'il deviendrait quasi immédiatement, un objet rare de collection.

Queen passa l'été 1979 à travailler sur leur nouvel album, principalement aux Studios Musicland à Munich. La manière habituelle de travailler du groupe était de partir en studios avec des idées précises et des morceaux presque terminés à perfectionner et à compléter, mais cette fois-ci, ils avaient très peu de choses: pas d'idées de chansons, pas de morceaux à moitié terminés, simplement de vagues idées. C'est à dire qu'il leur fallait ébaucher chaque chanson. Ils travaillaient également avec un nouveau producteur, Rheinhardt Mack ( plus connu sous le nom de Mack). Ils avaient aussi commencé à travailler sur la bande sonore pour le film Flash Gordon, réaliser deux albums en même temps n'allait pas se prouver être chose facile.

A la mi-août, ils étaient en tête d'affiche d'un immense festival en plein-air en Allemagne, pour lequel les répétitions débutèrent début août aux Shepperton Studios dans la banlieue de Londres, sa taille et son acoustique justifiaient que le groupe préfère y travailler, comme ils pouvaient y faire monter une scène de la même dimension que celle où ils joueraient pour le spectacle, et que les techniciens pouvaient y essayer et tester la plateforme de jeux de lumières et le matériel de scène. Ils s'envolèrent pour Saarbrucken le 17 août pour le concert qui avait lieu le jour suivant au Ludwigparkstadion, devant 30,000 personnes, une foule record pour un festival allemand. Les autres groupes à l'affiche étaient Red Baron, Voyager, Molly Hatchet, Lake, Alvin Lee et Ten Years After, The Commodores et Rory Gallagher.

De bonne heure, ce jour-là, Roger avait essayé de se décolorer les cheveux, il faisait cela depuis quelques années maintenant, depuis que ses boucles blondes naturelles avaient commencé à foncer. Cette fois-ci, il avait forcé sur la dose, et ses cheveux avaient viré au vert. " C'était tout simplement épouvantable, se souvient Roger, c'était d'un vert vif écoeurant. Mais, il était trop tard pour y faire quoi que ce soit, je dus monter sur scène comme çà. C'était très embarrassant, et Freddie qui s'est foutu de moi toute la soirée."

Leur set obtint un succès fantastique, et lorsque le groupe quitta la scène durant la section opératique de 'Bohemian Rhapsody', qui s'était prouvée impossible à recréer sur scène et était jouée par cassettes playback, ils lâchèrent des centaines de fusées de feu d'artifice, procurant une véritable ambiance de fête au public. A la fin du concert, pendant 'We Are The Champions', d'immenses jets d'eau jaillirent comme des fontaines, et comme il faisait très chaud ce soir-là, ce fut très apprécié du nombreux public.

Le 24 août, Elektra, aux USA, mit en vente la version rapide de 'We Will Rock You', extraite de 'Live Killers', comme single aux Etats-Unis. Comme les autres singles, il n'entra pas dans le chart.

Début septembre, Roger décida de prendre des vacances pendant une pause lors de l'enregistrement de leur nouvel album. Il s'était récemment fait plaisir en s'offrant un signe reconnu de richesse, une nouvelle Ferrari, et il décida de conduire lui-même pour se rendre avec Dominique au terrain de jeux des riches, St-Tropez. Roger adorait les voitures rapides, mais alors qu'ils roulaient à toute allure sur l'autoroute en France, la voiture prit feu. Heureusement, Dominique et lui s'en sortirent sains et saufs, mais, la voiture n'était plus qu'une épave. Ce n'était pas la fin de ses ennuis, cependant: Roger avait loué un hors-bord pour amener quelques amis avec lui passer la journée sur une île proche. Ils étaient en vue de leur destination lorsque le bateau fit naufrage. Ils donnèrent des appels radio aux garde-côtes, et après avoir dérivé pendant trois heures loin de la côte, finalement ils furent secourus par les garde-côtes et remorqués vers la France.

Freddie avait toujours été fan de ballet et d'opéra, et en particulier du Royal Ballet. Il se rendit à bien des représentations et fit connaissance de plusieurs danseurs, et Wayne Eagling, un des danseurs-étoiles, et lui, étaient devenus grands amis. Le Royal ballet organisait une représentation spéciale pour récolter des fonds pour The City Of Westminster Society for Mentally Handicapped Children, et on demanda à Freddie s'il accepterait de danser un peu, dans une chorégraphie de Wayne. Il n'avait jamais dansé dans aucun ballet, même s'il s'était servi de quelques-uns des exercices pratiqués par les danseurs pour rester en forme pour son énergique prestation sur scène. Mais, comme c'était quelque chose qu'il avait toujours voulu essayer, il accepta.

Fredie commença à répéter les exercices quelques semaines avant le spectacle pour être plus tonique et avoir les muscles plus souples, et alors quelques jours avant, il répéta avec Wayne et un autre danseur-étoile, Derek Dane, et le corps du ballet. Les deux chansons qu'il avait choisies pour danser étaient 'Bohemian Rhapsody' et une nouvelle chanson 'Crazy Little Thing Called Love', les deux allaient être jouées par l'orchestre avec Freddie chantant en live.

Le spectacle eut lieu le 7 octobre au London Coliseum, avec Roger dans le public pour apporter son soutien moral. La première danse de Freddie fut 'Bohemian Rhapsody', et il dansa avec talent devant une salle comble remplie d'amateurs de ballets enthousiastes qui aimèrent beaucoup son interprétation et il reçut une standing ovation pour ses deux magnifiques prestations.

Freddie non seulement gagna l'affection du public ce soir-là, mais il gagna également le meilleur costumier et habilleur du Royal Ballet, Peter Freestone. 'Feebie' comme l'appelaient ses intimes, rencontra Freddie avant et après la représentation, et lorsque Freddie lui demanda de quitter le ballet et de travailler pour lui, il sauta sur la chance. Il n'est nul besoin de le dire, The Royal Ballet adora la prestation de Freddie sur scène, mais n'apprécia pas trop ses combines en coulisses.

Le 5 octobre, EMI édita le 14e single de Queen, 'Crazy Little Thing Called Love', avec 'We Will Rock You' en face B, encore une fois extrait de 'Live Killers'. Le single fut mis en vente en Europe en format 12'single également, c'était la premeière fois qu'ils utilisaient ce format sur le continent. Le Record Mirror, étonnamment, l'apprécia:

"Bien joué, Queen. Ceci est totalement différent de tous les singles que vous avez déjà sortis. Il est absolu, sans aspérités, il fait claquer des doigts et la voix de Freddie est belle à couper le souffle."

C'est avec Dennis de Valance que Queen réalisa la vidéo de promotion qui comprenait du cuir noir, des lunettes sombres et des danseurs et danseuses légèrement vêtus, plus plusieurs paires de mains qui claquaient des doigts à travers des orifices dans le plancher sur lequel Freddie se pavanait. Comme le fait d'ajouter des claquements de mains était une idée de dernière minute, ils n'avaient pas engagé de figurants, aussi les membres du staff personnel du groupe furent recrutés pour s'allonger sur le dos sous la scène. Pour rendre la situation plus supportable, ils avaient emporté avec eux une bouteille de whisky Jack Daniels qui fit le tour sous les planches. Beaucoup de rigolade suivit, et c'est vraiment un heureux hasard s'ils réussirent à placer les claquements de doigts aux bons moments. Le single connut un gros succès, atteignant immédiatement la seconde place dans les charts britanniques.

Le groupe décida que, puisqu'ils avaient joué dans des endroits de plus en plus grands, ils aimeraient revenir à des concerts plus restreints. Brian dit: "Nous avions joué dans les endroits les plus grands, et bien que nous aimions cela, et que nous pensions que c'était une bonne chose que de plus en plus de monde puisse nous voir, nous ressentions aussi que nous perdions le contact avec le public. Notre spectacle tout entier reposait sur cette relation privilégiée avec le public, nous nous sentions proches d'eux, ils se sentaient proches de nous. Mais avec des salles aussi gigantesques, ils étaient si loin de nous, si distants. Alors, nous avons demandé à Gerry Stickells de trouver quelques petites salles pour nous. Nous ne voulions pas des petits théâtres ordinaires, nous voulions des endroits qui soient différents. Nous avons joué dans les salles de moyenne capacité d'abord, puis dans les endroits les plus fous, nous avons appelé çà 'The Crazy Tour' et nous y avons grandement prit plaisir."

Tout d'abord, Queen joua au RSD Simmons Hall à Dublin. C'était le premier concert de leur carrière en Irlande et ils régalèrent le public de leur propre version de ce vieux classique irlandais 'Danny Boy'. Ils interprétèrent aussi pour la première fois leur nouveau single, une chanson de Brian, obsédante et angoissante, 'Save Me'. Freddie prit aussi une guitare sur scène pour la première fois sur 'Crazy Little Thing Called Love'. Bien qu'excellent pianiste, Freddie n'était pas aussi doué avec six cordes et un splectrum, mais, ils trouvaient que 'Crazy' avait besoin d'un petit quelque chose différent. Pour les rappels, 'We Will Rock You', Freddie remonta sur scène sur les épaules d'un Superman de forte carrure, alias le garde du corps de la tournée, Alan Robertson.

La tournée britannique débutait dans la plus grandes des salles prévues, The Birmingham National Exhibition Centre, le 24 novembre. Queen pouvait prétendre au record du plus grand public en salle avec 14,000 personnes. Ils avaient emmené avec eux une version plus petite, mais toujours aussi impressionnante, de 'The Pizza Oven'.

Leurs costumes de scène avaient changé avec les années, pas d'une manière trop radicale pour Roger, Brian et Freddie, mais, désormais, on voyait souvent John dans un costume 'col blanc et cravate' pour le moins pas très rock. Freddie était bien dans sa période 'cuir', avec des pantalons de cuir rouge ou noir, des casquettes et des genouillères rouges ou bleues. Ce célèbre représentant du cuir noir et des chaînes, leader du groupe Judas Priest, Rob Halford, dit lors d'une interview que si Freddie voulait s'exhiber dans tout son accoutrement de cuir,il devrait se mesurer à lui, prouvant son machisme par une course de compétition autour du circuit Brands Hatch, sur une moto de grosse cylindrée. Freddie fut contrarié, mais, néanmoins, accepta le défi de Rob, mais à condition seulement que Mr Halford fasse un numéro de danse avec le Royal Ballet d'abord. Assez étrangement, Rob déclina la proposition et on ne parla plus du circuit Brands Hatch.

Queen se rendit jouer deux soirs au Manchester Apollo, et deux soirs au Glasgow Apollo, durant le second Roger oublia les paroles de 'I'm In Love With My Car', obligeant Freddie à prendre la suite. Deux soirs au Liverpool Empire suivirent ( durant le second concert Freddie porta une genouillère rouge et l'autre bleue pour faire plaisir aux supporters des équipes de football de Everton et de Liverpool), puis ensuite un concert à Bristol et deux au Brighton Centre. Après quoi, ils devaient faire une apparition au magasin de disques HMV à Londres, dans Oxford Street, rue très commerçante, mais la police municipale était si inquiète des embouteillages et du désordre que cet immense groupe de fans pourrait causer que cette apparition fut tout simplement interdite, pour la plus grande déception de tous.

The Crazy Tour de Londres débuta le 13 décembre au London's Lyceum Ballroom, une salle bien plus utilisée pour les bals et les fêtes que par des grands groupes de rock. Les techniciens durent percer deux trous dans le plafond du hall pour installer les lumières et le PA, trous pour lesquels il faudrait payer, mais comme Paul Mc Cartney devait venir jouer dans cette salle quelques jours après, Queen lui fit régler la moitié de la facture.

Après ce spectacle, le groupe donna une fêtesur le thème 'Silly Hats', avec des invités spéciaux parmi lesquels était Mrs Gertrude Shilling, elle-même célèbre pour porter des chapeaux extraordinaires conçus par son fils. Mrs Shilling remis des disques d'or aux membres du groupe pour célébrer les ventes de 'Crazy Little Thing Called Love'.

Le concert suivant était au Rainbow Theatre au Nord de Londres, puis ensuite au Tiffany's à Purley, c'était un night-club et aussi un autre drôle d'endroit pour un grand groupe de rock. Le 19 décembre, ils jouèrent au Mayfair à Tottenham qui était une salle si petite qu'ils ne purent même pas se servir de leur jeux de lumières, et durent se contenter de la petite installation de jeux de lumières de la salle.

Un concert suivit à The Lewisham Odeon, puis ensuite ils jouèrent à The Alexandra Palace, accompagnés par une équipe de tournage, puisqu'ils avaient l'intention de filmer la vidéo de leur prochain single, 'Save Me', dans cette salle. A ce concert, durant 'We Will Rock You', Freddie lança des bananes au public pour des raisons connues de lui seul.

Gerry Stickells, l'organisateur des tournées de Queen depuis 1976, eût un malaise en coulisses pendant le Crazy Tour, et il fut transporté d'urgence à l'hôpital, souffrant d'épuisement total dû aux tournées sans fin qu'il avait effectuées avec Queen et d'autres divers groupes entre les tournées de Queen, il n'avait jamais pris de vacances durant toutes ces années. Après quelques jours à l'hôpital, ayant suivi le régime alimentaire de l'hôpital, il fut sur pieds et assez rapidement il reprit la route, bien que devant suivre les conseils des médecins, c'est-à-dire de ne pas en faire trop, ce qu'il ignora bien entendu. " Les médecins m'avaient dit de ne pas trop en faire, dit Gerry, mais aucun d'eux n'avait jamais suivi Queen en tournée. Ce conseil était pratiquement impossible à suivre. La tournée pouvait bien se dérouler dans des petites salles, c'était une vraie prise de tête. Quelques-uns des endroits où ils devaient se produire étaient tellement minuscules qu'essayer d'y faire jouer un groupe de l'envergure de Queen relevait du défi. Mais, c'est pour cela qu'ils me payaient, pour faire des miracles. Alors nous l'avons fait."

En juillet, Paul Mc Cartney avait contacté Queen et leur avait demandé s'ils pourraient être intéressés par l'idée de donner un concert à but caritatif, tous les bénéfices de celui-ci seraient reversés pour aider le peuple du Cambodge. Une série de concerts devait avoir lieu à l'Hammersmith Odeon, débutant la veille du jour de l'An. Le groupe accepta de suite d'en faire partie.

Queen était le seul groupe à jouer le soir du 26, gratifiant le public d'un set complet. Durant les jours qui suivirent, divers groupes, tels que The Wings, The Who, Clash, Ian Dury and The Blockheads, The Specials, Rockpile, Elvis Costello et The Pretenders, se succédèrent, jouant vingt minutes chacun. Le moment le plus fort, durant la dernière soirée, fut un 'Supergroup' comprenant un nombre impressionnant de gens célèbres. L'évènement fut filmé pour une diffusion ultérieure à la télévision, et un album, comprenant tous les titres interprétés par tous les artistes qui avaient donné de leur temps, fut mis en vente. La contribution de Queen fut le morceau 'Now I'm Here'. Une somme d'argent considérable fut récoltée pour aider le peuple affamé du Cambodge déchiré par la guerre.

Le 25 janvier 1980, le quinzième single de Queen, 'Save Me', fut mis en vente ('musique de camelote par un groupe de camelote' fut le commentaire éloquent du NME) et il grimpa jusqu'à la 11e place des charts pendant que 'Crazy Little Thing Called Love' était en tête de tous les charts du monde entier. Aux USA, il leur apporta leur premier N°1, il fut N°1 en Australie durant sept semaines et numéro un en Nouvelle-Zélande, Canada, Mexico et en Hollande, une très impressionnnante vente de singles dans tous les pays.

Le début de 1980 fut passé à travaillé à leur nouvel album et sur la BO de 'Flash Gordon'. Le groupe retourna à Munich pour travailler car, musicalement, ils trouvaient que c'était un endroit stimulant, générant l'inspiration, et, il faut bien le dire, la vie nocturne n'y était pas étrangère.

Freddie rentra rapidement en UK au mois de février pour faire une apparition dans le show TV de Kenny Everett. D'habitude, il évitait les apparitions télévisées, il les détestait, mais comme Kenny était un ami, il accepta, et apparut dans sa tenue de scène de cuir, commençant par bondir sur Kenny, qui ne se doutait de rien, et le clouer au sol, où les deux se lancèrent dans une simulation de bagarre improvisée.

Alors qu'il était en Angleterre, Freddie découvrit une magnifique maison à vendre. C'était un époustouflant manoir de l'époque victorienne comprenant huit chambres, situé au beau milieu d'un jardin arboré de plus de 2 ares, en plein coeur de Kensington. Il en tomba immédiatement amoureux, et il la paya cash, plus d'un demi-million de livres sterling. Il s'était toujours promis qu'un jour il aurait une demeure bien à lui, mais en faisant l'acquisition de celle-ci, c'était suffisant. Il n'avait pas envie d'y vivre puisque son appartement des environs de Kensington High Street était plus que confortable. Aussi, le manoir demeura inoccupé.

Durant un break pendant le travail de l'album, Roger s'envola pour Montreux, aux Mountain Studios, pour produire deux chansons pour un artiste du nom de Hilary Vance, connu sous le nom de Hilary Hilary, il co-écrivit 'How Come You're So Dumb' tandis que 'Rich Kids Blues' était écrite par Terry Reid. Roger joua également sur ces morceaux, faisant aussi les arrangements et les backing vocals. De retour en Grande-Bretagne, Dominique, sa compagne, donna naissance à leur fils, Félix Luther, le 22 mai 1980. Il était prématuré de dix semaines, pesant juste 1 kilo. Il fut placé en couveuse quelques temps, jusqu'à ce qu'il soit déclaré assez bien portant pour pouvoir quitter l'hôpital.

C'est à cette époque que Freddie décida de changer d'apparence, il coupa son épaisse chevelure noire de jais pour la grande colère de ses nombreuses admiratrices. En 1980, pour le tournage de la vidéo de 'Play The Game', leur prochain single, il attisa encore plus leur colère en se laissant pousser la moustache, et en abandonnant le vernis aux ongles. Le résultat ne se fit pas attendre, et, des montagnes de rasoirs et de flacons de vernis à ongles inondèrent les bureaux du groupe.

'Play The Game', leur seizième single, fut mis en vente le 30 mai 1980. Les comptes-rendus de presse continuèrent à déverser leur bave odieuse habituelle, mais, comme le groupe avait cessé de les croire depuis quelques temps, cela ne les affecta pas vraiment. Le NME écrivit: ' Une autre bêtise pleine de complaisance et surproduite comme je m'y attendais'. C'était leur premier disque à inclure un synthétiseur, et, la pochette était illustrée d'une photo du groupe avec Freddie arborant sa moustache arrogante- et il grimpa toujours à la place n°14 des charts britanniques. Sur la face B, il y avait un titre intitulé 'A Human Body' chanté par Roger. Ce titre ne serait pas inclus sur leur prochain album.

 

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